Dossier

Vers une fin de saison anticipée ? Actufoot enquête

30/03/2020 à 14:06

Alors que les instances du football français ne devraient pas tarder à s’exprimer, Actufoot a enquêté pour en savoir plus sur l’issue qui devrait être donnée très prochainement à la saison 2019-2020.

Alors que les fédérations belge et anglaise ont annoncé la semaine dernière que les championnats amateurs et semi-professionnels ne reprendraient pas cette saison, tour à tour les fédérations françaises des sports collectifs majeurs (handball, volley, rugby et basket) en ont fait de même via des communiqués relayés sur Actufoot.com.

Les instances à pied d’oeuvre

Forcément, le monde du football est aujourd’hui suspendu à une future communication de la FFF sur ce sujet majeur. Chaque décision qui sera prise aura quoi qu’il arrive un impact très important sur le football français, qu’il soit décidé ou non de ne pas reprendre les compétitions. C’est la raison pour laquelle les différentes instances, fédération, ligues et districts sont à pied d’œuvre depuis plusieurs jours déjà pour trouver la meilleure issue possible à cette situation exceptionnelle.

Des clubs organisés

De leur côté les clubs s’organisent en collectifs, en fonction de leurs intérêts communs, afin de monter au créneau en fonction de l’annonce qui sera faite et des conséquences sportives, donc économiques, qu’elle engendrera. Leurs services ou conseils juridiques, comme ceux de la fédération, passent au crible toutes les hypothèses possibles quant à la suite à donner à cette saison 2019-2020.

Garantir l’équité sportive

Pour les clubs, on comprend aisément que ceux dont les équipes sont concernées par une accession ou une relégation sont très attentifs à la situation, tous pour ainsi dire, dont certains qui pourraient être fortement impactés si les championnats n’allaient pas à leur terme. Pour les instances il y a à la fois un très fort et prioritaire enjeu sanitaire, dont la plupart des clubs sont par ailleurs solidaires, mais également celui de l’équité sportive. La garantir dans le contexte actuel est un véritable sacerdoce.

 

Trois niveaux distincts

Pour bien comprendre la situation, il faut déjà segmenter notre football en trois niveaux : la Ligue 1 Conforama et la Domino’s Ligue 2 gérées par la LFP, les compétitions fédérales gérées par la FFF et les compétitions locales organisées par les ligues et les districts. Toutes sont liées par les accessions et relégations, fonctionnant comme un système de vases communicants. Dans les statuts c’est différent, l’organisation décentralisée du football donnent aux ligues et districts une véritable indépendance.

Parler d’une seule voix

Dans les faits, la gravité de la situation ne devrait pas occasionner beaucoup de décisions alternatives. Les présidents des ligues et districts entendent conserver leur libre arbitre, mais tous sont conscients que dans cette crise sanitaire majeure il sera important que les instances parlent d’une seule voix. On voit mal comment celle-ci pourrait se différencier dans le fond avec celle des autres fédérations évoqués au début du dossier. Tous sont également conscients que les recours juridiques des clubs pourraient être très nombreux dans un contexte que les règlements des différentes compétitions, pourtant très complets, n’avaient pas prévu.

2020 année électorale

En concertation, les dirigeants du football français tentent d’imaginer tous les scénarios, en pesant le pour et le contre pour chacun d’entre-eux. Derrière la priorité sanitaire, trois objectifs majeurs : préserver des clubs déjà très fortement impactés par la mise en confinement du pays, préserver l’organisation des compétitions futures et éviter d’entrer dans une bataille juridique d’envergure contre les clubs mécontents. Alors que 2020 est une année électorale pour toutes les instances dirigeantes du football français, on comprend que toute prise de décision sera aussi fait à l’aune de cette échéance.

