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Cazarre : « Loulou était unique, à part »

17/07/2017 à 15:53

Il est né le même jour que la Paillade, le 5 novembre 1974. Cette même Paillade endeuillée depuis la disparition de Louis Nicollin. Il y a quelques jours, Julien Cazarre s'est confié à Actufoot34 pour rendre hommage à « Loulou », qu'il avait rencontré il y a quelques semaines pour l'émission J+1. Entretien...

Julien, comment as-tu vécu la disparition de Louis Nicollin ?
Son décès m’a surpris. Même s’il avait une santé fragile et qu’il pouvait nous claquer entre les doigts à tout moment, on ne savait pas qu’il était malade. Et puis il choisit de partir le jour de son anniversaire, c’est quand même fou. Jusqu’au bout du symbole. Au-delà du mec qui était très sympa, tu as l’impression que c’est une époque du football qui est morte avec lui. C’était le dernier dinosaure de ce style. Il était à part. C’est comme si dans le cinéma, tu perdais un Ventura ou un Gabin. Il y en a d’autres des mecs comme Loulou, un peu colorés. Mais ils font une saison en Ligue 1 avant de redescendre et qu’on n’en parle même plus. Les clubs qui ont vocation à jouer en Ligue 1, à être Champion de France et même à jouer la Ligue des Champions ne sont pas présidés par des mecs comme Loulou, ou pas longtemps. Il était unique, à part.

Tous les hommages qui ont suivi sa disparition ont été à la hauteur de ce qu’il était…
Quand il est mort, tout le monde a reconnu que même s’il était particulier, il était exceptionnel. Quand quelqu’un meurt, tu oublies les polémiques et tu pèses le pour et le contre. Avec Loulou, tu te rends compte que les polémiques ne valaient pas grand chose par rapport à tout ce qu’il était et représentait. Il avait un franc-parler, mais c’était loin d’être celui du beauf moyen. Loulou était très tolérant mais il aimait provoquer. Il savait que ça faisait chier les cons, les bobos et les pisse-froids. C’était quelqu’un de très intelligent, il était loin de cette image du beauf qu’il pouvait parfois avoir.

Tu as également visité son musée pour J+1. Que retiens-tu de ce moment ?
Quand je suis arrivé, sa collaboratrice m’a dit qu’il était fatigué et que ça durerait vingt minutes. Finalement, il a dû se dire que j’étais rigolo et ça a duré une heure et quart ! C’est même moi qui ai dû partir alors qu’il voulait qu’on mange ensemble. Il me disait qu’on allait bien se marrer. Malheureusement, j’étais en tournage avec Canal+ et je n’ai pas pu rester. Son musée, c’est la plus grosse collection privée de sport du monde. Et le plus incroyable, c’est qu’il aimait vraiment tous les sports. Du peignoir d’Holyfield quand il a battu Tyson, aux gants de Marcel Cerdan, en passant par des maillots historiques comme celui de Cruyff avec les deux bandes d’Adidas, il avait tout. 

Pendant cette rencontre, Loulou t’a même proposé de faire une blague à Jean-Michel Aulas !
Oui, c’est vrai. En fin de saison dernière, il y avait Montpellier – Olympique Lyonnais à la Mosson. Il savait, et même si tout est relatif, qu’Aulas ne m’aimait pas trop parce que je le chambrais beaucoup. Il voulait que je vienne au stade et m’a dit : « vu que c’est mon pote, j’ai le droit de lui faire une blague. Je vais lui dire que j’ai mon petit cousin en tribune. On verra la gueule qu’il fait en te voyant ! ». Finalement, on n’a pas pu le faire mais ça montre bien ce qu’il était.

Une autre chose te liait à Loulou, c’est ta date de naissance (ndlr : 5 novembre 1974). Tu es né le même jour que la Paillade…
C’est vrai, d’ailleurs, il était surpris quand je lui ai montré mon passeport. C’est tout con mais vu que je l’ai rencontré récemment, sa disparition m’a encore plus touché. Même si tu ne les connais pas bien, il y a des gens qui te marquent. Et puis je fais partie de la génération qui a été imprégnée par les parcours européens dans les années 90. Je me souviens encore de tout, de la victoire en Coupe de France, du match contre United, des Cantona, Perez, Barrabé, Valderama, Lopez. Ce qu’a fait Loulou avec Montpellier est énorme.

Bérenger Tournier

Crédit Photo : JDD