National 2Interview

David Alcibiade : « C’est sûr que je veux retrouver le monde professionnel »

04/12/2019 à 12:54

Passé par le LOSC mais surtout par le FC Nantes, où le défenseur y a évolué pendant six saisons, David Alcibiade a débarqué cet été à Saint-Malo en provenance du club d'IC Croix Football, pensionnaire de National 2. A 28 ans et à pratiquement la mi-championnat, le latéral est revenu sur ses ambitions et le début de saison avec l'équipe malouine !

David, quelle vision avez-vous du football amateur aujourd’hui ?

C’est forcément différent du monde professionnel, même si aujourd’hui des infrastructures sportives s’en rapprochent ! Depuis plusieurs années, de nombreux clubs se préparent à affronter les échéances à l’échelon supérieur et ils y mettent les moyens pour y arriver. Ce qui me plaît à Saint-Malo, c’est cette âme qui se dégage par l’esprit de famille et de cohésion. Il y a également cette contrainte de résultats à notre niveau mais on évolue peut-être avec moins de pression. Le quotidien n’est pas le même car dans les structures professionnelles, tout est au même endroit : les kinés, les médecins, la salle de musculation, le terrain d’entraînement. On peut rester des heures et des heures sur place. A Saint-Malo par exemple, on a le terrain de match mais on est délocalisé pour l’entraînement, où on a des vestiaires, deux terrains en herbe, un synthétique. Il faut bouger un peu plus, on ne mange pas au club, chacun doit se débrouiller par soi-même. L’aspect médiatique est différent également. A Nantes par exemple, nous étions pas mal sollicités, par des journalistes, des associations, partenaires ou encore des supporters, chose qu’on ne fait pas forcement dans le monde amateur ! On s’entraîne tous les jours et on se rapproche de l’environnement professionnel. C’est à nous de mettre l’exigence du haut niveau pour évoluer au-dessus, et on a la chance d’avoir des gars qui ont connu ça. Le coach nous appelle à mettre en œuvre cette exigence au quotidien.

Vous avez rejoint l’effectif de Saint-Malo cet été. Avez-vous eu d’autres contacts avant d’arriver dans une équipe qui possède de l’expérience aujourd’hui ?

C’est un effectif de qualité mais ma priorité n’était pas forcément de rejoindre Saint-Malo ! L’année dernière, en janvier, j’étais en relation avec le FC Lorient, notamment avec le coach Mickaël Landreau, mais on a loupé le coche à deux jours près alors que je devais m’engager avec eux. J’ai également été en pourparlers avec Avranches, mais le transfert n’a pas abouti en raison de mon statut personnel, mais si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais également pu m’engager là-bas… J’ai également fait un essai à Laval, où le coach était satisfait mais ils ont préféré prendre un joueur prêté par le club de Lens. Ma femme travaille sur Brest et j’ai également eu des contacts avec Concarneau par le biais de son directeur sportif (qui ne l’est plus à ce jour, ndlr), mais ils avaient un autre projet. Il y avait donc des éventualités de pouvoir évoluer à un niveau au-dessus. La saison dernière a été un peu compliquée car je me suis fait opérer du genou, ce qui a pris un certain temps, mais j’en avais besoin pour continuer ma carrière avec un corps en pleine santé ! Je n’ai pas beaucoup joué avec le FC Nantes il y a deux ans, une année où Léo Dubois fait une saison pleine. J’avais vraiment besoin de retrouver du temps de jeu, du rythme, du plaisir sur le terrain. Je me suis également marié avec ma femme et il fallait que je puisse m’investir dans un projet qui me permette d’allier ma vie professionnelle et celle en dehors.

Que saviez-vous de Grégory Poirier, le coach qui a débarqué cette saison ?

Je ne le connaissais pas avant, je me suis renseigné une fois avant de rejoindre le club ; quand j’évoluais avec l’équipe réserve du FC Nantes, nous avons souvent croisé Saint-Malo, une équipe qui jouait les premiers rôles, sans pouvoir forcément passer un cap. Quand j’ai entendu parler du challenge dans lequel se lançait le club et en tant que compétiteur et challenger, j’avais envie d’y participer ! Je me suis donc rapproché de Saint-Malo et Saint-Brieuc mais c’est un club prestigieux et il y a une effervescence autour qui m’attirait. J’avais déjà eu l’opportunité d’aller sur place notamment pour m’entraîner avec le groupe, ça s’est très bien passé et le coach a eu un discours qui a su me convaincre. Maxime D’Ornano m’a également rappelé à ce moment, et voulait me prendre sans forcément me voir à l’œuvre car il avait confiance en mes qualités et c’est là qu’il a fallu faire un choix. Le cadre est favorable à la vie au quotidien et Saint-Malo est vraiment une ville que j’apprécie !

Comment jugez-vous le début de saison de l’équipe ?

C’est sûr qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre. On était conscients de la qualité du groupe mais on savait qu’il fallait enchaîner les victoires pour que l’équipe puisse prendre confiance. Il y aura toujours des hauts et des bas sur une saison, mais on apprend à se connaître, en tant qu’homme surtout. En ce moment, on communique beaucoup avec le groupe et le staff pour essayer de trouver un équilibre et amener une continuité sur l’ensemble de la saison. On essaye de créer un groupe, à condition de tous avoir la même vision. Il y a des joueurs qui travaillent à côté, il faut prendre en compte le planning de tout le monde mais on essaye de tendre vers les mêmes ambitions. On ne se le cache pas, ce groupe est capable de faire quelque chose et surtout d’avoir de l’ambition. Je ne sais pas encore ce qu’on fera, mais on veut aller chercher les premières places en construisant un groupe sain et compétitif !

A 28 ans, quels sont les objectifs de David Alcibiade ?

C’est vrai que j’ai beau me poser, me dire que j’aimerais que les choses se passent de cette manière ou d’une autre, mais aujourd’hui je veux vraiment vivre le moment présent. C’est sûr que je veux retrouver le monde professionnel après y avoir goûté, et c’est normal ! J’ai faim de compétition, mais ce qui m’importe pour l’instant, c’est de prendre du plaisir et de retrouver des sensations sur le terrain. J’ai besoin de me rassurer, d’enchaîner des matchs et de trouver une régularité sur une saison. Je suis capable d’évoluer à un plus haut niveau, mais aujourd’hui je me focalise sur les sensations actuelles, qui viennent par cette cohésion de groupe, qu’on a à l’entraînement et sur le terrain chaque weekend, qui prime avant tout !

Crédit photo : US Saint Malo