D32017/2018

C. Dinet (Président Fougères FC) : « C’est une croissance incroyable ! »

13/07/2018 à 21:55

Cédric Dinet va passer un bon été ! Co-fondateur du FFC en 2016, celui qui cumule les fonctions de président et d'entraîneur Seniors et U15 voit son club réussir son entrée dans le football local. Si le FC Lorient et le Stade Rennais ont supprimé leurs équipes C, l'effet domino est allé de la R1 à la D3. Une aubaine pour l'autre club de Fougères. Montée de l'équipe fanion, explosion du nombre de licenciés, politique sportive et sociétale... Malgré ses deux blessures aux croisés en deux ans, le quarantenaire continue à kiffer sa passion. Interview.

Vous avez terminé la saison en apprenant que vous montiez une fois de plus. J’imagine que vous allez passer de bonnes vacances ?

Ah oui, tout à fait. Les miennes sont dans un mois mais elles seront très bonnes. Je suis pleinement satisfait des résultats. Cette montée est inattendue. A la limite, monter de la D5 à la D4 puis à la D3, oui.  On a bénéficié des retraits du FC Lorient et du Stade Rennais en R1 et on finit meilleur troisième de tous les groupes de D3 donc on accède à la D2. C’est super, je suis comblé.

Pas de mercato mais un véritable boom de licenciés

Ça fait trois accessions en deux ans. Est-ce que vous l’envisagiez ?

Non. On avait les équipes B du CF2L et de Billé-Javené devant nous. En début de saison, on s’était dit qu’on serait entre la troisième et la cinquième place. Finalement, on termine premier de tous les championnats derrière les deux premières places qui étaient intouchables avec les réserves de Ligue. On a fait une belle saison malgré les conditions difficiles d’entraînement et c’est vraiment complètement inattendu.

Les résultats de votre équipe fanion mettent en avant le travail de votre jeune club. Pensez-vous que ça peut donner un coup de boost pour développer votre projet et attirer des joueurs ?

Pour le projet sportif, c’est très simple. Nous, au FFC, le mercato, il n’y en a pas. C’est à dire qu’on n’appelle personne. J’ai quand même rappelé un joueur cette année, c’est tout. On ne recrute pas, les joueurs qui veulent venir viennent de plein gré. On les accueille avec le sourire. Ils veulent signer ici, c’est très bien. On ne les baratine pas, on met toujours le projet humain en avant et il faut croire que ça fonctionne… On sera plus de deux cents en septembre, c’est une croissance incroyable : +493 % entre les deux saisons. Est-ce qu’on s’attendait à ça ? Oui et non. Parce qu’on est quand même à Fougères, une ville de 20 000 habitants avec 580 joueurs à l’AGL-Drapeau. Ce n’est pas énorme, c’est -350 par rapport à une ville comme Vitré où il y a 4 000 habitants de moins. On connait le foot déjà, on est tous des éducateurs diplômés. Il y a des BE, moi, je suis éducateur fédéral… On est fougerais, c’est notre ville. Ça fait quarante ans que j’y habite. La première année, on avait prévu une équipe Seniors. On est parti avec trente-huit joueurs donc on en a fait deux. On avait fait un prévisionnel de cent-vingt jeunes la deuxième année et on en a eu un peu plus. On a aussi pu créer une troisième équipe Seniors. On finit à 192 licenciés, c’est juste incroyable. Sincèrement, je savais qu’il y aurait eu du monde. Parce que Guillaume Loinsard est très compétent… On est des mecs cools quoi. Étant du coin et dans le foot depuis l’âge de 5 ans, je savais qu’il y avait aussi ce besoin. On n’est pas tellement surpris de la montée en puissance en fait. On est tous bénévole, on y consacre beaucoup de temps, à peu près vingt heures par semaine pour cinq/six d’entre nous. Sur les terrains, avec la partie administrative, la gestion humaine et les relations avec les parents… Tout ce que comporte un club de foot. Il faut se connaître aussi ! Ça prend du temps et on est présent. (sourire)

« J’ai une femme extra depuis vingt-deux ans donc ça ne pose pas de problèmes »

A titre personnel, quelle importance accordez-vous à ce club ? Quelle place prend-il ?

