Portrait Football

Señor Zidane, de l’AS Cannes au Real Madrid

13/06/2017 à 10:08

L’entraîneur a toujours la même silhouette que le joueur, un éternel physique d’athlète. Compétiteur affuté, Zinedine Zidane l’est aussi resté dans l’âme.

Lorsqu’il a remporté la finale de la C1 2017, face à la Juventus Turin (4-1), il n’a pas cessé d’embrasser ses joueurs, de manière naturelle, sa marque de fabrique. Ce besoin tactile, Zidane le démontre notamment lorsqu’il demande à Karim Benzema de quitter le match en cours alors que l’ancien Lyonnais ne joue pas moins bien que d’habitude. Benzema reçoit alors une bise, dans le rôle du fils félicité par son père pour comportement exemplaire. A part Zidane, aucun entraîneur de haut niveau ne se laisse aller à autant d’effusion en public. Les joueurs rendent au centuple leur respect à Zidane : le Real Madrid a remporté la Liga 2017 et les C1 2016 et 2017. Depuis Luis Carniglia (1957-1959), pas un seul entraîneur madrilène n’avait accompli ce triple exploit en moins de deux saisons complètes !

Avant d’atteindre sa plénitude, Zidane a franchi les paliers un à un, sans brûler d’étape. De son club d’enfance, Septèmes-les-Vallons, dans le Nord de Marseille, il est passé à l’AS Cannes (1987-1992). C’est lors d’un Cannes-Monaco que je l’ai découvert. André Amitrano, l’ancien gardien de but de Nice et Cannes, aujourd’hui préparateur des gardiens de Monaco, m’a raconté une anecdote émouvante : «Le père de Zidane m’a demandé: « Pensez-vous que mon fils va devenir professionnel ? » Oui, sans problème, Monsieur, tranquillisez-vous, Yazid est très sérieux ». Celui qu’on n’appelait pas encore Zizou – surnom inventé par Rolland Courbis- avait 17 ans. Amitrano m’a précisé : «J’étais certain qu’il deviendrait un bon pro mais jamais je n’ai deviné qu’il ferait une carrière aussi grandiose, accumulant les exploits et les titres ». Transféré à Bordeaux (1992-1996), Zidane affirme son talent et devient international, un statut qui le propulse à la Juve où il a l’impression d’être un chat noir avec deux défaites en finale des C1 1997 et 1998, année où il gagne ses galons de héros avec le sacre de la Coupe du Monde, grâce à ses deux buts contre le Brésil. Avec en plus la conquête de l’Euro 2000, le Roi de France part au Real Madrid, en 2001, pour ne plus quitter l’Espagne avec le succès que l’on sait : une C1 comme joueur et deux C1 comme entraîneur (série en cours). Dans la Maison Blanche, il a commencé en bas de l’échelon du coaching pour terminer au sommet de l’édifice. La signature de Zidane c’est l’humilité, l’école de la perfection. Son prochain défi ? Sélectionneur de l’équipe de France. Il réenclenchera le rêve. Qui va piano, va sano !