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Maxime Tarasconi, des terrains de foot au service réanimation « Covid-19 »

23/03/2020 à 16:35

Depuis quelques jours, la vie de Maxime Tarasconi, joueur de 29 ans de la N3 de l'AS Gémenos, a changé. Pendant que beaucoup d'autres joueurs sont au repos, lui qui travaille en milieu hospitalier sur Marseille, se retrouve actuellement fortement sollicité et en première ligne au service réanimation des personnes infectées par le Covid-19. Pour Actufoot, il a accepté de livrer son témoignage.

Maxime Tarasconi, un héros parmi les footballeurs

Depuis quelques jours, nous ne vivons plus « normalement ». Coronavirus et confinement oblige ! Les restaurants, coiffeurs, boutiques en tout genre et… clubs de foot ont fermé. L’AS Gémenos, club de N3 situé à 20 kilomètres à l’est de Marseille, au pied du massif de la Sainte-Baume, a dû suivre le mouvement. Tous les joueurs au repos, chez eux ! Tous ? Non, peut-être pas… Maxime Tarasconi, milieu de terrain de la N3 de l’ASG, lui, continue de travailler, en première ligne, sur le terrain mais pas celui que vous croyez, pas le rectangle vert. Adieu le maillot de foot, au placard les crampons, le joueur a revêtu sa blouse blanche pour continuer à aller travailler toutes les nuits à Marseille au service réanimation des personnes infectées par le Covid-19.

Modeste. C’est le mot qui vient directement à l’esprit quand vous vous adressez à Maxime Tarasconi. Est-ce que c’est compliqué pour vous en ce moment au travail en cette période de coronavirus ? La réponse à cette question semble évidente en ces temps-ci, mais détrompez-vous, pas pour lui : « C’est différent pour nous… on a l’habitude de voir des cas assez graves au service réanimation. La seule chose qui change, c’est qu’il y a beaucoup de précautions à prendre, mais ça reste des situations qu’on connaît. On a l’habitude de traiter ça au quotidien. En plus, pour le moment, ça va, on n’a pas atteint le pic de l’épidémie. On n’a pas forcément plus de travail, le boulot reste un peu le mème. La prise en charge ne change pas forcément au niveau des soins. Ce qui est plus contraignant, c’est qu’il y a beaucoup d’attention à avoir sur les isolements. Mais ça reste de la réanimation ».

Des masques mais du personnel malade !

Ces derniers jours, le manque de masques pour protéger le personnel soignant a fait polémique. Les conditions de travail sont dénoncés par les médecins sur les réseaux sociaux. A Marseille, les choses semblent aller bien en termes de matériel de protection contre le virus. « On a quand même des bonnes conditions de travail. C’est limité un peu partout au niveau des équipements et des masques mais nous, on a un service à part, et donc on a un peu de matériel » nous informe l’ancien pro passé par le SC Toulon. Ce qui n’empêche pas dans son service comme dans les autres métiers hospitaliers de compter des malades « Je suis célibataire et donc, au début, je voulais faire le confinement avec ma famille. Mais j’ai estimé que j’étais trop près du truc et donc décidé de rester seul. J’ai des collègues de travail, médecins, infirmiers et autres qui ont été infectés. C’est d’ailleurs ce qui risque d’être compliqué pour les prochains jours… Si beaucoup de personnel est touché, ils seront mis en quarantaine, et nous on sera submergé de boulot ».

La crainte est bien là. L’attente de cette vague prévue dans une dizaine de jours en France est pesante. Les jours sont longs, les nuits aussi. « Il y a la tension de l’attente. Pour l’instant, on reçoit des cas de Covid, on a pas mal de boulot. On s’attend à ce que ce soit, pas comme en Italie (parce qu’on s’y est pris avant eux pour le confinement), mais presque. On a peur de devoir faire comme chez eux, de devoir faire un tri dans les contaminés, de ne pas pouvoir prendre tout le monde. C’est vrai qu’on a peur de ça… on espère que le confinement va freiner la propagation ». Des craintes accentuées par cette absence de bulle d’air qu’était le foot pour lui.

Vivement que le foot revienne apaiser les souffrances…

La reprise du championnat pourra-t-elle se faire ? L’ancien du FC Istres, de Louhans-Cuiseaux , de Granville et du Pontet a son avis, un avis qui plaide en la faveur de son club… « Au niveau amateur, je pense que ce sera trop tard de finir en juillet. Il y a des gars qui sont en vacances, en famille etc. Je pense qu’ils décideront d’arrêter les championnats. Si on nous dit dans 15 jours vous pouvez reprendre, on pourra finir, mais si c’est plus tard, ça deviendra impossible. Il reste 8-9 journées, ce sera trop juste. Par rapport à Gémenos, on préfèrerait une saison blanche, au moins on ne descendrait pas. Mais on ne sait pas comment ça va se passer… ».

En tout cas, malgré les contraintes, les peurs, le travail, l’incertitude d’une reprise, comme un guerrier et avec la rigueur de l’ancien pro, Maxime Tarasconi s’entraîne « J’habite en appartement mais j’ai la chance d’avoir une petite pinède à côté. Je peux sortir courir un peu même si c’est difficile . Pour les autres joueurs de l’équipe,  je ne sais pas mais moi je peux sortir de chez moi aller courir tranquillement. Après, pour le reste, c’est compliqué, on ne touche plus de ballon…. Mais pour l’instant, il faudra faire preuve de patience ». C’est en tout cas ce que vous demande le joueur de la N3 de l’ASG : « Écoutez ce qui se dit, restez confinés car ce sera ça qui fera ralentir l’épidémie. Faites attention à vous et prenez votre mal en patience. Après ça, tout repartira ». Et pour ce qui est du reste, comme nous l’a dit un de ses entraîneurs David Chelly : « Je lui fais confiance. Je reste persuadé qu’il va s’investir avec rigueur et sérieux et qu’il fera preuve d’abnégation dans son travail car il agit aussi ainsi lorsqu’il est avec son équipe sur le terrain. Bon courage Maxime dans cette période délicate ».

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