Toulouse FC Portrait

Clément Michelin, entre humilité et détermination

02/03/2018 à 18:33

Dans la nouvelle génération du Toulouse Football Club, aux côtés notamment d'Alban Lafont et Issa Diop, il y a un jeune latéral droit, né à Montauban en 1997, Clément Michelin. Entre humilité et détermination, ce joueur s'impose dans l'effectif du TFC et dans la rotation de Michaël Debève, après des blessures qui avaient coupé un bon début de saison dernière.

« Je veux vraiment rester moi-même. Je viens de la campagne et je suis comme ça et même venant de mes parents, si je commence à être quelqu’un d’autre, je sais que je ne pourrais pas les regarder dans les yeux. Je sais que je garderai cette image de moi quoi qu’il arrive. » Par ces mots, Clément Michelin résume son caractère. Le jeune latéral toulousain reste humble et sait d’où il vient. Ainsi, dès qu’il le peut il revient sur la terre de ses débuts en tant que joueur, à Montech, dans le club des Coquelicots Montechois avec qui il a gardé des contacts avec quelques amis et son parrain qui évolue en vétéran. Cette humilité et cette maturité qui se retrouve sur le terrain viennent de l’éducation de ses parents mais aussi du travail au sein du centre de formation toulousain. « On nous apprend à rester sur nos pieds, ils sont souvent très durs avec nous. Même parfois, on ne comprenait pas trop pourquoi. Mais, tout nous arrive d’un coup quand on est footballeur et je peux comprendre ceux qui se croient au-dessus des autres, cependant au centre ils font tout pour éviter ça et nous forment pour qu’on soit humble, donc on ressort comme ça » raconte le natif de Montauban.  Cependant, derrière ses allures de gendre idéal il reste un joueur déterminé à réussir. « Je ne lâche jamais rien, même s’il y a eu des moments durs, avec le temps je commence à être patient, à comprendre les choses mais je reste déterminé. Je continuerai à travailler pour atteindre mon maximum. Tant que j’ai des objectifs dans la tête, je travaillerai » témoigne ce jeune d’1m78.

Un cadre idyllique

« Mon père m’a souvent raconté qu’il aurait aimé être à ma place, avoir un père qui le suit donc c’est vrai qu’il m’a beaucoup aidé. Même ma mère, elle ne faisait pas tous les trajets parce qu’on habitait à 45 minutes, mais s’il avait fallu elle l’aurait fait. Mon père venait 3 à 4 fois par semaine sur Toulouse, il me suivait partout. Ils m’ont permis de réaliser mon rêve, ils étaient derrière moi et ils le sont toujours » raconte Clément Michelin. Le numéro 13 du TFC a ainsi pu compter sur une famille soudée derrière lui, notamment dans les moments difficiles. « Cela n’a jamais été facile, j’avais un physique un peu en dessous des autres donc parfois je galérais et ils ont toujours été derrière moi, derrière les entraîneurs. Même mentalement, c’est vrai que j’avais peut-être des manques et ils m’ont aidé. J’étais un enfant donc c’était normal, mais en centre de formation, il faut vite grandir et ils m’ont aidé là-dessus comme ils l’ont toujours fait et comme ils le font aujourd’hui » confie-t-il.

Ce cadre familial a donc toujours été essentiel pour lui durant la formation. Dans ce sens-là, l’arrivée à Toulouse a été une vraie chance avec la proximité avec Montauban. « Je ne voyais mes parents que le week-end, explique-t-il, donc c’était dur et je me demandais alors comment cela devait être pour ceux qui venaient de Paris… Mais, dans un sens cela aide aussi à devenir grand très vite. Après, j’ai vite pris mon appartement avec ma sœur qui est venue s’installer sur Toulouse, ce qui a été un vrai plus. J’ai ce côté affectif et ce besoin d’avoir mes proches à côté ». Ce cocon est vraiment important pour le latéral Toulousain et est l’une de ses forces. Il a ses habitudes et est carré dans la vie et à Toulouse. Il est dans un club qu’il connaît et qui le connaît avec ses proches près de lui, ce qui lui donne un certain objectif. « Toulouse est mon club de cœur, mon objectif est de rester le plus longtemps possible et de faire toute ma carrière ici se c’est possible. Je suis formé ici, c’est ce club qui m’a donné ma chance et j’aimerai rendre la pareille dans une belle ville, avec ma famille à côté ».