Vers une fin de saison anticipée

La première hypothèse envisagée depuis le début de la crise est de pouvoir reprendre et terminer les championnats après le confinement. En fin de semaine dernière, alors que les annonces des autres fédérations tombaient les unes après les autres, c’est l’hypothèse que beaucoup de dirigeants tentaient encore de soutenir, avec le meilleur des optimismes. La prolongation du confinement et l’entrée de la France dans un pic de l’épidémie de Covid-19 semblent avoir changé la donne. On peut raisonnablement affirmer aujourd’hui que les championnats ne reprendront probablement pas. Cela serait déjà acquis pour tout ce qui concerne les compétitions de ligues et districts. Et malgré tous ses efforts pour préserver la tenue des championnats, la Direction des Compétitions Nationales de la FFF semble aujourd’hui résignée à ne pas reprendre. Concernant la L1 et la L2, la parole est à la LFP, avec tous les enjeux économiques spécifiques au football professionnel que l’on peut imaginer.

Pas de saison blanche, pas de descentes !

On en vient alors aux hypothèses les plus problématiques, puisqu’il s’agit de garantir l’équité et d’éviter les conflits sans pouvoir s’appuyer sur une saison complète. Deux informations majeures à prendre en compte avant d’égrainer les autres scénarios : il n’y aura pas de saison blanche et la saison 2019-2020 ne serait assortie d’aucune relégation. Une saison blanche provoquerait un grand nombre de recours pour les clubs dont les équipes sont aujourd’hui en position d’accéder à l’échelon supérieur. Des relégations classiques en l’état ajouteraient des difficultés supplémentaires à beaucoup de clubs, dans une situation déjà précaire, ce qui serait difficilement accepté et provoquerait aussi une grande vague de recours.

Quel(s) critère(s) pour les montées ?

Au niveau fédéral, le choix aurait donc été fait de bouleverser l’organisation des compétitions 2020-2021, afin d’assurer la transition la plus douce possible aux clubs, avec un retour à la normale prévu pour la saison 2021-2022. Reste à savoir comment attribuer le plus justement les accessits. Une question que nous avions posée dès la suspension des compétitions les 14 mars dernier. Dans un sondage dont la question était : « Si les compétitions devaient être annulées, quelle serait selon vous la meilleure décision à prendre ? », nous avions proposé 3 solutions. La première était la saison blanche, dont on sait aujourd’hui qu’elle n’est pas envisagée. La deuxième était de retenir les classements au moment de l’arrêt du championnat et la troisième de retenir les classements à la fin de la phase aller.

Combinaison de deux critères ?

Un tiers des 2000 votants à ce sondage optait alors pour la saison blanche (33,4%), tandis que seulement 17,4% se prononçait en faveur des classements « phase aller ». La solution qui prédominait alors était celle des classements « actuels » (53,2%). Si aucune d’entre elles n’est parfaite, ces solutions n’ont pas beaucoup alternatives. Forcément, pour les instances choisir l’une ou l’autre serait presque choisir contre quels clubs elle devrait lutter ensuite sur le plan juridique. Une autre voie, que nous n’avions pas imaginée à la mi-mars, serait de combiner ces deux hypothèses, soit de faire monter toutes les équipes en position d’accéder à la fin de la phase aller et au moment de l’arrêt des championnats.

Plus de montées que prévu

Celle-ci aurait le mérite de faire le moins de mécontents, même si elle chamboulerait forcément les calendriers de la future saison, avec des championnats qui comporteraient plus d’équipes qu’aujourd’hui. Mais quitte à bouleverser le calendrier maintenant, autant bouleverser le prochain en prenant le temps et la réflexion de bien organiser ce qui serait une saison de transition. Ce serait l’approche privilégiée et pour bien la comprendre projetons-nous sur la prochaine saison avec cette hypothèse appliquée en N3, N2 et N1. Au minimum, 36 équipes accéderaient de la R1 en N3 (11 groupes de R1 avec 3 montées, R1 Méditerranée avec 2 montées, R1 Corse avec 1 montée. Si on retient la même logique, il pourrait y avoir d’autres montées). Entre 15 et 16 équipes de N3 accéderaient en N2 (cas particulier en N3 Pays de la Loire). 7 clubs de N2 monteraient en N1 et deux clubs de N1 accéderaient à la L2.

23 clubs en National 1 ?

