Ecole de Foot

Quand Aussonne et Seilh voient grand…

14/03/2018 à 15:31

Le football, c'est avant tout une passion pour des milliers, même des millions d'enfants à travers tout le pays. C'est une notion qu'ont bien compris les clubs d'Aussonne et de Seilh qui ont décidé de faire projet commun. Actufoot vous propose un grand format sur ce projet, avec l'interview du responsable de l'Ecole de foot, Ange Bizzari

Pouvez-vous me dresser un état du jour de l’Ecole du Foot à Aussonne ?
On est en entente sur les catégories de jeunes, du U6 au U19, avec Seilh. On a créé l’académie Aussonne-Seilh. Cette année, on va postuler pour avoir le Label Excellence. Du fait d’avoir nos Séniors en R1, ça nous oblige à avoir ce Label donc on y travaille.
Au niveau de l’Ecole de Foot, on se décompose en 3 catégories. Pour les plus jeunes, on a le foot animation des U6 aux U9 où l’on compte environ 100 enfants (3 équipes chacune pour les U6, U7 et U9). Ces enfants sont encadrés par des éducateurs qui ont tous au moins le module ou une certification. Sur les deux dernières années, on a fait beaucoup de formations de nos éducateurs. Après, des U10 aux U13, on a le foot à 8, où l’on compte 3 équipes U10/U11 et 3 équipes U12/U13. Pour finir, à partir des U14, ils sont sur du foot à 11 avec 2 équipes U14/U15, une équipe U17 et 2 équipes U19.

Qu’est-ce qui a initié cette entente avec Seilh ?
Elle est surtout due à un problème d’infrastructures. On se veut un club formateur donc l’idée, c’est de refuser un minimum de monde. Ce que l’on veut, c’est pouvoir avoir des équipes qui jouent dans de bons niveaux, mais aussi, privilégier la formation sur des équipes qui ont des niveaux plus faibles, mais permettre la pratique du football. L’entente avec Seilh, nous permet d’avoir une infrastructure permettant d’accueillir plus d’enfants. Aujourd’hui, malgré l’apport du club de Seilh, on atteint un maximum.
En terme de capacité d’accueil, il nous faudrait un terrain supplémentaire, ce qui n’est pas en projet au niveau d’Aussonne. On va avoir un nouveau club house au début de l’été. Derrière, on essaie de voir si l’on peut mutualiser avec d’autres clubs. On l’a fait avec Seilh, et on s’entend très bien avec Mondonville aussi, il faut voir. Je pense que pour les clubs amateurs de petite capacité, il va falloir que l’on s’interroge vraiment sur le futur du foot amateur avec toutes les nouvelles règles, les labels, le devoir d’avoir des éducateurs diplômés… Pour les petits clubs, c’est de plus en plus compliqué de satisfaire les structures imposées par la Fédé. Un regroupement de plusieurs clubs sera sûrement la solution.

Pensez-vous que les exigences de la Fédération sont trop importantes ?

Toutes ces exigences, quelque part, elles ont été validées par nos présidents, je parle là du Président de l’Occitanie. Pour un Label Excellence, il faut justifier des équipes féminines dans toutes les catégories jeunes : foot animation, foot à 8 et foot à 11. C’est très compliqué pour les clubs. Pour nous, c’est quelque chose qui nous demande beaucoup d’énergie pour récupérer quelques filles parce que ce n’est pas encore démocratisé. On n’a pas encore beaucoup de monde qui se présente. On a une campagne de promotion sur le foot féminin pour faire venir les filles. On a fait un permis de jouer, en gros c’est une licence gratuite. Ça nous permet de pouvoir faire essayer le foot aux filles, et de satisfaire aux critères du Label. On espère que ça va créer des vocations, que les petites reprennent une licence l’année prochaine, et ainsi développer notre football féminin. L’idée c’est de pérenniser le foot féminin. Si c’était pour justifier d’une équipe de filles juste pour obtenir un Label et arrêter 3 semaines derrières ; je ne vois pas trop l’intérêt.

 

Vous avez des accords avec d’autres clubs ?