Une petite étoile

« J’avais une petite étoile, confie Clément Michelin, c’était une période époustouflante ». En effet, de l’été 2016 à octobre 2016, tout semblait réussir au latéral. Tout commence en Allemagne, en juillet. Clément fait partie de l’épopée des bleus au championnat d’Europe des moins de 19 ans aux côtés des Lucas Tousart, Issa Diop et Kylian Mbappé et décroche le titre (4-0 contre l’Italie en finale) sous les yeux de ses parents avec une passe décisive sur le deuxième but des Bleuets. « C’est un des plus beaux moments de ma vie, gagner une compétition avec la sélection nationale c’est exceptionnel, surtout que mes parents étaient là pour la finale. Et quand on voit les joueurs de cette équipe qui ont percé, tu te dis que t’aimerais faire comme eux » raconte-t-il. Puis tout est allé très vite, le temps de savourer cette victoire qu’il fallait se concentrer sur autre chose, les études. Ainsi, au moment de commencer la saison 2016-2017, le défenseur doit passer son bac et le coach Pascal Dupraz voulait attendre qu’il en ait fini avec le bac pour le lancer. Et puis, un jour de septembre, le 20 pour être exact, Clément Michelin fait ses premiers pas en Ligue 1 à Lille (ndlr: victoire 2-1). « Le jour même j’ai mon bac et le soir, le coach décide de me lancer. C’était quelque chose de fort, j’aimerai revivre des moments comme ça » confie-t-il. Quatre jours plus tard, la folle aventure continue avec une première titularisation contre… Le PSG au Stadium, qui plus est pour une victoire 2-0. Malheureusement, la période de rêve s’arrête à cause de deux grosses blessures aux genoux qui lui font manquer presque tout le reste de la saison. « C’était une période particulière coupée par des blessures, mais c’est l’apprentissage. Dans les moments durs, je repense à ces moments et je me dis que j’ai réussi des trucs » témoigne le joueur de 20 ans.

Un latéral à l’espagnol

« Je pourrais passer ma journée à regarder des joueurs comme Jordi Alba » explique-t-il. Du haut de ses 1m78 et 63kg, Clément Michelin fait presque figure de poids plume en Ligue 1. Mais, il a les défauts de ses qualités. Son gabarit fait de lui un joueur très rapide, mais l’a aussi forcé à travailler son placement et sa tactique. « Je ne peux pas trop compenser par mon physique donc je dois être précis au niveau du placement, de la tactique et au niveau technique, même si je ne me défile pas au moment des contacts » analyse ce fan de Marcelo et de Dani Alves. Et pour travailler sa technique, il a pu compter sur ses entraîneurs mais aussi son père. Ainsi, cet ancien numéro 10 l’a beaucoup aidé à ce niveau-là comme il l’expliquait à la Dépêche du Midi en juillet 2017. « Clément manquait de gabarit, ce fut sa réussite. Ensemble, nous avons travaillé la technique, la justesse de la passe, la prise d’information rapide…Ce qui lui a permis d’intégrer ces notions fondamentales du jeu ». Tout ce travail et ces caractéristiques font qu’aujourd’hui Clément Michelin a clairement un profil à l’espagnol.  » Je sais que je suis plutôt un contre attaquant, mais j’aime aussi défendre. Je suis moins athlétique et plus porté vers l’avant donc j’ai ce profil à l’espagnol, mais je sais dans quel domaine je fois progresser » présente-t-il.

Des caps à franchir

Avec ses deux blessures de la saison dernière, la progression de Clément Michelin a été coupée dans son élan. Mais, ce bourreau de travail sait ce qu’il lui reste à faire. « Je sais pourquoi je ne joue pas tous les matchs, raconte le jeune joueur, je dois progresser physiquement et je travaille beaucoup à ce niveau-là, car en Ligue 1 c’est important et cela me permettra d’être un défenseur plus complet ». Après la saison dernière qui a été tronquée, l’important pour cette fin de saison est le temps de jeu et d’ensuite voir plus loin. « Mon objectif est d’avoir du temps de jeu, quitte à jouer en CFA, pour l’année prochaine atteindre un statut de titulaire » explique-t-il. Pour réaliser cet objectif, celui qui a commencé à l’AS Savennes Verdun sait que cela ne se joue pas que dans les jambes. « Sur le terrain, on doit parfois dégager une image de quelqu’un d’ultra confiant, qui ne se sent pas au-dessus des autres, mais qui a une grande confiance en lui, explique-t-il, et parfois je suis peut-être un peu trop dans ce côté humilité et c’est peut-être ce cap qui va me permettre de vraiment m’affirmer ».

Crédit photo: Toulouse FC