AssociationRecrutement

Nicolas Piperoglou (Potentiel Foot) « On veut devenir le point de repère pour tous les clubs ! »

12/01/2020 à 11:28

Girondins de Bordeaux, FC Metz, SC Bastia, Olympique de Marseille, Nîmes Olympique... Nicolas Piperoglou a passé plus de 20 ans dans les centres de formation des meilleurs clubs français. Une expérience qu'il met aujourd'hui au service de Potentiel Foot, une cellule de recrutement indépendante qui souhaite offrir aux jeunes joueurs de football (District à National), la possibilité de se relancer dans un nouveau club. Plus de précisions avec le créateur lui-même !

Nicolas, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Potentiel Foot et pour quelle(s) raison(s) vous l’avez créé ?

Potentiel Foot, c’est une cellule de recrutement indépendante qui fonctionne comme une cellule de recrutement de club. On veut rassembler, évaluer, valider et ensuite définir et évaluer des niveaux. Mon premier souci, c’est la validation des niveaux. Ensuite, pourquoi avoir créé Potentiel Foot ? C’est simple, au bout de 22 ans de professionnalisme, j’ai remarqué qu’il y avait une maladie grave : tout le monde pense qu’il peut atteindre les hautes sphères du football. Quelle est la cause de cette maladie ? D’où ça part ? Le problème, c’est qu’il y a autour des footballeurs de moins en moins d’évaluations et pourtant, c’est ce qu’il faut pour ensuite atteindre le très haut niveau. On fait croire n’importe quoi à n’importe qui en vendant du rêve aux joueurs… Le mal est de plus en plus gangrenant ! De plus en plus, on vit dans de l’illusion dans le foot.

Vous avez fait d’autres constats ?

Oui. Le football est en danger car on ne peut plus demander de la performance, de la qualité, de la formation, quand il y a cet état d’esprit qui devient de plus en plus compliqué autour. Par exemple, arrêtez les parents de gueuler autour du terrain, de perturber vos enfants ! Le niveau du football qui démarre là, à ce niveau, a besoin d’une prise de conscience. Ce sera aussi le rôle de Potentiel Foot. Expliquer qu’il ne faut pas écouter ce qu’on raconte. C’est son niveau qui va fait que c’est possible ou pas, pas ce que disent les clubs pour faire rêver et pas ce que crient les parents autour du terrain. Pour connaître vraiment son niveau, ça commence par une vraie évaluation !

On est également là pour s’occuper de ces petits qui sortent de centre de formation et qui se retrouvent seuls livrés à eux mêmes dans la vie de tous les jours avec le constat de l’échec sportif. Au niveau familial, ce n’est pas facile car il est parti de chez lui très tôt comme un héros pour y revenir quelques années plus tard en situation d’échec. On tire la sonnette d’alarme ! Le foot comme il est constitué ne peut pas s’en occuper. Mais avec les moyens qu’il a, le foot, n’a-t-il pas les possibilités d’aider ce jeune ? Le football devrait être obligé, quand le joueur termine son contrat et n’est pas reconduit, qu’il est renvoyé à son foyer, d’avoir une fonction d’accompagnateur. C’est aussi un peu le vide que va combler Potentiel Foot. On voudrait être le relais des clubs qui cherchent des joueurs pour évoluer aux niveaux Nationaux. On veut devenir le point de repère pour tous les clubs !

Et donc vous allez analyser le niveau des joueurs pour les proposer par la suite aux clubs qui travaillent avec vous ?

Exactement. On a une commission technique compétente qui va l’évaluer. On a fixé trois niveaux :

– Niveau 1 : Fort Potentiel qui permet d’envisager de jouer à des niveaux nationaux
– Niveau 2 : Niveau Potentiel
– Niveau 3 : Bon joueur

Mais nous, dans notre politique, on est disponible pour les trois niveaux !

Notre rôle, c’est l’accompagnement. Pour un niveau 1, on a créé une commission d’accompagnement composée d’une structure médicale (dossier médical du joueur), une structure scolaire qui évalue le niveau du joueur en termes d’intelligence, de savoir (car si dans un club pro tu as 3 de moyenne générale, ce n’est pas la peine que tu y penses), une structure familiale où on va prendre des renseignements sur la famille, sur l’entourage du joueur et une structure avec une diététicienne pour l’hygiène de vie. On a donc 1 valise sportive et 4 valises d’accompagnement. Si les 4 valises sont au vert, on transfère ces données à nos contacts (Clubs de L1, L2, N1, N2, N3).

