InterviewN2

Didier Santini (AS Béziers) : « Pour moi, la défaite va forcément arriver »

28/10/2020 à 11:04

Invaincu en ce début de saison en N2, l'AS Béziers a remporté le choc des invaincus contre Colomiers samedi. L'entraîneur de cette équipe, uniquement battue en Coupe de France, s'est confié à Actufoot.

Vous avez remporté le choc des invaincus de N2 (D) contre Colomiers. Comment s’est dessinée cette victoire ?

Je pense que tous les matchs sont des chocs à ce niveau là. Après, c’est sûr que Colomiers est vraiment une belle équipe, qui a une continuité à ce niveau-là, qui se connaît bien. C’était un bon match à jouer sur une belle pelouse. Je pense qu’on méritait de gagner, maintenant on aurait pu perdre car on a eu un penalty contre nous que notre gardien a arrêté au départ. Après, dans l’ensemble, on a bien maîtrisé, on a eu pas mal de situations, on est arrivé dans leurs temps-forts à bien gérer, et à mettre les contres qu’on voulait, puis après dans la possession, Après l’ouverture du score, on aurait dû tuer le match car on ne sait jamais ce qui peut arriver. On ne s’est pas mis à l’abri, donc on a été sous pression jusqu’à la fin.

Trois équipes dont vous sont encore invaincues en N2 (D). Vous attendiez-vous à avoir une telle concurrence ?

Oui, c’est un championnat très homogène. Il y a 8 ou 9 équipes qui peuvent toutes prétendre à gagner beaucoup de matches. Après, il y a des équipes qui sont au départ « plus faibles » comme Bourges 18 qu’on a battu 3-1 mais ce n’était pas évident. J’ai beaucoup apprécié cette équipe berruyère car ils ont repris l’entraînement et appris leur montée en N2 très tardivement. Malgré cela, ils s’accrochent. Cette équipe et son coach ont un bel état d’esprit et on a dû sortir une grosse seconde mi-temps pour gagner. J’ai vu que ce week-end, ils n’ont perdu que 3-2 contre Angers. C’est toujours des combats et des bons matchs à jouer. Je pense que mon équipe est mieux contre des équipes difficiles à jouer que contre des équipes où c’est « plus simple ».

Rester invincible le plus longtemps en championnat, est-ce que ça peut devenir votre objectif ? L’objectif de vos joueurs ?

Ca serait trop prétentieux, si je dois faire trois matchs nuls ou une défaite et deux victoires, je préfère la deuxième option car elle rapporte six points contre trois. Des matchs nuls, il en faut de temps en temps car ça fait du bien mais il faut aussi savoir aller chercher la victoire quitte à perdre. Maintenant, ce n’est pas un objectif, il ne faut pas être prétentieux. C’est compliqué de se poser cette question.

Sur le terrain à chaque fois c’est un nouveau match, une nouvelle équipe, on vit au jour le jour avec le Covid, on ne sait pas si les championnats seront arrêtés dans pas longtemps… Il faut continuer à bien travailler pour notre prochain match. On reçoit le Stade Montois, actuel dernier du championnat. Tant qu’on a nos principes et un bon état d’esprit, on pourra perdre un match où on se sera donné à fond car l’adversaire aura eu plus de chance ou sera tout simplement meilleur. Pour moi, la défaite va forcément arriver. Ce qui m’intéresse, c’est qu’à chaque match on ne regarde pas l’adversaire. Il faut être fidèle à nos principes, nos valeurs, dans les valeurs choisies avec le président, le directeurs sportif, on ne craint rien même si des fois ça sera plus difficile et compliqué.

L’élimination en Coupe de France a-t-elle été une déconvenue pour Béziers ?

Non, toute équipe de ce niveau là, c’est compliqué, c’est la Coupe de France. On prend un but à la 90ème. Le côté où je n’étais pas content, c’est qu’on n’a pas su, à notre niveau, gérer les quinze dernières minutes alors que physiquement l’équipe adverse était fatiguée et qu’on s’est mis en panique tout seul. L’objectif principal, c’est le championnat. Pour le président et le club de Béziers, j’aurais aimé aller plus loin. J’ai beaucoup aimé les parcours que j’ai fait avec Dunkerque (32èmes), Calvi et Borgo, on a passé les 64èmes de finale. L’un des gros problème est qu’en Coupe de France on a pris des cartons jaunes et donc on a deux joueurs suspendus pour le prochain match.

