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Adrian Sahibeddine « J’ai raté pas mal de trains »

27/06/2017 à 5:21

Adrian Sahibeddine est une des révélations de ces dernières saisons. Pourtant, son parcours n'a pas été simple et semé d'embuches. Espérons que sa signature à Dijon lui emmène le même bilan que le girondin Pierre Lees-Melou.

Adrian, quel a été votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Je suis né à Bordeaux. J’ai débuté le football à Gradignan. Ensuite; je suis partie jouer en benjamins au RC Bordeaux où je suis resté quatre ans. Après, j’ai arrêté le football en club pendant les quatre années du collège. J’ai pu reprendre à seize ans, à Mérignac Arlac. Je rentrais alors au lycée. Je suis resté deux ans et j’ai joué en U17 et U18 DH. Et je suis ensuite parti au Chili. C’est un choix de ma part car après une année en U18, je devais signer à Vannes en U19 national et intégrer le sport études. Après un essai, l’entraîneur souhaitait me faire signer. Mais il a été remercié. Ma maman, qui est chilienne, m’a parlé d’un de ses cousins qui est dans le milieu du football. Je suis donc parti faire un essai dans un club de D1. J’ai donc signé à Universidad de Chile puis à Deportivo Colo-Colo. J’ai joué en U19 puis une année avec la réserve, avec des entraînements avec l’équipe première qui évoluait en D2. Si je n’ai pas été gêné par le langage car je parle espagnol, il a été difficile de partir aussi loin de chez moi, à 17 ans dans un pays qui n’a pas la même culture. C’était un changement total et l’adaptation a été difficile. En plus, j’ai beaucoup été blessé.

A cause du moral. Quand le tête ne vas pas, le corps ne suit pas ?

© Marie-Laure Julian / actufoot.com

Oui, c’est ce qu’un médecin m’a dit. Je n’avais pas trop le moral. Alors malgré la proposition d’un contrat professionnel, j’ai décidé de revenir en France avec comme objectif de percer. J’ai arrêté durant quatre mois. Puis j’ai repris les entraînements avec la réserve des Girondins de Bordeaux. J’ai fait un essai à Troyes, avec Jean-Marc Furlan. C’était en cours de saison. Mais je n’étais pas prêt athlétiquement et il lui fallait quelqu’un de prêt de ce côté là. J’ai ensuite fait un essai avec Clermont, avec qui j’avais été mis en contact grâce à Fabien Farnolle mais un problème de contrat avec le Chili m’en a empêché. Et enfin, Nîmes a montré de l’intérêt mais c’était au moment où le club a eu des soucis extra sportifs et la cellule recrutement a été modifié. Alors, il fallait repartir de plus bas. J’ai cherché un club de CFA2 dans la région. J’ai fait la préparation avec Lège Cap Ferret. Mais Alexandre Torres m’a indiqué qu’il ne pouvait pas me promettre d’être titulaire. J’ai donc contacté des clubs de DH, mais beaucoup été déjà au complet. Parmi eux, Antoine Vergès. Mais deux trois heures après avoir refusé, il est finalement revenu vers moi, après s’être renseigné auprès de Patrick Battiston. J’ai donc signé à Arlac en août 2015, juste une semaine avant le premier match de la saison, avec un déplacement à Pau. J’ai fait mon premier match contre Sarlat. Et je me suis blessé durant cinq mois : une rupture partielle du ligament du genou droit ainsi que la cheville, sur un tacle lors du match à Langon.
Je suis revenu lors du match de coupe de Bordeaux contre le Stade Bordelais. Il restait sept matchs. Quelques clubs de CFA2 m’ont alors contacté mais Antoine m’a demandé de rester. On venait de louper la montée pour un seul point. Tout le groupe restait. Le deal : je reste encore un an et il m’aiderait à jouer plus haut car il savait que j’avais les qualités. A moi de faire une belle saison, d’être compétitif. J’ai donc signé à Arlac. Et j’ai pu jouer une saison sans être blessé.

Pas de regret donc, d’autant que la montée en National 3 a été actée, avec un titre de champion ?

Non ! Pourtant beaucoup de personnes de mon entourage m’avait dit d’aller en CFA2 pour me faire voir. J’ai fait confiance à Antoine, c’est un super coach ! J’ai pu passer une saison dans un super groupe, avec de bons joueurs. Je savais qu’on pouvait être champion. J’ai pris du plaisir.

Et avec cette saison aboutie, voilà Dijon. Comment cela s’est passé ?

Antoine m’a dit que Dijon était intéressé pour que je fasse un essai. Je ne l’ai pas cru réellement car beaucoup de clubs sont intéressés sans proposer d’essai. Mais le club a reçu un courrier : une invitation écrite. Alors à partir de ce moment là, j’ai pu y croire. Nicolas Sahnoun m’a aussi un peu aidé. Je suis partie une semaine à l’essai avant le match derby contre le SA Mérignac. Je suis rentré le vendredi afin de pouvoir jouer le dimanche.

Et cet essai, comment cela s’est déroulé ?

© Marie-Laure Julian / Actufoot.com

L’avantage, c’est que je suis habitué aux essais. Je savais comment cela allait se passer. Nous étions trois joueurs à l’essai. Le premier jour, il n’y avait pas d’entraînement. Le second jour j’ai fait une opposition avec la réserve (CFA2). Je me sentais bien physiquement. Le coach était emballé. Mais il restait à confirmer. Ils souhaitaient que je fasse un nouvel essai avec les professionnels. Mais comme Dijon jouait le maintien, cela n’a pas pu se faire. En cas de maintien, ils m’ont indiqué que je débuterai avec la réserve avec comme objectif d’intégrer le groupe professionnel le plus vite possible. En cas de relégation, ils auraient compté sur les joueurs comme moi comme ils avaient fait avec Pierre Lees-Melou. Au final, je n’ai pas fait un nouvel essai. Ils m’ont proposé un contrat d’un an que j’ai accepté de suite. Je reprends avec la réserve le 17 juillet.

Est-ce que savoir que Pierre Lees-Melou a percé là bas a été important dans votre décision ?

Oui, c’était important. C’est super ce qu’il a fait et qu’un club puisse ouvrir ses portes à des joueurs comme nous qui jouions en DH ou CFA2. ce n’est pas un obstacle pour jouer plus haut. Un club m’a donné cette chance ! Lors de l’essai j’ai pu le rencontrer. Je le connaissais pour avoir joué contre lui en jeunes.

Avec quels objectifs attaquez-vous cette saison ?

Travailler pour atteindre le plus rapidement possible le groupe de la première. Un an c’est court avec il faut que je fasse vite mes preuves. En janvier maximum, il faut que j’y sois au moins pour m’entrainer régulièrement. J’ai raté pas mal de trains alors il faut que je prenne le bon et c’est maintenant !

Faire vos preuves en un an, ça met la pression non ?

Un an c’est bien. Il faudra de suite que je sois à fond. Je ne pourrai pas m’endormir sur mes lauriers. C’est une bonne pression.

Adrian Sahibeddine digest
Né le 19 août 1994
Poste : milieu de terrain
Parcours : Gradignan, RC Bordeaux, Mérignac Arlac, Colo-Colo (Chili), Mérignac Arlac.