Enquête

Covid et hiver : nouvelles problématiques de calendrier pour les Ligues de football

20/11/2020 à 18:28

Chaque saison, des Ligues prévoient plusieurs semaines sans compétition en raison des conditions météorologiques. Or, cette année, la crise sanitaire a entraîné une interruption très tôt dans la saison. Comment vont s'adapter ces Ligues ? Sera-t-il possible de faire jouer des équipes en janvier ? Actufoot vous en dit plus.

Depuis plusieurs mois, la crise sanitaire a bouleversé nos habitudes, nos relations, nos vies. Le sport est également fortement impacté par la Covid-19. Plusieurs Ligues de football se préparent à faire face à un nouveau défi : faire jouer les licenciés en plein hiver. « Pour l’instant, c’est une problématique en plus si on envisage une reprise en janvier« , nous indique Maxime Rinié, responsable du service des activités sportives de la Ligue Grand Est de Football. Covid et hiver, les organisateurs de compétitions sportives vont devoir s’adapter à ces deux nouvelles contraintes.

Dans des conditions météorologiques souvent compliquées durant cette période, il est bien difficile d’organiser des matchs mais pourtant, cette année, il va falloir innover. Innover car dans les Ligues d’Auvergne Rhône-Alpes, Grand Est ou encore des Hauts-de-France, la météo empêche chaque année la tenue de nombreuses rencontres. Plusieurs instances régionales et départementales avancent donc des journées sur les mois précédents afin d’éviter que les licenciés jouent en janvier. Cette saison, avec un calendrier resserré, qui devrait même utiliser le mois de juin en totalité, elles vont espérer que la météo ne sera pas trop capricieuse, notamment les week-ends.

« La grosse inquiétude, ça concerne le temps dont on va disposer et notamment avec cette période de janvier-février qui nous inquiète, avec de nombreuses problématiques liées au temps. Chez nous en Pays de la Loire, c’est l’incertitude de la pluie, chez d’autres c’est la neige. La Mayenne et la Sarthe, plus au nord, peuvent craindre par rapport à la Vendée et la Loire-Atlantique par exemple. Toute la France du football travaille à une reprise et il faut dire qu’elle est moins à l’arrêt que lors du premier confinement. Ce qui change, c’est qu’il n y a pas de compétitions officielles mais il y a une activité permanente », souligne Gérard Loison, président de la Ligue des Pays de la Loire.

Les Ligues de football anticipent déjà

Face à cette situation inédite, toutes les instances du football sont en effet mobilisées. La Ligue de Football Amateur a lancé un groupe de travail sur la reprise des compétitions dont fait partie Gérard Loison. « Vous êtes en plein sujet d’actualité. On est en train de réfléchir aux diverses hypothèses en fonction des décisions du Président de la République et du Premier ministre la semaine prochaine. A ce stade de la réflexion, nous n’avons pris aucune décision significative. On va signaler aux clubs qu’on est dans l’attente des prochaines décisions gouvernementales », nous confie-t-il.

« On croise les doigts, il faut espérer que l’hiver ne soit pas trop rude cette saison »Pascal Parent, président de la Ligue Auvergne Rhône-Alpes

Du côté de la Ligue Grand Est, où il n’y a généralement pas de match en janvier, on communique déjà à ce sujet. « On a déjà averti les clubs qu’on va programmer des matchs à partir du 24 janvier pour les seniors. Lorsqu’on aura le feu vert de l’Etat, on leur laissera 20 jours (trois semaines) », prévient Maxime Rinié. « L’année dernière, par exemple, on pouvait très bien jouer en janvier mais il y a eu plus de difficultés en février« , constate-t-il. Les aléas climatiques sont également craints par la Ligue Auvergne Rhône-Alpes.

« On croise les doigts, il faut espérer que l’hiver ne soit pas trop rude cette saison, surtout en ce qui concerne la neige et la pluie. Cela rajouterait de la difficulté à la difficulté. Les Districts montagnards s’adaptent et reprennent plus tard. En Ligue, le mois de janvier était réservé aux matches en retard dans le calendrier initial mais cette fois si on peut reprendre un peu avant cela ne serait pas plus mal. D’autant que les clubs régionaux ont des installations assez bonnes, avec des terrains synthétiques notamment. Ce qui pourrait arranger nos affaires », rassure Pascal Parent, président de la LAURA.

Dans la Ligue des Hauts-de-France, les reports ont été très nombreux l’an dernier à cette période de l’année. Les instances départementales et régionales ont dû à de nombreuses reprises reporter des matchs et même des journées entières. « On a pris des mesures fortes : on a annulé toutes les coupes régionales. Dès la reprise, nous aurons six mois et 26 week-ends de libre. Sachant que l’on pourra jouer jusqu’à fin juin, et qu’il nous reste 18 week-ends de compétitions à fixer, j’espère que l’on va pouvoir trouver un nombre suffisant de dates », a indiqué Bruno Brongniart dans un entretien accordé à Actufoot 59.

Une fin de saison spéciale

Si la date de reprise des compétitions arrive trop tard, la saison ne pourrait probablement pas aller à son terme. Pour cela, des scénarios sont déjà à l’étude. L’idée de play-offs/play-downs après la fin des matches aller fait son chemin dans toutes les têtes des organisateurs des compétitions.

« L’idée serait, dans une poule de 12 par exemple, de faire deux mini-poules de 6, une des six premiers et une des six derniers, et de jouer cinq matches secs. Pour les lieux, c’est à définir. On pourrait imaginer un tirage au sort pour déterminer qui recevrait trois fois et se déplacerait deux fois, ou l’inverse. Ou alors nous pourrions imaginer des rencontres sur terrains neutres mais cela semble plus compliqué », détaille Pascal Parent dans une interview sur Actufoot 69. « On va étudier l’option play-offs/play-downs, on l’intègre dans la réflexion. On aimerait éviter d’arriver à du ratio comme lors du premier confinement. Cette solution peut paraître comme un compromis plus juste », admet Maxime Rinié (Ligue Grand Est).

Si chaque Ligue a ses particularités, celle du Grand Est va être confronté à un cas inverse de ses homologues. « Chez les jeunes, après la première vague de Covid on a augmenté la taille des championnats à 14, on a donc moins de marge de manœuvre que pour les seniors où on a des groupes de 12. Une chose est sûre, les vacances vont être prises pour des journées de championnat. Si on ne commence pas dès janvier chez les jeunes, ça parait très compliqué de pouvoir terminer. Jusqu’à mi février, on a une marge de manœuvre chez les seniors », explique le responsable des activités sportives.

☟ CONTINUEZ VOTRE LECTURE ☟

34