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François Jacob: « Je n’ai jamais été malhonnête »

10/07/2017 à 16:43

Rencontre avec le président emblématique du Blois Foot 41, François Jacob.

Entrevue avec le président emblématique du BF41, François Jacob qui a chaleureusement accepté de nous recevoir dans son bureau au sein du club house un dimanche après-midi. Après une semaine chargée, le chef d’entreprise, Mr Jacob occupe ses week-ends dans sa 2e maison afin de préparer la nouvelle saison.

 

Depuis tout petit, vous souhaitiez devenir chef d’entreprise ?

Pas vraiment… l’idée m’est venue à 22 ans. A cet instant, j’ai pris conscience que j’avais les épaules pour faire face à cette responsabilité et je me suis lancé.

Avez-vous connu une enfance enchantée ?

Je ne suis pas à plaindre. Je n’ai jamais manqué d’affection, ni d’éducation. Ayant grandi dans un milieu rural où la terre est basse et rien ne tombe du ciel !

Quelle a été votre plus grande crainte ?     

Je n’ai peur de rien hormis de la maladie ou les accidents. Il faut savoir une chose : Quand on dirige, on ne doit pas être sujet à la peur sinon cela se répercutera sur tes subordonnés.

Vous éprouvez un grand respect à l’encontre de la rigueur. Vos parents ont été déterminants dans votre éducation ?

La rigueur est indispensable si tu souhaites être respecté. Je le dis régulièrement : «  On n’est pas certain de réussir avec de la rigueur mais on est certain d’échouer si on n’en a pas »

Jacky Gourault me disait lors d’une interview, que vous vous êtes construit vous-même. Êtes-vous un adepte des défis ?

Personne ne peut prétendre s’être construit tout seul ! Toute personne a reçu un jour ou l’autre une aide qui a fait la différence. Je réitère : Seul, on ne fait jamais rien. Je suis un adepte des défis et c’est pour cette raison que je m’efforce dans cette voie afin d’être constamment à la hauteur.

Selon vous, un patron qui n’est pas téméraire est voué à l’échec ?

Bien sûr ! Il n y a pas de réussite durable sans faire preuve d’audace dans le travail.

Comment êtes-vous passé de simple trésorier à celui de président ?

J’étais trésorier de la section foot à l’AAJB de 1996 à 1999. Je me suis beaucoup investi pour rassembler les 2 clubs de l’époque (AAJB et le BUS). A ma grande surprise, le conseil d’administration m’a élu président du Blois Foot 41 en 99. On peut dire que je suis le président fondateur.

Regrettez-vous d’avoir fait certains choix ?

Il m’arrive de regretter des décisions mais ce qui pourrait être le plus regrettable, ce n’est pas du tout faire de choix dans la vie. Je n’ai jamais failli et j’ai toujours assumé mes choix y compris les mauvais.

Si vous aviez l’opportunité de revenir en arrière, que changeriez-vous ?

Rien, sauf de ne pas m’être séparé de Nicolas Debord après ses 3 premières années de contrat et l’accession en CFA. Pour le reste, je pense avoir géré sérieusement le club avec mes amis dirigeants.

Quel est votre 11 type depuis votre présidence à aujourd’hui ?

Youssouf Touré-Yohan Benito- Gaëtan Orgebin- Yves Deroff- Pedro Bompastor-Younes Zerdouk-Walid Aichour-Nicolas Debord-Jordan Popineau-Arnaud Poucan-Hermann Mongomba

Quelle est votre réponse à ceux qui pensent que le BF41 n’est pas un club aux valeurs familiales ?

(Il réfléchit longuement) La diversité de la population de notre ville rend le club dit « moins familial ». C’est une grande richesse d’avoir autant d’enfants de différents horizons.

Peut-on alors parler de valeur quand l’argent occupe une place importante ?

Chacun peut interpréter cela comme il le souhaite. Souvent les gens aigris et jaloux emploient ces arguments pour expliquer leur mal-être. L’argent contribue au bonheur s’il est utilisé à bon escient.

Est-il possible qu’un jour vous changiez de rôle au sein du club et vous devenez un président omniprésent ?

Si je n’avais pas d’autre activité, je serais plus investi, c’est vrai. Je suis très satisfait de ma fonction actuelle.

Vous êtes condamné à rester au club ?

Je sais me montrer lucide. Si un nouveau président est nommé pour apporter du sang neuf et faire mieux que moi, je partirais pour le bien de mon club.

Vous êtes un homme de parole selon beaucoup de personnes qui vous ont côtoyés…

(Il me coupe soudainement) On ne devrait même pas parler de cela ! C’est malheureux qu’il y ait des irresponsables qui ne tiennent pas leurs engagements et je ne veux en aucun cas leur ressembler. S’il y a bien une chose que j’abhorre et qui me répugne, c’est d’être insulté de fainéant et de malhonnête. Je n’ai jamais triché !

Vous avez un programme triennal envers les coachs depuis que vous êtes président. Il y a quelque jour, l’entraineur, Patrice Monteilh est parti contre toute attente après 2 années dont un titre de champion de DH, une coupe du Centre et un 32e de finale de coupe de France.

Nous avons longuement discuté avant qu’il prenne cette décision. Il ne pouvait plus continuer pour des raisons qui nous concernent. Je le remercie d’ailleurs d’avoir été aussi impliqué durant son passage chez nous.

Vous devez maintenant trouver un nouvel entraineur…

(Il me coupe) On recherche le clone de Monteilh ! Une personne avec son expérience du haut niveau et très professionnelle. Nous avons reçu de nombreux CV très intéressants. Le BF41 est ambitieux et en aucun prix, nous verrons nos ambitions à la baisse. Jamais je ne pourrais cracher sur ce que j’aimais !

