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Amis pour la vie

16/01/2018 à 15:27

Après s’être connus en moins de treize ans au Stade Poitevin, Yoann Perrault et Simon Hébras ont vu leurs chemins se séparer sur les terrains dès cette époque. Pourtant, les deux footballeurs vont rester proches en dehors des pelouses. Comme deux amis qui ne sont pas prêts de se séparer et qui, ironie du sort, s’apprêtent désormais à reporter les mêmes couleurs à presque trente ans, au FC Montesquieu cette fois-ci.

L’un est né le 14 mars 1988, l’autre cinq jours plus tard. L’un mesure un mètre 83, l’autre 75. Le sang qui coule dans leurs veines n’est pas le même, mais pourtant, ils s’aiment comme deux frères. Dans le football, les fratries sont légions. Des Hazard aux Pogba, en passant par les Xhaka, ils sont nombreux à porter le même nom dans le milieu du foot.

Mais l’histoire qu’est racontée ici n’a rien à voir. Ou presque. Yoann Perrault et Simon Hébras se sont connus au Stade Poitevin à l’âge de treize ans. Le sport au ballon rond aidant, ils se sont tout de suite rapprochés. Pour ne plus jamais se quitter. Se séparer en dehors des terrains ? Peut-être, mais l’un n’était jamais loin de l’autre.

« C’est Simon qui ma conseillé »

Quand l’un s’engageait envers un club, l’autre suivait son ami de près, comme un frère. « Au Stade Poitevin, il y a directement eu une complicité entre nous. Il (Simon) est vraiment avenant, gentil, on a les mêmes centres d’intérêt, on est du même coin. Je suis parti à Ligugé après le Stade Poitevin, un gros club aux environs de Poitiers » , lance Yoann, rictus de joie aux lèvres, comme un jeune heureux d’être guidé par son grand frère, pourtant lui « l’ainé » de cinq jours. « Quand je suis parti du Stade Poitevin, je cherchais un gros club, pour continuer de me perfectionner, c’est Simon qui m’a conseillé de rejoindre Ligugé et c’est donc comme ça que j’ai rencontré son cercle d’ami là-bas » , poursuit-il. « Ça a continué de nous rapprocher. On était tous ensemble dès qu’il avait l’occasion de venir nous voir, pour un match ou une soirée. On a également suivi sa carrière, on venait le voir jouer à Niort, pour ensuite passer la soirée entre amis du côté de Niort » , conclut l’ami d’enfance de Simon, le frère de Simon.

Simon, à gauche, et Yoann, à droite, ne cachent pas leur joie de se retrouver avec le même maillot sur le dos

Treize, chiffre porte-bonheur

Simon Hébras, de son côté, a tutoyé les sommets du football amateur, il a même côtoyé le monde professionnel. Joueur des Chamois Niortais durant treize ans (un chiffre décidément porte-bonheur  pour les deux inséparables), de 2002 à 2015, il a ensuite évolué sous les couleurs de Luzenac, alors aux portes de la Ligue 2, puis à Boulogne-sur-Mer, avant de s’envoler pour le Stade Bordelais l’été dernier, pour parfaire sa reconversion. « J’ai commencé une formation dans l’immobilier, j’ai trouvé un travail ensuite et c’est là que j’ai du faire un choix entre le football et l’avenir. J’ai choisi ce dernier et j’ai rejoint le FC Montesquieu » , explique l’ex-Niortais. La boucle est bouclée pour les deux « frérots » . Ils vont enfin revenir à leurs premiers amours. Le foot à l’ancienne, sous les mêmes couleurs, les terrains boueux, les jeux de maillot à laver chaque week-end, l’ardeur d’une pelouse mal tondue ou l’odeur d’un synthétique mal entretenu, Yoann va réapprendre le football amateur à son pote Simon. Tandis que celui-ci viendra apporter son expérience du monde pro à la bande à Yoann.

Mutuellement fiers de leurs chemins parcourus durant ces quinze années, ils souffleront leur trente printemps au crépuscule d’un hiver qui leur aura permis de se retrouver sur le terrain. Celui qui aura été un lieu de rencontre et un fil conducteur tout au long de leur jeunesse dorée en amitié.