Interview

Marly Rampont (Bordeaux) : « Le projet Girondin était le plus intéressant pour moi »

06/04/2019 à 18:33

Ancien du centre de formation de l'OL, Marly Rampont avait été éjecté de l'Académie Lyonnaise il y a un peu moins d'un an pour un problème lié à sa scolarité. Aujourd'hui épanoui chez les Girondins de Bordeaux où il s'apprête à disputer une demi-finale de Gambardella... contre l'ASSE, le jeune défenseur central a appris à relativiser après un épisode difficile. Il nous a accordé un entretien exclusif lors duquel il se confie sur sa fin de parcours à l'OL, son intégration bordelaise et ses ambitions futures. (Crédit photo : Formation Girondins)

Il y a un petit peu moins d’un an, vous étiez la victime d’un emballage médiatique important suite à certains tweets publiés contre l’institution OL et Jean-Michel Aulas, quelques jours après votre éviction du centre de formation pour un problème lié à votre scolarité. Comment avez-vous vécu cette période difficile ?

Au début, ça a été un peu compliqué pour moi d’accepter que ça allait se terminer puisque j’étais dans l’un des meilleurs centres de formation d’Europe voire du monde, où tout le monde rêve d’être. Quand tu te dis que c’est terminé à cause d’une bêtise comme ça, c’est difficile. Je devais signer avec l’OL si tout se passait bien et ça ne s’est pas fait à cause de tout ça. Après, j’ai su relativiser les choses, et ça m’a permis de comprendre et grandir plus rapidement. Aujourd’hui, je suis très heureux à Bordeaux, on fait une bonne saison en U19, un bon parcours en Gambardella. En National 2, c’est un peu plus compliqué. Mais effectivement, au tout début c’était dur à accepter, je n’étais pas encore majeur, et ça fait mal de se dire « pour l’instant t’es un peu à la rue parce que t’es sans club ». Mon entourage et mon conseiller ont su me soutenir et me faire relever la tête.

Avez-vous des regrets par rapport à cet épisode ?

Il faut savoir que je n’ai pas été viré par rapport à ce qu’il s’est passé sur les réseaux sociaux, mais par rapport à quelque chose qu’il s’est passé à l’école. Sur le coup, j’ai eu du mal à le digérer. Avec le recul, je me suis dit écoute, « ils ont pris une décision, le directeur du centre a fait son choix, tu ne peux rien faire ».

Vous voilà depuis maintenant neuf mois aux Girondins de Bordeaux. Comment s’est passée votre intégration ?

Les deux premiers mois ont été assez compliqués à cause de l’éloignement avec ma famille, car je n’avais jamais quitté Lyon. Il y a aussi eu le fait d’être tout seul, de ne pas connaître grand monde. Je connaissais seulement Aurélien Tchouaméni, qui évolue avec le groupe pro.

Bordeaux n’était pas le seul club qui vous suivez. Pourquoi avoir choisi les Girondins ?

Oui, j’avais plusieurs pistes, dont certaines à l’étranger, mais mon conseiller ne m’en a pas trop parlé pour ne pas que je me fasse des films. Bordeaux était le projet le plus intéressant pour moi, pour continuer à progresser en France et ne pas partir trop tôt à l’étranger. Je me sens bien ici, le club compte sur moi, ça se passe très bien pour moi pour l’instant.

Quelles relations avez-vous noué avec les coaches U19 Jean-Luc Dogon, et Mathieu Chalmé en N2 ?

Avec le coach U19, on s’entend très bien, il y a une confiance mutuelle. Je suis très à l’écoute des conseils qu’il me donne car en plus, c’était un ancien défenseur central. Il eu une très bonne carrière. C’est toujours bon d’emmagasiner le plus de conseils possibles pour progresser. Après, j’ai plus l’occasion de côtoyer Mathieu Chalmé car je m’entraîne davantage avec la N2 même si je joue plus souvent le week-end avec les U19.

La différence se fait-elle ressentir entre le foot de jeunes et le foot dit d’adultes ?

Oui, en N2, c’est plus des matches d’adultes. C’est vrai que parfois, en U19, il n’y a pas toujours un projet de jeu à respecter. En N2, tous les week-ends, les équipes jouent la gagne. Et cela donne des matches d’adultes, ça te rentre dedans. C’est ça qui m’a le plus interpellé.

Qu’en est-il de la porte d’accès vers les pros ? La passerelle vous semble-t-elle accessible ?