Il est venu manger sur la vie de famille et sur les loisirs, c’est indéniable. Après, on le savait très bien, surtout Guillaume (Loinsard) et moi. Je pense à Nicolas Labbé qui a donné beaucoup de son temps. Il y a aussi Julien Lobé et Aurélien Duhamel. Je pourrais citer tous les éducateurs. Pour moi, en tant que président, c’est un peu compliqué avec le boulot qui me prend quarante heures au bas mot. Ça et le foot à côté… C’est comme ça de toute façon. Maintenant qu’on est là, il faut pérenniser la structure. Moi, ça ne me fait pas peur. Je suis artisan, le travail ne me fait pas peur. Après tout, ça reste une passion. Le foot nous berce depuis notre enfance. Avec tous mes copains, ont de la même génération on est de 77/78 pour la plupart. Ça permet aussi de nous retrouver, un peu plus souvent qu’avant d’ailleurs. Les années passent et on se voit un peu moins parfois. Du coup, là, on se voit beaucoup. (rires) Ce club prend une grosse place. Surtout pour madame, ça peut devenir un peu pénible pour elle par moments. C’est le téléphone, c’est les textos et les heures passées devant Footclub… Mais j’ai une femme extra depuis vingt-deux ans donc ça ne pose pas de problèmes même si je sais qu’elle en voudrait un peu plus parfois. De toute façon, on ne va pas forcément continuer, nous, les membres du bureau, à être aussi sur les terrains autant de temps aussi longtemps. L’idéal, c’est d’avoir un service civique, c’est certain, peut-être un deuxième. A la suite de ça, on devrait recevoir des subventions de la ville l’année prochaine. Celles qu’on a eues cette saison valaient pour l’année d’avant pour 38 licenciés, donc ça équivaut quasiment à rien. Le souhait, c’est d’avoir un éducateur salarié. Ça va nous permettre de souffler. Déjà, cette année avec Sofiane (Chamsidine) qui était en service civique, ça a été une aide.

Les projets de groupes de D1 et D2 ont été officialisés

Outre la montée, quelle est l’actualité du FFC ?

Avec la refonte des championnats, on a créé des équipes. On aura une équipe U16 et une U17, deux équipes qu’on n’avait pas l’année dernière parce qu’on s’arrêtait aux U15. On va continuer le travail qu’on fait. On conserve nos éducateurs, tout le monde repart en tant que bénévole. Ce n’est pas rien. On a aussi un ou deux services civiques qui vont se joindre à nous. Toujours fidéliser, transmettre nos valeurs qui nous sont chères : l’état d’esprit, la cohésion, le partage, le don de soi. On ne parle pas d’argent au FFC, on a un tout petit budget. On se débrouille. On a une bonne génération, on a des bons U7, des bons U9, des bons U11 et des bons U13. On les inscrit aux niveaux qu’on pense bons pour eux. Nos U15 ont terminé champion de D4 avec huit victoires en huit matchs sur la phase retour. Ce n’est qu’une deuxième saison, on va continuer à avancer sereinement à notre rythme. Avant d’en faire des footballeurs, on veut en faire des jeunes respectables. C’est le plus important, on insiste beaucoup là-dessus. Pour les Seniors, il y a le maintien de l’équipe première maintenant qu’on est en D2. Il va falloir s’installer tranquillement à ce niveau. Le football est est fait d’aléas, on ne maîtrise pas tout donc on verra. La B peut accéder à la D3 donc ça va être l’objectif. Avec la réserve, on avait fait une belle deuxième partie de saison et on termine en haut de tableau. Ah, et on va changer d’entraîneur pour la A ! C’est Anthony Tersiguel qui prend le relais après Guillaume Loinsard. Guillaume a souhaité arrêté, il est aussi responsable des U11 et son fils joue en U9. Sachant qu’il est vice-président… Il a besoin de souffler. Plus de foot pour lui le dimanche ! C’est un autre copain qui reprend ça, il était coach à Parigné-Landéan. Il avait arrêté l’année dernière et il reprend, il remet le pied à l’étrier. On va avoir un bon coach.

Propos recueillis par David Guitton