InterviewN2

Junior Burban (AS Saint-Priest) : « Beaucoup de similitudes dans les projets de jeu de Lorient et de Saint-Priest »

30/10/2020 à 17:45

Prêté par le FC Lorient au début du mois de septembre, Junior Burban (20 ans) a connu une période d'acclimatation express sous ses nouvelles couleurs. Ce qui n'a pas semblé lui poser beaucoup de problème vu son excellent début de saison en championnat avec les Sang & Or (meilleur buteur du club avec 3 buts, 1 étoile Actufoot). Retour avec le joueur sur son parcours et ses ambitions.

Commençons par le commencement, quel est votre parcours de joueur jusqu’à présent ?

J’ai commencé le football à l’âge de 4 ans dans le club de ma ville, à Plescop dans le Morbihan. Je jouais avec mes copains, je m’épanouissais. Plus j’avançais, plus mes parents voyaient mon intérêt pour ce jeu. J’étais suivi par un club plus important, l’AS Vannes Menimur, qui m’avait repéré lors d’un tournoi de foot. J’ai décidé de partir la bas à l’âge de 10 ans, j’y suis resté deux saisons. Tous les gros clubs bretons avaient des vues sur moi à cette époque : Lorient, Brest, Guingamp, Rennes. Mais c’est Lorient qui s’est manifesté de la meilleure manière.

« Je n’ai pas encore eu la chance de m’exprimer avec le groupe pro »

On m’a proposé de disputer un tournoi avec le club quand j’avais 12 ans. Ça s’est super bien passé et j’ai pu intégrer le centre de préformation à 13 ans. J’ai quitté mes parents et mes amis pour partir à là-bas, en internat. J’ai signé mon premier contrat aspirant à 15 ans, puis un contrat stagiaire professionnel à 17 ans pour deux ans. Mais au bout de huit mois, le club m’a finalement proposé un contrat pro. Jusqu’à présent, j’ai toujours évolué avec la réserve, je n’ai pas encore eu la chance de m’exprimer avec le groupe pro.

D’où votre choix de partir en prêt cette saison ?

Voilà, vu le mercato réalisé par le club je sentais que je n’allais pas forcément pouvoir bénéficier de temps de jeu en Ligue 1. Après trois saisons avec la réserve N2, je voulais changer d’air. Plusieurs clubs de National 1 se sont manifestés, parmi lesquels Cholet. Après avoir eu le coach et le directeur sportif au téléphone, j’ai décidé de partir là bas. On m’avait vendu du rêve.

« J’ai senti que le coach me mettait de côté »

Pourquoi n’êtes-vous pas resté à Cholet ?

La préparation s’est très bien passée, j’étais performant. Mais dès le début de la saison, j’ai senti que le coach me mettait de côté. Je n’ai pas compris, j’ai demandé des explications, mais je n’en ai eu aucune. C’est pourquoi j’ai demandé à mes agents de me trouver un autre projet. C’est là qu’est arrivé Saint-Priest. Le premier club à s’être manifesté. Grâce aux bons contacts entre mes agents et le club, j’ai pu échanger avec Lionel Bah (coach) et Patrick Gonzalez (président), qui m’ont fait sentir que je pouvais m’épanouir là bas et avoir du temps de jeu.

Comment s’est passée votre acclimatation à Saint-Priest ?

Tout le monde m’a très bien accueilli. Franchement, je ne pouvais pas rêver mieux. J’ai pu enchaîner les matches. Il y a eu forcément un petit temps d’adaptation mais le projet de jeu demandé par le coach me correspond. Il y a beaucoup de similitudes dans les projets de jeu de Lorient et de Saint-Priest. Je suis satisfait du début de saison que je réalise sous mes nouvelles couleurs.

« Dans ce que le coach veut mettre en place ici, je retrouve le « jeu à la Lorientaise » »

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les similitudes dans les projets de jeu des deux clubs ?

J’aime le jeu. Les projets de jeu de Lorient et de Saint-Priest reposent sur des joueurs techniques, des manieurs de ballons et privilégient un jeu rapide avec une grosse qualité de passe. C’est un peu le tiki-taka. Dans ce que le coach veut mettre en place ici, je retrouve le « jeu à la Lorientaise » qui fait la réputation de mon club formateur : sur les six mètres, on repart de derrière ; puis on crée du mouvement au milieu de terrain pour déstabiliser l’adversaire ; après on touche un côté puis on va voir l’autre. J’aime cette philosophie de jeu.

Quel rôle vous a-t-on confié au sein de ce collectif ?

On me demande d’être un leader d’attaque, de me servir de mon expérience à ce niveau pour guider mes partenaires. Je sais garder les ballons dos au jeu, faire des appels en profondeur. Je suis amené à décrocher aussi pour pouvoir créer du jeu, tout en prenant la profondeur pour provoquer de l’incertitude chez les défenseurs adverses.

« J’aborde cette expérience comme un tremplin »

Comment analysez vous le niveau du groupe et de cette poule de N2 ?

A mon arrivée, j’ai senti que le groupe avait du potentiel. Selon moi, cette poule C est plus relevée que la poule de l’ouest mais il y a quelque chose à faire. Même si nous avons fait beaucoup de matches nuls en ce début de saison, il faut regarder le contenu. On mène 3-1 face à Marignane, on se fait rattraper. Pareil face à Jura Sud et Louhans Cuiseaux. Si on gagne en solidité défensive, je pense qu’on peut accrocher la première moitié de tableau, voire plus.

Quelles sont vos ambitions à titre personnel ?

Réaliser une saison complète, enchaîner les matches et les bonnes performances avec Saint-Priest pour revenir à Lorient l’année prochaine et intégrer l’équipe première. C’est mon objectif. J’aborde cette expérience comme un tremplin.

Propos recueillis par Simon Marachian

Photo : Sulyvan Manfroi - AS Saint-Priest