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Corentin Lozano: « Je me bats pour mes idées »

14/04/2018 à 13:28

Interview de Corentin Lozano (25 ans), un homme passionné et dévoué au football qui a répondu à nos questions pour nous parler de sa vision de ce sport et de son engagement sans détour.

Le football : est-ce un choix par défaut ou une vocation ? 

Une vocation naturelle depuis mes 4 ans. Originaire du Loiret j’ai évolué et grandi dans les clubs de Beaune-la-Rolande depuis mes 10 ans avant de rejoindre l’Entente Nancray Chambon Nibelle jusqu’à mes 16 ans en évoluant uniquement au niveau départemental. Puis, poussé par mes proches, j’ai fait le choix d’aller essayer le niveau supérieur en U17 en faisant des essaies à Saran. Ils ont apprécié mes prestations et m’ont surclassé directement avec les U19 DH. Pour moi qui venais des U15 Niveau 2, ce fût un changement brutal mais inoubliable car j’ai réussi à jouer beaucoup de matchs. La saison suivante je fus capitaine des U19 DHR et à l’issue de la saison, Stéphane Grégoire alors entraineur de l’équipe fanion, m’a invité à effectuer la préparation avec le groupe DH pour finalement me conserver dans le groupe en jouant une vingtaine de matchs. Il a été une personne très importante dans mon parcours de joueurs et d’éducateurs. Durant ces 3 années, j’ai eu la fierté et la chance d’être sélectionné 4 fois en équipe du Centre et de participer à la Coupe UEFA des régions (Défaite en ½ finale contre la région Midi Pyrénées). A la suite de ces 3 saisons, je suis retourné jouer à l’Entente Nancray Chambon Nibelle puis j’ai pris la direction de la SMOC St-Jean-de-Braye en DH, avant d’arriver à Vineuil la saison passée.

A quel moment tu as choisi la voie d’entraineur ?

J’ai toujours voulu travailler et vivre de ma passion du football. J’ai rapidement été orienté vers l’animation et d’éducation dans ma jeunesse. J’ai choisi d’avoir un parcours plus professionnel que scolaire et c’est donc pourquoi dès 17 ans j’ai passé un BP JEPS APT grâce à la mairie de Saran et au club qui m’ont permis de découvrir et m’aguerrir aux côtés d’éducateurs plus chevronnés à l’instar de Sébastien Lory. C’est naturellement ensuite que j’ai passé mon BMF puis mon BEF grâce au club de l’Entente Nancray Chambon Nibelle qui m’a permis d’être employé au club durant 2 saisons et demie.

Cette fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients ?

Être conseiller technique est une vraie fierté pour moi. Lorsque j’ai commencé dans cette fonction, j’ai épaulé les conseillers techniques du Loiret à l’image de Jérôme Monot, Baptiste Ridira, Bertrand Baillou et Marc Mauffroy.  Ils m’ont donné l’envie de faire pareil. Pour moi il y a beaucoup d’avantages de par la chance de m’épanouir dans ma passion et je pense qu’il faut relativiser les quelques inconvénients, car il y’a des métiers bien plus difficiles.

Tu es arrivé au sein du District de Loir-et-Cher dans la peau d’un inconnu ?

Oui, c’est même plus facile. Les gens et les clubs ne me connaissaient pas et ils m’ont découvert au fur et fur à mesure. Il y avait une feuille blanche pour moi dans le Loir-et-Cher. La première année est passée très vite. J’avais un rôle de conseiller technique en charge de la préformation et du foot féminin en soutien de Jérôme Monot. Je n’éprouvais pas de difficultés particulières. Cependant, lorsque tu découvres des nouvelles fonctions et donc des choses inconnues, il y a forcément quelques erreurs et des échecs, mais je pense que c’est la dessus qu’il faut se construire. Les différents collègues m’ont mis très à l’aise et ont facilité mon intégration. Je connaissais déjà les dossiers et j’ai donc très rapidement réussi à m’adapter.

Travailler avec tes coéquipiers est fondamental à tes yeux ?

