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Padovani (Gallia/Martigues) : « J’ai énormément appris du niveau amateur »

24/05/2018 à 11:32

Jean-Daniel Padovani arrêtera sa carrière de joueur à l'issue de la finale de Coupe de Corse qu'il disputera avec le Gallia dimanche. La suite ? Direction le FC Martigues pour pourvoir le poste d'entraîneur des gardiens. Une reconversion voulue dans le monde du ballon rond pour ce gardien de but à la carrière longue de 20 ans. Interview.

Dimanche vous allez disputer votre dernier match d’une longue carrière de 20 ans, c’est une page qui se tourne pour vous…

Oui c’est une longue page qui se tourne, mais elle se tourne grâce à des beaux projets qui m’ont été proposés. J’avais encore la possibilité de jouer mais à mon âge, le plus intéressant ce sont les projets. Quand on arrête et qu’il n’y a plus rien derrière c’est plus compliqué, alors que là j’ai cette aubaine de choisir la suite que je désire. C’est un luxe de pouvoir décider de la fin de ma carrière. Quand j’étais parti à la Réunion en 2013 j’avais tout arrêté pour faire autre chose, et à ce moment-là, j’ai compris que j’avais vraiment besoin du foot. Cette fin de carrière en queue de boudin m’avait vraiment marqué.

Quels souvenirs gardez-vous de toutes ces longues années ?

Il y en a énormément, j’ai la chance de revenir au FC Martigues, là où tout a commencé pour moi avec mes sélections espoirs. Toutes ces années durant, il y a eu du positif et sur toute ma carrière j’ai beaucoup moins de moments négatifs ce qui n’est pas forcément donné à tout le monde. J’aime surtout à me rappeler ce côté partage et passion avec mes coéquipiers et les gardiens avec qui j’ai travaillé. J’ai toujours des contacts dans tous les clubs où je suis passé, des messages de félicitations et c’est cette image qui me restera. Le football m’a permis de rencontrer des amis.

En 2008 vous avez reçu le titre de meilleur gardien de Ligue 2 avec Angers. A titre personnel qu’est-ce que ça représente ?

On dit que les gardiens sont à part dans une équipe, et quand on reçoit un titre individuel sur ça, on ne peut pas dire que ça ne fait pas plaisir. C’est le graal, au niveau des gardiens c’est important d’avoir une motivation personnelle pour toujours réussir à être performant un maximum de temps possible. C’est ce que je me suis toujours fixé comme objectif tout au long de ma carrière.

Quelle image gardez-vous de cette dernière saison au niveau amateur avec le Gallia, équipe avec laquelle vous allez disputer la finale de la Coupe de Corse ce week-end ?

J’ai énormément appris du niveau amateur, les mecs viennent vraiment jouer au foot par passion. J’ai remarqué qu’ils avaient vraiment envie et besoin de personnes qui les aident pour progresser. J’ai pu apporter mon expérience du haut niveau à de vrais passionnés. J’ai rencontré des amis avec qui j’ai partagé de grands moments et que je n’oublierai jamais. Cette expérience m’a réellement fait comprendre le rôle d’un staff, et j’espère arrêter ma carrière sur un titre avec le Gallia. Dans ce cas je partirai satisfait avec la notion du travail bien accompli.

Que pensez-vous du football corse de manière générale ?

Les gens ici sont vraiment à fond dans le football, il y a matière à faire avec ces clubs. Il y a beaucoup mieux à faire, il y a des valeurs, de l’envie et de la passion. Je pense qu’il faut creuser un peu plus et que le problème vient du fait que les clubs corses ont des projets mais à court terme. C’est compliqué, alors que ne serait-ce qu’à moyen terme, il y a l’opportunité de construire et de voir venir.

L’an prochain vous serez entraîneur des gardiens du FC Martigues en N2, qu’est-ce qui vous a motivé ?

Tout d’abord Martigues c’est le club où tout a commencé pour moi, et puis le projet est très simple : remonter dans le monde professionnel d’ici 2022. Il y a des dates et des ambitions à long terme, ça m’a de suite convaincu. Je serai le responsable des gardiens mais aussi de tous ceux du côté de la formation. J’aime beaucoup ce cursus qui vise à monter de la formation, jusqu’à évoluer en équipe première. Je ne dois pas arriver la fleur au fusil, il y a un niveau de projet élevé et il va falloir répondre à ces attentes avec beaucoup de travail. Je suis en train de mettre en place un partenariat pour que tous les gardiens du club, des U6 aux plus grands, disposent de gants offerts chaque année.

Vous allez retrouvez Eric Chelle que vous connaissez déjà ?

Oui j’ai commencé avec lui au FC Martigues, et j’étais souvent en contact avec Eric, ça fait quelques temps qu’on discute. On savait que ça allait se faire, on s’est mis d’accord. Ce que j’ai apprécié c’est ce côté professionnel qu’il peut y avoir au sein de ce club. Chaque personne a son rôle et reste dans ce qu’il doit faire, tous les domaines sont comblés. Il y a seulement le terrain à penser, et ça c’est un vrai plus. Tout est carré à Martigues, j’apprécie ce côté professionnel.

Vous avez déjà rencontré le président Baptiste Giabiconi ?

Oui je l’ai vu et j’ai été très agréablement surpris. Déjà tout d’abord par sa reprise du club et ce qu’il apporte. C’est une personne passionnée, qui sait rester à sa place et qui va apporter de par son expérience au niveau du rapport avec les gens. Il est très à l’écoute et très ouvert, et il nous laisse les mains libres pour travailler. Il est tout le temps là, c’est un président investi pour son club.

Crédit photo : Ouest France