Potentiel Foot, c’est comme un agent de joueur ?

Alors là, pas du tout ! Nous ne sommes pas des agents et je ne veux pas qu’on nous assimile à des agents et qu’on soit par conséquent dans un exercice illégal. Dans l’accompagnement, on peut proposer des agents qui peuvent prendre en main le joueur, mais nous, là-dedans, on ne décide plus ! C’est la famille qui prend la décision. J’ai beaucoup de contacts et beaucoup d’affinités avec différents corps de métier dans le football, je peux donc présenter des gens en qui j’ai entièrement confiance si les joueurs ont ce besoin. Mais, c’est un choix extérieur à Potentiel Foot, ce n’est pas notre fonction ! C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on a mis beaucoup de temps à réaliser ce projet, car on voulait des garanties administratives et juridiques. On veut juste accompagner !

Que(s) profil(s) de joueur ciblez vous ?

« Le football est une grande bassine de chocolat et tout le monde peut mettre le doigt dedans ». On est donc aussi à disposition des joueurs de District pour les placer. Si un club de Ligue cherche un ou deux bons joueurs, on peut aussi les mettre en rapport. Par contre, on est sur des catégories grand terrain : 14/15, 16/17 et 18, 19 et 20. On s’arrête aux – de 20 ans !

Comment s’organise votre cellule d’accompagnement ?

J’ai mis en place une vraie cellule de recrutement qui couvre la grande partie du Grand Sud. On peut tracer une ligne horizontale, ça part de Vichy et ça descend jusqu’en bas. J’ai des spécialistes partout, en Aquitaine, dans les Pyrénées Orientales, à Lyon, dans les Alpes, les Alpes Maritimes, l’Hérault, le Var, les Bouches-du-Rhône etc… Qu’est ce que ça nous permet ? Je ne veux pas qu’on reste fixé sur la Ligue 1 et ses centres de formation. En ce moment par exemple, un joueur de N2 est à la recherche d’un club, le correspondant d’Aquitaine a diffusé sa fiche partout, et Lyon Duchère est en train de lui faire faire des essais. On est un vrai module qui travaille par rapport à une base centrale qui est Potentiel Foot. A Yzeure, si on a des joueurs à potentiel qui veulent jouer à haut niveau, la porte est ouverte avec les clubs de cette région car j’ai beaucoup de liens là-bas. C’est vraiment une structure de travail de tous les niveaux. Je n’avais pas envie de créer un truc du genre « Venez, les observateurs de Ligue 1 sont là avec le Bayern etc ». C’est du pipeau, un chemin que je ne veux pas prendre ! J’ai des contacts avec des grands clubs européens, et si des joueurs veulent monter à ce niveau et en ont les capacités alors on les placera, mais on ne fera pas n’importe quoi, on ne vendra pas du rêve.

Comment s’organisent les détections ?

On ne fera pas de rassemblement où, comme on peut le voir souvent, il y a 40 à 50 personnes. On cherche l’intimité, la solidarité, l’amitié, le plaisir… voilà notre base ! Chaque détection est faite avec 16 joueurs de champ et 2 gardiens de but par catégorie. Et nos matchs se déroulent sur 3 mi-temps, ce qui assure aux joueurs minimum une heure de temps de jeu. C’est très important pour une question d’équilibre, du respect du joueur, de convivialité, que si le joueur rate un contrôle, il ne se dise pas « c’est fini ». Après si t’es bon, t’es bon ! (Rires) Sur les membres qu’on est en train d’enregistrer et qui vont passer notre détection, on remarque qu’il n’y en a pas un qui pose les bonnes questions. Ils te posent des questions directes de performance sportive mais ne s’interrogent jamais sur ce qu’est une vraie cellule. Pourtant, nous, on a pensé aux bonnes réponses et on les a mise en place, celles qui vont faire que les joueurs vont être dans meilleures conditions et on regarde tous les détails ! Par exemple, je vois souvent sur les terrains les joueurs boire dans la même bouteille. Il y a des épidémies de grippe mais personne n’y fait attention. Chez nous, c’est une bouteille chacun !