On est en partenariat avec le TFC, ils en font avec les clubs de la région. On a signé une convention avec eux au mois de Novembre. Il y a nous, Bagatelle, L’Union, Pau et Blagnac, Muret et un club de Guadeloupe. Ça nous permet de mettre en place des actions concrètes avec le TFC. En terme de formation, on a tous deux présentés nos critères de formations. Derrière, on a pu adapté par rapport à ce que veux le Tef dans les différentes catégories. Ça nous permet d’identifier des joueurs qui ont un potentiel, un état d’esprit et les capacités de pouvoir intégrer un site d’entraînement avec eux. Début mars, on leur a envoyé 4 jeunes dans différentes catégories pour un cycle de 7 semaines. Pendant ce temps, ils vont s’entraîner avec les équipes du TFC pour voir un petit peu comment ça se passe. Si jamais les enfants les intéressent, à la fin de l’année, on peut faire un passage pour qu’ils partent chez les Violets, c’est arrivé l’an dernier pour un de nos jeunes. A l’inverse, le TFC nous envoie des petits. En fonction de la zone géographique, ils n’hésitent pas. Ainsi l’enfant peut bénéficier de plus de temps de jeu et de progression. Cette convention facilité beaucoup notre fonctionnement commun comme par exemple pour les matchs amicaux. Il y a beaucoup de matchs amicaux entre le TFC et nous. Ça permet à leurs éducateurs de voir nos petits et à nous de nous frotter à ce qu’il se fait de mieux. Quelque part, il y a un effet bénéfique autant pour le club toulousain qui peut récupérer des joueurs intéressants pour eux, et pour nous ça nous permet de jouer face à de très bonnes équipes. On leur envoie aussi des éducateurs pour qu’ils puissent se former à leurs techniques : au niveau des entraînements, pédagogiques, voir un peu comment ils animent. Ça permet des échanges entre les éducateurs. Ensuite, on participera au Tournoi des affiliés, c’est un tournoi organisé pour le TFC pour les clubs avec lesquels ils sont en entente. C’est intéressant pour pouvoir tous se rencontrer et échanger. On voudrait également faire une journée de promotion en faisant venir les gens du TFC sur le site d’Aussonne et également convier les clubs aux alentours d’Aussonne (Mondonville, Cornebarrieu…) pour participer à une journée détection où les animateurs du TFC proposeraient des animations. Ça nous permet d’apprendre de leurs méthodes, et le TFC a ainsi une image beaucoup plus saine vis-à-vis des clubs amateurs. Sans se genre d’événement, le TFC a un peu une image d’ogre qui viendrait nous piquer les enfants, alors qu’ils ne sont pas du tout dans cette démarche.

 

Quels sont vos objectifs de formation ?

Mes éducateurs, je leur donne les objectifs de vraiment accentuer sur la formation. A mes yeux, les résultats, c’est secondaire. On a une planification annuelle par catégorie avec des objectifs d’apprentissage. Je veux que nos enfants aient une culture du football, et connaissent les fondamentaux en passant au foot à 11. Il y a 7 ans de formation, tant qu’on est capable de leur apporter quelque chose, on les garde et après quand ils ont des niveaux vraiment supérieurs, on les propose au TFC pour qu’ils puissent accentuer leur formation. On est vraiment dans cette démarche là : l’enfant au cœur du produit.
Notre démarche, c’est d’être un club structuré avec une vraie politique de formation, tout en restant abordable pour les parents. Je ne veux pas être un club élitiste en faisant chaque année des journées détections où chaque année on va virer des gamins. Moi je veux faire progresser les enfants. Je ne suis pas à la recherche d’un niveau, mais plutôt d’une formation spécifique et le niveau que l’on aura, ce sera la conséquence de la formation. Je veux me situer entre le petit club de village sympa et attractif mais qui manque de formation, et le club élite qui fait de la formation à tout va, mais qui sera trop élitiste et oubliera le côté bonne ambiance et festif. A Aussonne, on veut préserver le côté festif, tout en ayant une formation de qualité. C’est quand même un sport social, et refuser des enfants, je trouve ça compliqué. Ça nous arrive seulement d’un point de vu quantitatif. Je ne veux pas accueillir plus d’enfants que le nombre qu’on ne peut encadrer. En prendre davantage, ça fait rentrer des licences, c’est bien, mais il y a des enfants qui sont mis sur le côté et la qualité de la formation est moindre parce que les animateurs ont beaucoup plus d’enfants à gérer. Finalement, ce n’est pas une bonne chose. Je préfère dire à un enfant d’aller voir un club voisin et qu’il s’éclate plutôt qu’il vienne chez nous et ne puisse pas jouer. Pas plus d’enfants qu’on ne peut l’encadrer.

Et de votre côté, vous voyez des enfants que vous prendriez en équipe 1 à Aussonne ?
On a un souci, on a une équipe 1 en R1 et une équipe 2 en excellence. Aujourd’hui, c’est compliqué pour l’équipe 2 d’alimenter la Une. Il y a trop d’écarts entre les deux. On est en train de travailler là-dessus puisqu’aujourd’hui, nos U17 sont en Ligue, nos U19 également et ils jouent les premiers rôles en visant la montée. L’objectif c’est vraiment de les faire basculer sur les Séniors 2 pour faire monter cette équipe et avoir un vivier. Actuellement, on a 4 joueurs issus du centre qui jouent avec l’équipe 1. Fred Larrieu, leur coach, favorise l’intégration des U19 dans ses séances d’entraînements. Régulièrement, il y a des séances où ils s’entraînent avec les séniors. C’est également assez courant que 1, 2 voir 3 U19 jouent avec les Séniors et ça leur permet d’avoir du temps de jeu et d’avoir le goût de la R1. Petit à petit, on bascule sur un mode un peu plus compétition sur les catégories U19 et Séniors pour avoir un vivier. A terme, le but du club est de se suffire à lui-même à un bon niveau avec la formation.