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Adrien Pianelli (AS Furiani) : « On a le téléphone en main, en attendant un appel »

18/10/2018 à 15:31

A seulement 23 ans, le latéral droit Adrien Pianelli a déjà connu pas mal d'expériences. Formé au Sporting Bastia, il a connu la galère pendant six mois avant de rebondir à Furiani en janvier. Le jeune Corse est désormais prêt à faire ses preuves sur le long terme. Ca passe par le déplacement à Vannes, ce samedi.

Vous allez à Vannes, en avion…

(sourires) On a l’habitude. On ne fait que des déplacements en région parisienne et en Bretagne. On maitrise. C’est beaucoup plus rapide. On prend l’avion demain matin, puis on a une séance sur place pour préparer le match.

C’est comme les pros…

On est mis dans les bonnes conditions. Des fois, ça suffit, des fois, ça ne suffit pas.

Comment envisagez-vous cette rencontre à Vannes ?

Ca va être un bon match. Au vu de ce qu’on sait, ce qu’on a vu, c’est une bonne équipe, qui joue au ballon. On va jouer sur un beau terrain. Nous, on produit assez de jeu, même si on n’a pas les résultats qu’on espère. Ca va être un bon match de foot.

Que faudra-t-il faire ?

Ce qu’on fait, avoir un bloc très solide, avec des attaques rapides. On maitrise la chose. On a eu peu de réussite, donc, sur certains matches, on a pris un point au lieu de trois. Mais le classement ne montre pas ce qu’on produit. Vannes est une bonne équipe, mais si on reste sur ce qu’on fait, on peut aller chercher des points.

Quelle est cette réussite qu’il vous manque ?

Un peu de chance, des moments d’inattention. Cinq-six secondes, ça fait la différence. Il faut qu’on progresse sur notre lucidité et notre concentration. Les petits détails font la différence.

Vous avez connu la poule Nord l’an dernier. Qu’est-ce qui change avec celle-là ?

Cette poule, ça joue beaucoup plus au ballon. Il y a moins d’impact physique. Pour un jeune comme moi, c’est plus agréable. Pour moi qui suis habitué au centre de formation, c’est beaucoup mieux, il y a de bonnes équipes, de bons clubs, de beaux stades, c’est le vrai football, on dira.

Vous êtes arrivé en janvier. Ca fait dix mois que vous êtes à Furiani.

Je me suis vite acclimaté. Je connaissais pas mal de joueurs. Ils m’ont vite mis dans le bain, d’autant que j’ai repris et, 15 jours après, j’étais sur le terrain. Je n’ai pas eu le temps de cogiter. La fin de saison dernière s’est bien passée. Cette année, j’ai renquillé. Avec le nouveau staff, ça se passe bien. C’est un bon club, c’est très agréable d’être ici. Je suis chez moi, ça facilite la chose.

Que retenez-vous de vos six mois sans club ?

C’est une période assez compliquée. On ne sait pas où on va. On s’entraîne seul. C’est assez usant mentalement. On a le téléphone en main toute la journée, en attendant un appel. Six mois, c’est très long. Est-ce qu’on continue ? Est-ce qu’on arrête ? Ca fait partie des épreuves d’une carrière. Ca m’a permis d’être dans le dur, et de me renforcer.

Comment en êtes-vous arrivé là ?

Je devais resigner au Sporting Club de Bastia. J’avais une prolongation de contrat qui m’attendait, mais le club coule. Je rencontre les dirigeants qui repartent en CFA 2. On n’arrive pas à trouver un accord. Je mets ça en suspense. Mon agent essaie de rebondir. Fin août, les effectifs sont faits. Les clubs ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Il y a eu beaucoup de pistes, mais il n’y avait pas de concrétisation. En trois jours, ça s’est fait avec Furiani. Je n’ai rien dit, il fallait que je joue. J’y suis allé, j’ai signé. Ca s’est bien passé.

Vous avez été prêté un an à Tarbes. Ca a été une bonne expérience ?

Ca m’a fait du bien. J’ai évolué sur le plan sportif comme humain. C’était une expérience très positive. Au niveau sportif, j’ai découvert de nouvelles méthodes de travail. Il y avait un coach qui arrivait de Serbie (Pavle Vostanic, actuel entraîneur de Trélissac, NDLR). Ca m’a permis de découvrir autre chose. Au centre de Bastia et avec les pros, il y a une routine. La méthode est la même. Sortir de ce cadre, c’est très enrichissant, surtout très rapidement et très jeune. Ca permet d’évoluer.

En tant que supporter du Sporting Bastia, espérez-vous y retourner ?

Il faut que les conditions soient réunies pour moi et eux. Le Sporting, c’est mon club. Je n’hésiterai pas une seconde à y aller et à me battre pour ce club. C’est le club avec qui j’ai grandi, avec qui j’ai fait mes classes. A Bastia, le Sporting a une place très grande dans la tête des gens, et la mienne aussi. J’espère qu’ils vont remonter. Et à terme, j’aimerais reporter ce maillot.

Croyez-vous toujours au monde professionnel ?

Oui, j’y crois encore. Il ne faut jamais dire jamais. Il faut espérer, bosser. Les opportunités arriveront ou pas. Il ne faut jamais baisser les bras. Beaucoup de joueurs ont connu le monde pro à 25, 26 ans. Il faut y croire. C’est le destin. Il faut savoir saisir les bonnes opportunités au bon moment.

Crédit : AS Furiani Agliani