Avec les pros, ça a été assez compliqué puisqu’on a changé de coach trois fois dans la saison. Il y a eu Gustavo Poyet au début, puis son adjoint Eric Bedouet, et enfin Paulo Sousa, qui arrive lui aussi avec ses idées. Il faut s’habituer à sa façon de travailler. Vu qu’il n’y a pas eu cette continuité, c’est difficile cette saison pour les jeunes. Personnellement, je ne suis pas inquiet. Il me reste encore une année de contrat, je réalise une bonne saison et j’espère en faire autre du même acabit la saison prochaine.

Que pouvez-vous nous dire du nouveau coach ?

Il n’a pas encore parlé avec nous. D’après ce que j’ai entendu, c’est vraiment un coach atypique avec son projet de jeu. Dans les séances, on m’a dit qu’il était très actif, il arrête le jeu pour expliquer ce qu’il ne va pas avant de reprendre. C’est intéressant surtout pour les jeunes qui veulent apprendre et atteindre la Ligue 1 le plus vite possible.

Dimanche, vous allez disputer une demi-finale de Coupe Gambardella contre Saint-Etienne… Comment l’abordez-vous ?

C’est un match un peu particulier pour moi en sachant que j’ai joué deux ans à Lyon. J’ai connu les derbys assez relevés en l’OL et Saint-Etienne avec la rivalité qu’on connait. Pour mon premier tour de Gambardella l’année dernière, ils nous avaient éliminés. Donc j’ai un peu une revanche à prendre sachant ça. Puis quand tu viens de Lyon, il y a toujours cette envie de gagner dans un derby. C’était obligatoire l’année dernière, la victoire et c’est tout ! On va jouer une demi-finale, il y a un gros enjeu, et on sait que la finale va se disputer au Stade de France. Il ne faudra pas que l’enjeu prenne pas sur le jeu. Je pense que cela va être une belle opposition entre deux belles équipes.

Vous connaissez un petit peu vos adversaires ?

Avec certains joueurs de l’équipe, on a regardé leur quart de finale contre Lille pour voir comment ils jouent. On n’était pas tous ensemble. Le coach va aussi nous amener ses observations. En tant que défenseur, c’est important d’observer si l’attaquant va plus sur son pied droit que son pied gauche par exemple.

Pour revenir au Stade de France, cela doit être difficile de ne pas s’y imaginer…

Je suis déjà allé au Stade de France étant petit, mais sur la pelouse, je pense que ça doit être encore mieux ! On en parle, ça nous donne envie mais c’est entre nos mains si on veut prétendre pouvoir y aller. En tout cas, on est contents, parce que contre Saint-Etienne, ça va être un gros match et on va pouvoir montrer ce qu’on sait faire. Depuis le début, certains disent qu’on est tombés que contre des petits clubs pour arriver en demi-finale. Ça va être un bon moment pour prouver le contraire.

Cette saison aboutie, c’est aussi une revanche contre l’OL ?

Je ne le prends pas comme une revanche par rapport à l’OL puisque j’ai énormément appris là-bas en deux ans. Personnellement, je n’en veux pas au club car ils ont pris une décision, et dans la vie, il faut en prendre même si certaines font mal et ont des conséquences. Je parle encore avec des dirigeants du club, mais pour moi, Lyon fait partie du passé et je me concentre sur l’avenir.

Quels éducateurs vous auront marqué à Lyon ?

Je pense que celui qui m’aura le plus marqué, c’est Armand Garrido. Je sais que beaucoup le connaissent de par son travail. C’est un coach spécial et c’est dans mon année U17 avec lui que j’ai le plus appris. Il m’a fait gagné en maturité plus rapidement, m’a fait comprendre qu »il fallait être sérieux tout le temps. Et puis ce que j’ai apprécié avec lui, c’est qu’il ne faisait vraiment pas de cadeau. Les meilleurs devaient toujours jouer.

A terme, quels sont vos objectifs avec les Girondins ? La trajectoire du défenseur central Jules Koundé doit vous donner des idées…

Pour moi, l’objectif est de signer pro le plus tôt possible et de m’imposer aux Girondins de Bordeaux. Oui, Jules Koundé est un modèle à suivre. Aujourd’hui, il a bientôt 21 ans, joue avec les pros et fait des très bons matches. Il est régulier, j’aime bien son style de jeu. Il prouve qu’avec le travail, il n’y a pas de raison de ne pas y arriver.

Crédit photo : Formation Girondins