Vous allez vous occuper seulement des joueurs ?

C’est marrant que vous demandiez ça car on a eu une réunion avant-hier soir. On va un peu s’élargir, on veut aussi beaucoup s’occuper des éducateurs. Certains font du bon boulot et cherchent des clubs, même au haut niveau. On va avoir cette action aussi !

Pour ce joli défi, vous vous êtes entouré d’une belle équipe d’experts…

Ce sont des personnes qui ont beaucoup d’expérience, de métier et de contacts. On a un chef d’entreprise très performant avec nous : Gilbert Gouiran.  Guy Demel, ancien joueur professionnel d’Arsenal et du Borussia Dortmund notamment, international Ivoirien, est membre de la commission technique. Arnaud Chabert, préparateur physique niveau international, sera lui présent sur les dossiers médicaux et la commission technique. Anthony Loupy journaliste radio et éducateur – responsable foot animation à Marignane Gignac, s’occupe de la gestion de nos équipes lors des rassemblements. Il a une grande expérience car il a déjà collaboré sur les détections pour le FC Metz et le Sporting Club de Bastia. Alain Fiore, kinésithérapeute et président de l’ASS Tuvisport, occupe la fonction de kiné lors des rassemblements et est responsable des dossiers médicaux. Madjid Mazouni, professeur de mathématiques, occupe les fonctions d’arbitre des rassemblements et est responsable des dossiers scolaires et professionnels. Sylvie Cavallini, coach mental, est responsable des dossiers familiaux et comportementaux. Margot Mosa, diététicienne, est membre de la commission médicale et analyste des besoins d’hygiènes de vie. Il y en a beaucoup d’autres, des pointures ! Aujourd’hui, nous sommes 11 observateurs, 8 membres de la commission d’accompagnement et 3 membres au bureau (le président c’est-à-dire moi, la secrétaire et le trésorier). Que des vrais professionnels reconnus !

Avec quels clubs êtes-vous en contact ?

Des clubs français de tous les niveaux de la Ligue 1 aux championnats de District. Aussi, on a fait le tour des championnats étrangers : Luxembourg, Suisse, Autriche, Italie, Espagne, Angleterre… Il y a parfois des opportunités pour intégrer des clubs intéressants ! Et il faut savoir une chose très importante : les clubs avec lesquels on est en contact, on y est déjà allé sur place. On ne va pas envoyer des joueurs dans des clubs qu’on ne connaît pas. Avec Potentiel Foot, que ce soit Turin, Vérone ou une ville d’Autriche, on sait toujours où on met les pieds !

Il y a déjà des détections Potentiel Foot qui sont prévues ?

Oui, on a une réunion les 21/22 janvier au stade Jacques Astier à la Farlède dans le Var (83). Le mardi 21 sera consacré aux U18/U19 de Potentiel Foot qui affronteront les U19 Nationaux du SC Toulon. Le mercredi 22 sera pour nos U14/15 qui joueront contre l’équipe du RFC Toulon de Fred Meyrieu et pour nos U16/17 qui défieront les joueurs du Gardia Club. On organise un rassemblement dans le Var pour cette fois mais demain ça pourra être dans le Gard, l’Hérault ou ailleurs. Et quand on se déplacera quelque part, on donnera toujours la priorité d’opposition aux équipes de la région dans laquelle on est. Il faut, à un moment donné aussi, avoir le contact avec les clubs de la région !

Comment un joueur peut-il rejoindre Potentiel Foot ?

Il va sur le site, il y a une obligation d’inscription. Il s’inscrit et se verra attribuer un numéro de membre. On envoie le numéro de membre, nom, prénom et autres informations à l’assurance pour que le joueur est une sécurité. Pour une question de confidentialité, les dossiers ne seront constitués qu’avec les membres de notre association.

Pour découvrir le site web de Potentiel Foot et s’inscrire, cliquez ici : www.potentielfoot.fr !
Pour la page Facebook Potentiel Foot, cliquez ici !

34