On pourrait ainsi, sous réserve des décisions de la LFP, se projeter vers une L2 stabilisée à 20 clubs et une L1 exceptionnellement portée à 22 clubs, avec deux accessions de L2 en L1 (la barragistes éventuels étant sacrifiés dans ce scénario)… Pour revenir aux niveaux fédéraux, le National 1 pourraient ainsi compter 23 clubs la saison prochaine, le National 2 oscillerait entre 72 et 73 clubs (soit 4 groupes de 18 équipes, avec éventuellement un groupe de 19 équipes), tandis qu’on retrouverait entre 188 et 189 clubs en National 3 (soit entre 15 et 16 équipes par Groupe)

La voie de l’article 13

Si ce scénario serait privilégié à l’heure actuelle, car étant le plus sécurisant pour les clubs, une autre voie a également été proposée aux instances. La proposition comporte une combinaison plus fine des critères classements « phase aller »/ « classements actuels », avec une accession confirmée pour les équipes ayant été en position d’accéder dans chacune des hypothèses, et l’adaptation pour les accessions de l’article 13 du Règlement du Championnat National 2 2019-2020 : « Le titre de champion de National 2 est attribué à celui parmi les clubs ayant obtenu le meilleur classement établi selon les critères suivant : le nombre de points obtenus dans les rencontres aller/retour qui ont opposé le 1er avec les 5 équipes les mieux classées ». Toutes les équipes n’ayant pas le même nombre de matchs joués, la solution propose aussi un système de coefficient pour affiner encore un peu plus le calcul.

La santé et la solidarité en premiers

S’appuyant sur un critère objectif, le fameux article 13, cette option n’est pas loin d’être la plus juste dans un contexte où les instances ne souhaiteraient pas modifier la composition des futurs championnats. Un tel conservatisme ne semblant plus d’actualité, cette solution ne semble pas aujourd’hui privilégiée. Alors qu’on se dirige vers une fin de saison anticipée, que la priorité reste sanitaire comme rappelé à plusieurs reprises dans ce dossier, l’heure est à la solidarité et toute décision qui pourra ramener un peu de sérénité sera forcément appréciée de tous. Il sera temps ensuite d’analyser les nouvelles données de la prochaine saison pour mieux s’adapter à la transition qui attend notre sport.

L’introspection du football français

La LFP suivra peut-être une autre voie, portée par le président Jean-Pierre Rivère ou encore l’entraîneur du FC Nantes, Chrsitian Gourcuff, terminer la saison 2019-2020 durant le deuxième semestre 2020 et débuter la prochaine en février 2021. Le docteur Michel Gaillaud et le préparateur physique Sébastien Lopez-Guia se sont prononcés en faveur de cette solution sur Actufoot.com ces derniers jours. Est-ce le moment de renverser la table des calendriers ? Pour les niveaux inférieurs d’autres questions vont se poser. L’augmentation du nombre d’équipes dans les prochains championnats pourrait remettre en cause le système des barrages, mais également la participation de certains à la coupe de France dans une saison qui sera déjà très chargée. Pour le National 1, cette saison de transition ne pourrait-elle pas être celle du passage au statut professionnel que beaucoup de clubs de ce niveau réclament ? Autant de sujets, non exhaustifs, qu’il faudra aborder dans un temps prochain avec une réflexion profonde du système qui pourrait aussi être bénéfique au football français.

Projection N1, N2,N3 avec leaders « phase aller » et leader « actuel »

N1 (habituellement 2 montées directes)

USL Dunkerque/Pau FC

N2 (habituellement une montée par groupe)

Groupe A : Sedan / Bastia

Groupe B : Rouen / Saint Brieuc

Groupe C : Sète

Groupe D : Grasse / Annecy

N3 (habituellement une montée par groupe)

Auvergne Rhône Alpes : Hauts Lyonnais

Bourgogne Franche Comté : Auxerre B

Bretagne : Pontivy / Plabennec

Centre Val de Loire : Tours C

Corse – Méditerranée : Istres / Athletico Marseille

Grand Est : Sarre Union / Metz B

Haut de France : Feignies Aulnoye / Beauvais

Normandie : Caen B

Nouvelle Aquitaine : Mont de Marsan

Occitanie : Canet RFC

Paris Ile de France : Versailles

Pays de Loire : La Roche VF / La Roche VF (Chateaubriand à 1 point avec 1 match en retard)

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