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Alexandre MARTIN-CANTERO (Lège Cap Ferret) : « Me battre pour revenir encore plus fort »

10/02/2017 à 4:00

Alexandre Martin-Cantero a été victime d'une rupture des ligaments croisés alors qu'il jouait la finale de la coupe d'Aquitaine. L'attaquant revient sur cette blessure et le parcours jusqu'à aujourd'hui. Et désormais, "el toro" a hâte de retrouver la compétition. (par Marie-Laure Julian)

Ce dimanche 22 mai 2016, Alexandre Martin-Cantero s’en souvient encore comme si c’était hier. Ce jour là, il jouait la finale de la coupe d’Aquitaine avec Lège-cap-Ferret. Et ce match ne s’est pas déroulé comme il l’aurait aimé. Alors que les deux équipes étaient à égalité et que le coup de sifflet final ne va plus tarder, l’attaquant tombe au sol. « J’ai senti une décharge électrique dans le genou. Ce n’est jamais bon signe. Je savais alors que c’était sérieux. Alors que j’étais à terre durant quelques secondes j’ai pensé à toutes les conséquences qu’un blessure lourde au genou pouvaient avoir : l’opération, la longue indisponibilité, les vacances qui arrivaient, la plage… », se rappelle-t-il. Il est évacué sur civière sous les yeux de son équipe, avec quelques mots de réconfort de son capitaine, Antoine Blanc. Le kiné du club lui fait le test du tiroir, bien connu dans le milieu tant la rupture des ligaments croisés et redoutée parmi les footballeurs. Le diagnostic est posé : c’est bien la blessure tant redoutée. « Mais à ce moment là, je garde toujours l’espoir qu’il se soit trompé. J’avais envie qu’il se soit trompé », reconnaît-il.

« Je ne remercierai jamais assez tout le monde »

L’abattement pour le joueur, évacué en civière le jour d’une finale.

Et le rêve de soulever la coupe à nouveau vire au cauchemar. Ce match, c’était pour lui « la récompense de toute une saison. Nous avons bien bossé. Jouer cette finale contre un gros club comme Bergerac. Je n’ai pas eu la possibilité de fêter la victoire avec les autre. La victoire n’a pas eu le même goût… J’ai appris que nous avions égalisé alors que j’étais dans les vestiaires, les soignants du stade ne voulant pas que je retourne sur le terrain dans les tribunes. J’ai entendu les gens crier. Et dans le talkie walkie, que c’était Lège qui avait marqué ». Alors que ses coéquipiers savourent et soulèvent la coupe, il est évacué à l’hôpital Robert Picqué, où il restera jusqu’à 2 heures du matin, heure à laquelle les plus grands fêtards du club poursuivaient la fête.
Le mercredi suivant, il peut passer une IRM. Le diagnostic est confirmé mais la rupture est annoncée comme partielle. Mais, le genou est encore gonflé, il y a du sang. Et l’examen n’a pas délivré la totale vérité. Lors de l’opération le 22 juin, le chirurgien découvre que la rupture est totale. Pour Alexandre Martin-Cantero, c’est la première grosse blessure. Et toutes les questions qui en découlent : « comment je vais pouvoir revenir ? Que faire pendant six mois ? Mais j’ai la chance d’avoir été bien entouré. Puis je suis fort mentalement alors je voulais me battre pour revenir encore plus fort ». Et il est vrai qu’il a été bien entouré : par sa famille, ses coéquipiers, son staff, qui ont été très présents par téléphone ou réseaux sociaux durant les deux premiers mois… Et il ne peut qu’avouer : « Je ne remercierai jamais assez tout le monde ».

« Il a fallu réapprendre à marcher »

Après son opération, l’attaquant est parti trois semaines en post opératoire à Capbreton au Centre Européen de rééducation du sportif (CERS). Une torture pour cet amoureux e la plage et du farniente en plein été. A son retour, il retrouve ses coéquipiers de Lège Cap Ferret qui sont en pleine préparation. Un moment important pour lui « je suis allé me présenter auprès des nouveaux et montré que j’étais toujours là. Il fallait que je leur donne des nouvelles car la dernière fois qu’on s’est vu sur un terrain, j’agonisais sur un brancard. Il était important aussi que je les remercie pour leur soutien ».

Alexandre Martin-Cantero (en bleu) ici en duel avec Romain Dupuy, qu’il retrouve désormais comme coéquipier.

Ainsi, pour la première fois de sa carrière, il va vivre une préparation un peu particulière. Et suivra de « loin et de prêt » à la fois les résultats de ses coéquipiers. « C’est très frustrant d’autant que le début de saison n’a pas été bon. J’ai vécu ça de l’extérieur sans pouvoir agir ou être présent dans la vie des vestiaires, ce que j’aime bien. C’est un peu plus compliqué et dur de loin, mais on ne peut rien y faire. Et cela n’aurait pas été avec ma petite personne que tout aurait changé », explique-t-il. Et pendant ce temps, il se bat pour revenir avec eux. Des moments pas simples, peu de doute mais finalement quelques craintes « j’ai déjà eu de la chance car la rééducation s’est bien passée. Le genou a bien réagit. Mais il a fallu réapprendre à marcher sur un tapis. A ce moment là on se demande si vraiment dans six mois on pourra retrouver le terrain. On a l’impression que c’est impossible. Mais au fur et à mesure, on progresse, on gagne en amplitude, on est sur la bonne voie. Les questions et le doute se dissipent si on suit bien le protocole ».

« Je savoure d’y être à nouveau »

Début novembre, il peut reprendre la course, et un peu la vie de vestiaire qu’il aime tant. Il courrait autour du terrain. Puis, un nouveau départ à Capbreton en novembre. Et début janvier, le bout du tunnel. Le retour à des séances plus traditionnelles, en douceur, d’autant que cela a lieu sur synthétique. Et les première réponses à ces nombreuses questions qui se sont succédées : « je pensais que je perdrais que la technique. Mais au final, pas tant que ça. Je m’attendais à pire. Puis, plus de douleur, plus d’appréhension et l’optique de retrouver la compétition ». Mais cela pas avant fin février, avec un peu de retard car ses adducteurs ont souffert. Il relativise toutefois « quand pendant six mois on n’a plus cette vie de groupe, on savoure d’y être à nouveau. Mêmes les soirs de 15/15, et pourtant je n’aime pas ça ». Vivement la fin de l’hiver alors qu’il puisse à nouveau retrouver la compétition et d’obtenir le maintien. Et pourquoi pas soulever à nouveau la coupe de région, comme une belle revanche, histoire de boucler la boucle. « J’aimerai bien, reconnaît-il. Mais la priorité est de se maintenir ».
Il sait désormais la galère que ces grosses blessures. Et n’hésites pas à passer un message à ceux qui connaisse ce moment difficile ou le connaitront dans le futur « nous ne sommes jamais préparé à ce genre de blessure. Nous n’avons jamais assez de recul et on ne parle pas trop de ça. J’ai envie de dire à tous les joueurs à qui cela arrive de faire une bonne rééducation, de ne rien lâcher et surtout de suivre le protocole. Mais surtout, il faut être bien entouré. A force, le corps humain va reprendre le dessus ».
Et il est certain que « el toro » va aussi reprendre très vite le dessus sur les toreros de CFA2.

Marie-Laure Julian