Pourquoi ne pas opter pour la pérennité ?

Je suis plutôt partisan de la pérennité mais parfois les circonstances, à l’image du cas Monteilh, ne permettent pas de faire durer les entraineurs.

Jusqu’à quel moment vous décidez de vous séparer d’un entraineur ?

C’est une décision très difficile à prendre mais la conjoncture ou les perspectives l’imposent. Cette décision est rarement anticipée. C’est une des nombreuses difficultés que rencontrent les présidents.

Pourquoi lorsqu’on tape François Jacob sur le moteur de recherche google, on vous voit souvent faire des remontrances et vous exprimez votre mécontentement à l’encontre des institutions.

Je n’ai rien contre ces institutions bien au contraire. Je suis un fervent défenseur des règles bien établies. En revanche, je peux me montrer très critique à l’égard de certaines personnes qui se servent plutôt qu’ils ne servent la collectivité. C’est plus facile d’utiliser l’argent des autres que le sien. Je suis très attaché à la justice et à l’équité de traitement. Certaines décisions de nos dirigeants me font bondir et comme je suis de nature faconde, je ne manque jamais de m’exprimer ouvertement sans ambages. Cette attitude peut plaire ou ne pas plaire mais je reste quoi qu’il arrive, en phase avec ma conscience.

Quel est ce déclic qui permettrait au club de grandir. La stabilité au sein des effectifs ? Des dirigeants ?

Ah si je le savais ! Une chose est sûre : sans l’argent on ne fait rien ! Pour grandir, il faut se donner les moyens avant tout et le reste se fera tout seul.

Le BF41 est-il destiné à rester au niveau National ?

Je ne peux pas prédire ce qui arrivera au club dans les prochaines années. Ce que je sais, avec nos moyens actuels, nous pouvons seulement envisager de jouer au niveau National 2.

Vous vouez une grande admiration à Bernard Tapis ?

Absolument pas ! Je considère qu’il a fait beaucoup de choses de biens et d’autres, un peu moins.

Ressentez-vous un complexe à l’encontre des clubs de Ligue 2, tels que Châteauroux, Tours FC et Orléans ?

Pas du tout. Orléans et Tours sont 2 grandes villes qui le méritent. Pour Châteauroux, c’est différent mais je ne ressens aucun complexe quand on sait dans quel état on a ramassé le football à Blois en 1999.

Quelles sont vos relations avec les anciens joueurs et entraineurs ?

Pour la plupart, elles sont bonnes pour d’autres, très bonnes à une exception près.

Laquelle ?

Un ancien joueur qui refuse de me serrer la main qui l’a nourri grassement pendant 3 ans !

Le BF41 manque de supporters contrairement aux autres clubs avec des petits budgets mais une ferveur intense. Cette situation vous y pensez ?

Oui, le BF41 manque de supporters mais je ne vois pas énormément de stades pleins à ce niveau de la compétition. Le budget n’a rien à avoir avec cela. Il suffit de constater l’affluence dans les clubs de Ligue 2 ou de National pour se rendre compte que ce n’est pas une mince affaire d’attirer du monde surtout que l’on peut aujourd’hui regarder paisiblement les matchs européens au chaud à la maison.

Quel est votre rôle au sein de la cellule de recrutement ?

Mon rôle est financier. Je donne l’enveloppe au vice-président, au directeur technique et au coach. Il m’arrive parfois de donner mon avis mais celui-ci n’est pas prépondérant car je suis conscient que je n’ai pas les aptitudes de l’entraineur quand il s’agit de faire des choix.

Êtes-vous satisfait du statut du BF41 dont sa réputation de club formateur n’est plus à démontrer. Ne  vous manque-t-il pas la catégorie senior pour enfin avoir le sentiment du devoir accompli ?

Je suis amplement satisfait de notre statut qui est connu et reconnu comme étant le meilleur club amateur formateur de notre Ligue. Nous nous battons bec et ongles pour un jour atteindre le niveau National et mon petit doigt me dit qu’on y arrivera : Peu importe que le chat soit noir ou blanc, tant qu’il attrape des souris. On utilisera tous les moyens pour parvenir à nos fins.

Pourquoi ne pas recruter des joueurs de niveau National pour viser à court terme le haut niveau ?

Je préfère rouler 20 ans en Laguna que de profiter d’une Ferrari pendant 1 an et les 19 autres à pied !

Dans un club au statut amateur qui recrute des joueurs aux salaires plus ou moins confortables, peut-on parler de mercenaires ?

Je ne parlerai pas de mercenaires. Je trouve normal que lorsqu’on exige 4 entrainements par semaine et des week-ends sacrifiés tout au long de l’année, que les joueurs soient indemnisés voire salariés. Il faut arrêter de penser que l’on peut construire une équipe d’un bon niveau uniquement avec des amateurs. Je souhaite ajouter que les joueurs ne sont pas à blâmer. Ce sont les dirigeants dont je fais partie, qui acceptent le principe et cela ne me choque guère.

Si un club dans le département arrive à vous concurrencer, vous le prendrez comment ?

Tous les clubs sont concurrents. Si une ou plusieurs équipes arrivent à faire mieux que nous, je serais heureux. En autodidacte que je suis, je regarderai ce qu’ils feront de mieux pour essayer de m’améliorer.

 

 

                                                                                                                                                     Mohamed Bouaissa, Rédacteur en Chef