Coupe de France16e de finale

Nicolas Guibal : « J’ai envie d’écrire quelque chose sur mon passage au FC Sète »

22/01/2019 à 13:18

Nouveau défi, ce mardi soir, pour le FC Sète, en lice en 16e de finale de Coupe de France, face au Lille OSC (Ligue 1). Pour Nicolas Guibal, entraîneur et amoureux du club vert et blanc, c'est un moment de rêve, dans une histoire que le technicien espère longue et riche. Interview.

Comment vous sentez-vous à quelques heures du match face à Lille ?

Pour ne rien cacher, je me sens bien, je pense que mes joueurs aussi. Le seul bémol est qu’avant d’attaquer ce match de gala, voire de fête, c’est de ne pas avoir pu prendre des points sur les derniers matches. C’est cette déception qui prédomine, j’aurais aimé des conditions optimum. C’est un petit coup d’arrêt dans la motivation. On est reparti dès samedi matin sur la réouverture du livre Coupe de France. Il y a de l’excitation, il va y avoir du monde, on va affronter une belle équipe.

Y a-t-il un lien entre la Coupe de France et ces déceptions en championnat ?

Je ne crois pas qu’il y ait un lien de cause à effet. C’est une autre compétition. L’émulation de se confronter à des joueurs de Ligue 1 va faire oublier ces résultats. Est-ce que la coupe explique les résultats ? C’était visible sur la première mi-temps du Stade Bordelais. Sur la 2e et le match de vendredi, pas forcément, car on a attaqué ces périodes comme il fallait. On fait deux erreurs qui coûtent très cher. Ils étaient acculés dans leur camp, ils n’avaient pas d’occasion. Après, on est tous des êtres humains, ça travaille dans les têtes, ils ont envie être présents. Contre Romorantin, on a donné le maximum, ce n’est pas passé. Dès ce soir (hier), dans les têtes, c’est oublié. Ils seront à 150 %, voire 200 %, pour être au niveau contre lille.

Qu’est-ce qui va jouer pour faire l’exploit ?

Je pense que c’est beaucoup l’aspect mental. Il faudra être au top de sa détermination pour essayer de transformer, il faut que le 1 % de chance qu’il y a, de le jouer à 150 %, pour être à la hauteur, avoir une chance d’exister. Il doit y avoir de la motivation, la capacité à être concerné à 200 %, dans tout ce qu’on va faire, dans le repli défensif, les ballons de contre qu’on aura. Sur le plan tactique, il faudra être irréprochable, comme sur l’aspect de la motivation et de l’endurance psychologique. Le moindre faux pas, la moindre erreur technique risqueront de nous coûter cher, pour que le match dure le plus longtemps possible et plus si affinité, pour entretenir le suspense.

En tant qu’entraîneur, utilisez-vous les exploits d’Andrézieux ou Sannois Saint-Gratien ?

Ca a été les premiers mots de mon discours quand il y a eu le tirage. Andrézieux l’a fait, pourquoi pas nous. Sannois sort Montpellier, qui est en haut, Marseille était dans une période de doute. Lille ne doute pas, ils déroulent dans ce championnat de Ligue 1. A nous de trouver des leviers, ils vont nous laisser des miettes, à nous de manger un bon repas avec. Être des fourmis ? (rires) Oui, c’est ça. Il faudra être des fourmis et faire un festin de ce qu’ils feront tomber par terre. Le scenario peut virer au cauchemar ou au suspense rapidement. A nous de faire que ça bascule dans le bon endroit.

Quand on joue en Coupe de France, on prend du plaisir encore en championnat ?

Le championnat m’excite, car j’ai envie d’aller chercher la place la plus haute possible. Donc je suis toujours excité, quel que soit le match. Mais c’est vrai que jouer devant 5000 personnes avec un stade aux couleurs de la Coupe de France, des gens derrière nous, ça créé plus d’émulation qu’un simple match de championnat. L’objectif est de finir le championnat le plus haut possible. On prend ce seizième, car on est allé le chercher, mais il ne faut pas que ce soit une finalité. On veut pousser le bouchon plus loin, voir si on est capable de rivaliser, s’y mesurer et pourquoi pas créer un exploit.

Ce 32e de finale, quand vous avez rejoint Sète, cet été…

Je l’espérais. J’ai vécu, en tant que spectateur, la belle épopée de Sète en coupe de France. J’aurais aimé être à place des entraîneurs pour vivre cette émotion. Arriver à ce niveau-là est compliqué, on rencontre des équipes inférieures, il faut chercher la motivation et les ingrédients. On y est arrivé, ce n’était pas prévu, même si on le voulait. L’objectif est rempli, c’est fabuleux. Maintenant, est ce que c’est juste un aboutissement ou le rêve d’aller plus loin ? Il faut être lucide et mesuré, même s’il faudra mettre de la folie mesurée.

C’est à dire ?

Amener le ballon dans le camp adverse, c’est ça mettre de la folie. Défensivement, on doit être rigoureux, faire les efforts encore plus loin que ce qu’on fait d’habitude, c’est l’excellence.

Qu’est-ce qui vous anime depuis votre arrivée ?

Ce qui m’anime, c’est déjà, ce que j’ai vécu avant. Je suivais le FC Sète quand il était en D2, dans les années 80-90. Comme tout gamin, puisque je viens de Frontignan, je rêvais que je puisse jouer avec ce maillot, faire vibrer le bassin. J’y ai joué une saison. Je n’ai jamais pensé être entraineur, c’est une fierté quand on sait tous ceux qui sont passés, ceux que j’avais vu et ceux que j’aurais aimé connaitre.

Qui vous inspire ?

Je pense qu’une personne comme Claude Calabuig a poussé le FC Sète au plus haut. Il a fait connaitre de belles choses au club, j’aimerais vivre de belles choses comme lui.

Arriver à Sète, l’été dernier, qu’est-ce que ça représentait ?

Pour moi, c’était un challenge dans la continuité de ce que j’ai fait. J’ai pris Fabrègues, on est monté de DHR en CFA 2. On a atteint le maximum de ce que nos moyens permettaient. Sète ? Dans ma tête, j’espérais. C’est un club avec un beau passé. J’aimerais pouvoir écrire quelques lignes dans une histoire très chargée, voire un chapitre, ce qui serait encore mieux (sourires).

L’an dernier, vous avez atteint les 32es de finale de Coupe de France avec Fabrègues…

Quand je regardais la Coupe de France à la télé, je disais, pourvu que j’emmène des banderoles, avec la télé. Mon rêve était d’emmener un 32e de finale dans le club. J’avais buté quatre fois au 8e tour en tant que joueur. L’an dernier, quand j’ai pu réussir à me qualifier, c’était fabuleux, j’avais les larmes aux yeux. Si on m’avait dit, l’an dernier, que j’aurais pu requalifier, en plus en 16e de finale, avec un autre club, j’aurais signé avec tous les membres de mon corps. En plus avec Sète, ce qui est mon rêve absolu. J’ai envie d’aller plus loin. Ca peut être ça ou, je l’espère rapidement, une montée. J’ai envie d’écrire quelque chose sur mon passage.

Crédit : FFF

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