InterviewGirondins de Bordeaux

Darren Lima Semedo (Bordeaux) : « Je me prépare tous les jours pour le haut niveau »

09/07/2020 à 12:03

A tout juste 18 ans, Darren Lima Semedo est en train de gravir les échelons au sein du club au scapulaire. Le jeune gardien des Girondins de Bordeaux, passé par le Cannet-Rocheville (06) nous a fait part de son ressenti sur sa progression et ses observations du monde professionnel. Entretien. (Photo : Formations Girondins).

Vous avez commencé par évoluer avec les U17 Nationaux au centre de formation Bordeaux, avant de grimper avec les U19, puis sur la N3. On voit à travers votre progression que le club compte sur vous à l’avenir.

Oui en effet, le club me fait confiance et ça me fait extrêmement plaisir. Je me prépare à ça en me disant que mentalement, c’est pour mon bien, que c’est fait pour m’endurcir, me rendre meilleur, et surtout c’est parce que le club veut me préparer au plus haut niveau. Physiquement, je me prépare bien, je suis à l’écoute des coaches, je fais tout ce qui est demandé.

Comment vous-sentez vous au sein de l’effectif N3 ?

Honnêtement, je me sens plutôt bien. Il y a énormément de jeunes donc je ne me sens pas dépaysé. C’est important d’avoir un cadre comme celui-ci. Je m’entends bien avec tout le monde et comme on est une équipe de jeunes, on se comprend mieux.

Vous êtes considéré comme le 4e gardien de l’équipe pro du club. Quelles sont vos ambitions futures ?

Mon objectif principal est bien sûr de me peaufiner avec l’équipe, qui a tant à m’apporter. Il faut que j’affûte mon jeu en prenant exemple sur Benoît Costil qui est très sympathique avec moi. Il me donne énormément de conseils et c’est quelqu’un que je respecte beaucoup. Après, le niveau amateur diffère totalement du niveau professionnel En pro c’est plus rapide, plus vif, plus physique… Cette transition, ça m’a poussé à me surpasser et je commence à m’adapter au fur et à mesure. Ca fonctionne car aujourd’hui je commence à être plus à l’aise, à avoir plus confiance à moi.

Votre début de carrière en tant que jeune international avec l’équipe de France, avec des apparitions encore légères, a-t-il un impact positif sur votre progression en club ?

Pouvoir jouer avec son pays, ça met du baume au cœur, forcément. L’avantage c’est que c’est du haut niveau, c’est donc similaire au niveau professionnel, même si ça reste avec les jeunes. Ca me fait du bien et bien sûr que ça a un impact sur ma carrière en club, ça me pousse à donner le meilleur de moi-même car je sais qu’il y a des enjeux plus grands que simplement ceux de mon équipe. L’équipe de France m’a énormément aidé sur le plan émotionnel. Avant ça, j’avais beaucoup de mal à gérer mes émotions, avec la pression, il y a deux types de joueurs : Ceux qui arrivent à gérer parfaitement, et ceux que ça peut faire déjouer lorsque l’on ne gère pas assez. Mais maintenant je gère mieux la pression. Je pense que les gens ne se rendent pas compte du poids que l’on a sur les épaules, en tant que jeune joueur. On sait qu’on est observé, et on a pas le droit à l’erreur. Il y a aussi un match qui m’a énormément fait grandir. C’est celui contre la Russie, nous avions gagné 5-2 mais je me souviens que j’étais au plus mal à cause de la pression. J’avais les jambes qui tremblaient, mon cœur qui s’emballait, c’était une expérience terrible pour moi. Et ça m’a fait complétement déjoué, et depuis, je n’ai plus été appelé en EDF. Mais c’est grâce à cette rencontre que j’ai eu le déclic, et c’est à ce moment là que je me suis dis que je ne pouvais pas me laisser manger par la pression. Depuis, ça va beaucoup mieux.

Lima Semedo EDF
Darren Lima Semedo a évoqué la rencontre marquante contre la Russie, avec l’équipe de France, comme étant un match qui l’a fait grandir. Crédits Photos : FFF

« Je suis un compétiteur, je sais où je veux aller »

Cela fait quoi de participer à la préparation estivale avec des joueurs emblématiques à leur poste comme Laurent Koscielny ou encore Benoît Costil pour les gardiens ?

Jouer avec joueurs comme ça, qui ont de l’expérience à l’international et en club, ça me pousse à me surpasser, clairement. Je suis un compétiteur, je sais où je veux aller. C’est pour ça que je considère qu’il faut se donner à 100% tout le temps, et sans répit.

Comment se déroule les premiers entraînements ?

Très bien. Je me lève très tôt le matin pour la première séance d’entraînement. Le programme, c’est de d’aller dire bonjour à l’équipe, manger le petit-déjeuner et ensuite on part sur l’entraînement (sourire). Le seul bémol est que j’ai eu des soucis d’épaule donc je fais beaucoup de renforcement musculaire. Je m’entraine avec les haltères, je fais des abdos, du poids de corps, des étirements… Et ça m’arrive aussi de m’entrainer à part avec le ballon.

Avez-vous des appréhensions concernant des éventuels débuts en Ligue 1 un jour ?

Pas vraiment, ça fait longtemps que je me prépare à ça, je travaille très dur pour être prêt à tout moment. Je sais que ça peut me permettre de signer mon premier contrat pro et le faire dans mon club formateur ce serait quelque chose d’exceptionnel. C’est symbolique de le parapher dans son club de formation, surtout en France. Après pour ce qui est de la Ligue 1 en elle même, j’ai hâte de pouvoir affronter les grands noms du championnat, je n’ai pas peur.

Vous avez des gardiens qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup, étant donné que je suis issu du sud, je regardais beaucoup les gardiens comme Steve Mandanda (OM), et Hugo Lloris (Tottenham). J’adore Iker Cassilas et Petr Cech.

Pourquoi avoir choisi ce poste ?

J’aime jouer gardien car c’est un poste clé, une position décisive. Faire des arrêts, jouer avec l’attaquant, lire dans son jeu, tout ça est plaisant. Aussi lorsqu’on fait un bel arrêt, être félicité par ses coéquipiers, voir dans leur regard le soulagement… C’est unique et ça me donne encore plus de motivation à être meilleur.

Comment s’est déroulée pour vous la transition entre sportif amateur et sportif quasi-pro ?

Je vous cache pas que ça a été rude. Il y a un fossé entre les deux mondes. A la base, je jouais au foot pour le plaisir, avec mes potes, pour s’amuser. Mais quand on rentre dans le cadre pro, avec des règles, de la discipline, un encadrement, devoir se lever et se coucher à telle heure, ça devient autre chose. Moi ça m’a un peu choqué car je savais pas tout ce qu’il y avait derrière tout ça. Maintenant je sais et j’en suis plus que satisfait.

 

 

Propos recueillies par Rami Aissaoui