Je pense sincèrement qu’on est une vraie équipe comme dans un club. Tout le monde se soutient et l’ambiance y est très conviviale. Kevin Mulard et Antoine Evras sont désormais des amis plus que des collègues. Nous partageons la même passion, et avons tous quelques points en commun. Aujourd’hui, le relationnel est primordial dans le monde du travail. J’aurais du mal à m’exercer quotidiennement avec des personnes qui n’auraient pas la même vision que nous. De plus, la majorité des dossiers sont communs à nous trois. Il y a donc beaucoup d’échanges et de partages.

Quel bilan fais-tu depuis ton arrivée ?

Je laisse les clubs et les éducateurs en juger… Je pense qu’il faut rester modeste sur l’impact que l’on peut avoir. Ce sont les clubs et les éducateurs qui ont le rôle le plus important à jouer. Ceux qui ont appris à me connaître savent que je porte des idées et des avis tranchés tout en restant humble et en pensant qu’il n’y a pas de vérité absolue. En dépit de cela, j’essaie de me « battre » pour mettre en place mes idées et mes projets. Certaines seront bonnes et fonctionneront tandis que d’autres échoueront. Je me servirai de celles-ci pour évoluer et progresser. Il n’y a pas de bilan quantitatif à effectuer. J’essaie tout bonnement d’être au plus près des clubs et d’être disponible quand ils ont besoin.

Tu t’es déjà retrouvé dans une situation ingérable ?

Au sein du travail non. Je lis actuellement un livre intitulé « les bienfaits du désordre » qui traite en partie du bienfait de ne pas tout maitriser et contrôler. On observe des compétences chez les personnes capables de s’adapter, de s’organiser et de maitriser des situations ingérables ou de dernière minute.

Comment as-tu acquis cette maturité ?

Je n’ai pas la prétention d’avoir plus de maturité qu’un autre. Je suis juste passionné par mon travail et j’essaie d’être le plus exigeant possible. Je crois qu’il est important d’être en accord avec soi-même et ce que l’on veut être. Il faut travailler sans cesse pour atteindre ses objectifs.

Tu arrives aussi à jouer quelques matchs avec la réserve de Vineuil.  

Ma situation cette année est compliquée. Je m’entraîne trop peu pour être performant et mérité de jouer en première. Nous avons eu une discussion très franche avec Romuald Ardeois et il sait que ma priorité est mon boulot. Concernant l’équipe réserve, c’est une équipe très jeune, très joueuse avec de bons gamins. Daniel, l’entraineur, leur apporte un cadre et une exigence qu’ils se doivent d’avoir s’ils veulent jouer en séniors régionaux. Je suis plutôt un leader naturel qui aime parler et organiser les choses, mais j’estime que mon niveau depuis mon arrivée à Vineuil ne me permet pas d’avoir ce rôle. Il faut être cohérent avec soi-même. Je joue en première comme en réserve à 200% et je resterai sérieux et impliqué dans les matchs jusqu’à la dernière journée.

Ne penses-tu pas que tu as les qualités pour jouer au-dessus ?

Non, et je ne l’ai jamais eu, encore une fois il faut être honnête avec soi-même et s’analyser. J’ai joué jusqu’à 16 ans en départementale, j’avais donc un retard énorme à compléter dans beaucoup de domaines. Le niveau des séniors Régional 1 est certainement pour moi un plafond, car je suis en plus incapable de m’imposer une charge de travail visible (3,4 ou 5 séances pour joueur au-dessus) et une charge de travail invisible (alimentation, sommeil, hydratation, récupération etc…). Je suis content d’avoir joué 5 saisons en Régional 1.

Si tu pouvais te décrire en 3 mots.

Respectueux / Tolérant / Passionné

Quelle est la chose que tu ne peux tolérer ? 

Le racisme sous toutes ses formes, les guerres « religieuses », le manque d’honnêteté, et beaucoup de choses encore…

Un dernier mot pour clôturer ?

Merci à toi de participer à la communication du Football départemental et de mettre en exergue le travail réalisé par nos clubs. C’est l’ensemble des clubs, des éducateurs, des dirigeants, des bénévoles qu’il faut mettre en avant et valoriser. Sans eux, il n’y aurait pas de football !

 

Je reste bien évidemment à la disposition des clubs : clozano@loir-et-cher.fff.fr ou 06 46 43 87 77