Quel bilan général faites-vous de ce début de saison ?

C’est un bon début de championnat, on a eu un début difficile avec des matchs contre Canet et Romorantin. Contre Romorantin justement, je pense qu’on ne mérite pas la victoire. On se réveille après l’expulsion de notre joueur, on a eu vraiment du mal. A 0-0, l’arbitre met logiquement un rouge à mon joueur mais ça nous a permis de nous réveiller et de gagner le match 1-0. On a réussi à se surpasser à ce moment-là. Peut-être qu’à onze on n’aurait pas gagner le match. On apprend de tout ça à chaque match.

Nous savons que tous les matchs sont difficiles y compris contre Mont de Marsan, notre prochain adversaire, actuel dernier du groupe D. On vit une saison avec la Covid où on peut quand même faire notre sport c’est déjà pas mal mais on n’a pas de vestiaires hormis les jours de match. Donc la cohésion de groupe est difficile, les joueurs arrivent à l’entraînement et repartent tout de suite derrière. Ca a peut-être aussi permis de ne pas avoir de joueur atteint. Il faut gérer et franchement, on gère match par match.

Un week-end sans match, ça va permettre de récupérer ?

En fait, on va faire une petite opposition contre Agde (N3) qui nous a demandé. Ca va permettre de donner du temps de jeu à cinq ou six joueurs qui n’en ont pas trop. Par exemple, Makengo revient d’une opération au ménisque. Il a repris l’entraînement il y a quinze jours. Il avait participé aux matchs d’avant saison. Ca va aussi nous permettre de changer de système de jeu, de travailler sur d’autres systèmes. Ca permettra de faire reposer certains joueurs. D’avoir des matchs chaque semaine c’est très bien aussi pour garder le rythme. J’ai 10 joueurs qui ont joué tous les matchs et j’en ai cinq ou six qui ont moins joué, c’est important de les intégrer.

Revenons un peu dans le passé. Comment avez-vous vécu la relégation, pour votre première saison sur le banc, alors que la saison n’est pas allée à son terme ?

C’est oublié. Mais oui, ça a été très compliqué de descendre à 9 ou 10 journées de la fin d’un championnat alors qu’il reste 30 points à distribuer. En plus, on n’avait pas perdu à l’aller contre les cinq ou six équipes qui étaient à la lute avec nous. C’est dur de se dire que s’il y avait une journée de plus, on se serait sauvé. Ca fait tellement de si… En tout cas, on a beaucoup perdu. Perte du statut pro, perte d’argent, perte pour le président, pour les clubs aussi c’est très difficile, mais on n’a pas perdu la vie déjà c’est pas mal.

Il faut savoir aussi regarder ce qu’on a raté la saison dernière mais c’est difficile de dire qu’on est descendu alors qu’on n’est pas allé au bout. S’il restait trois ou quatre journées, oui, mais il restait 30 points. On ne saura jamais. On n’avait pas à être dans cette position à ce moment-là. Nous avons été une fois relégable et on est descendu. Le plus dur dans cette histoire là, c’est les trois-cinq mois où on vous dit tout et n’importe quoi dans l’attente des décisions.

Ca a été une décision difficile à prendre pour les instances…

Il n’y aucune décision facile. Pour les clubs ça a été catastrophique, pour mon président, pour nous, pour les joueurs qui aimaient ce club, certains sont restés, d’autres non. Si on commence un championnat, on est tous d’accord pour dire qu’on doit aller au bout.

Avez-vous eu des cas de Covid dans le groupe ?

On a fait quatre fois les tests, on n’a pas eu de cas. C’est aussi la chance. A leur âge, quand ils l’ont, ils restent une semaine, ils se reposent. On fait tous les gestes barrières, prise de température, pas de vestiaires. Dès qu’un joueur est un peu fébrile, il repasse le test en individuel et c’est arrivé deux fois pour avoir une sécurité complète. Pour le moment, on s’en est bien sorti, ça nous permet d’avoir une continuité à l’entraînement. En National, je vois que ça a été très compliqué. On n’a jamais eu de vestiaires, le fait de ne pas être dans un endroit clos fermé, ça a permis d’éviter ça. On fait attention mais on n’est à l’abri de rien. L’important c’est que la personne à qui ça arrive se remette bien.

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