Dossier Club

Pibrac, le « petit » en passe de devenir grand ?

10/05/2018 à 15:28

Pensionnaire de PH (R3) il y a encore peu de temps, l'US Pibrac surprend cette saison et est en passe de franchir un palier supplémentaire en direction de la R1. Mais quelle est la formule magique de ce club ?

Au moment de la trêve hivernale, l’US Pibrac remportant le titre de champion d’automne. Leader agréable à voir, ce n’était pourtant pas du tout l’objectif de coach Badaracco pour ses troupes. Il le clamait d’ailleurs haut et fort, et restait calé sur son objectif de maintien. Cependant au fil des rencontres et des succès qui se suivent, le club n’a pas lâché de lest, ou presque pas. Aujourd’hui deuxième derrière la réserve du TPF et ce à 2 journées du terme du championnat, l’équipe est en passe de valider une montée à laquelle elle ne prétendait pas forcément début septembre. Notre équipe a rencontré les cadres de cette formation Rouge et Noir pour connaître la clé de leur succès.

 

« Une bande de potes »

C’est presque la phrase préférée du coach adjoint, Jérome Baldy. Aucune grosse tête qui tient dans ce club c’est « une bande de potes » et pour eux c’est en grande partie la clé de leur succès. Au moment d’arriver avant l’entraînement, on le voit clairement. Ça se charie, ça rigole ou parle d’où ils comptent manger après l’entraînement. On dirait presque des camarades arrivant le matin au lycée. Ce sont pourtant tous des joueurs, ou staff, d’un club de foot en passe de montée au niveau régional le plus haut ! Cette camaraderie, on la retrouve lorsque l’on se penche sur l’entraînement des gardiens. En équipe une, ce sont l’expérimenté Florian Ait Ali, et Gaëtan Croix qui s’y collent. Deux pour une place de gardien, dans l’Histoire du foot, ça a régulièrement fait du vilain, l’un voulant être « kalif à la place du kalif ». Ici, on est loin de cette notion de rivalité. Pour le doyen Ait Ali, actuellement numéro 1, c’est la der des der. Quand on lui demande si c’est sûr, il en rigole « sinon ma femme va me tuer à force ». Malgré la passation de pouvoir avec son numéro 2 G. Croix, les deux hommes restent soudés et continuent de travailler chaque seconde ensemble avec un sérieux exemplaire. Le sérieux est d’ailleurs de rigueur pour tous au moment de commencer l’entraînement. Balles aux pieds, ils sont tous appliqués. Attention le capitaine du bateau veille au grain. On n’entend d’ailleurs plus que sa voix sur le terrain. Arrivé au club en 2013-2014, Jean-René Badaracco a su transcender ses hommes. Comme l’explique le portier ce sont « sur des terrains compliqués, on a 3 coachs qui arrivent à faire des miracles en tirant le meilleur des joueurs. Le mot d’ordre, c’est vraiment le collectif. » Des miracles, c’est sûr qu’ils en ont réalisé en quelques années. Obtenant la montée depuis la PH (R3) en juin 2016, l’US Pibrac réussissait son objectif premier. Restait à « pérenniser le club à ce niveau », même si certains ne donnaient pas cher de leur peau. A la peine dans un premier temps, ils valident cependant leur maintien et finissent à une honorable 5ème place. Comme un symbole d’une année suivante exceptionnelle ? Mais attention, comme le précise Flo Ait Ali, « c’est une saison exceptionnel, mais elle sera exceptionnelle si on arrive au bout ». Car maintenant, le club ne se le cache plus, ils la visent cette place en R1. Ce serait l’histoire folle, d’un club avec des moyens parmi les plus petits de R2, où « personne n’est payé, ni n’a de primes » mais qui est à deux points de conclure une aventure formidable.

 

« Les joueurs aiment ce club »

Ce n’est pas une vieille histoire d’Amour comme viennent nous le présenter certains feuilletons tv. Mais lorsqu’il parle des relations des joueurs avec son club, le président Giuseppe Laversa ne le cache pas. Pour lui, « ils aiment ce club ». Il faut dire qu’à l’US Pibrac, c’est une relation particulière qu’entretiennent les joueurs. Avec un budget qui ne se développe pas forcément aussi bien que le talent des joueurs sur le terrain, Pibrac est une exception à ce niveau-là. « C’est dur à comprendre pour certains mais il n’y a pas d’argent chez nous. Actuellement notre budget ne le permet pas. Les gars viennent jouer pour le plaisir. » Le président est même parfois stupéfait par l’engagement de ses poulains en dehors du terrain, notamment lors de leur tournoi de Pâques, où cette année « 12-13 joueurs se sont investis dans l’organisation. D’un point de vue sportif, ce dernier est plus qu’heureux des résultats de son équipe fanion. Un ticket validé pour la R1 « serait mérité pour les gars » et permettrait de voir d’autres perspectives. Avec la recherche de nouveaux partenaires et l’appui de la municipalité, les dirigeants réfléchissent déjà au travail à fournir s’ils doivent pérenniser le club en R1. Mais il souligne un détail d’importance. Pibrac sera toujours Pibrac « avec les bons copains ». Au moment de clore notre entretien, le président Laversa en profite pour des doubles remerciements. Tous d’abord pour les éducateurs qui « derrière font un travail phénoménal », mais surtout pour sa « femme qui supporte mes absences ». Club familial jusqu’au bout.