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Kevin Renouf: « C’était une décision difficile à prendre »

11/10/2019 à 22:06

Aujourd'hui à la Réunion, Kevin Renouf est épanoui dans son nouveau club. Pour en savoir un peu plus sur sa nouvelle vie, nous l'avons contacté pour une interview exclusive.

Tu es bien installé ?

Bonjour Mohamed. Oui très bien installé depuis maintenant 6 mois sur l’île de la Réunion plus précisément le long des pentes du volcan Le piton de la fournaise dans la magnifique ville de Sainte-Rose. Je suis en charge du sport et de la culture pour la ville. Sur le plan du foot, je suis entraîneur général du club qui a accédé à la R2 cette saison et nous venons d’acquérir notre maintien. Nous avons ouvert une section sportive collège et nous allons développer les partenariats avec les clubs en métropole. Au mois de mars, Orléans doit venir pour une semaine de détection…

Pourquoi avoir eu l’idée de tout quitter ?

C’est un choix du cœur avant d’être un choix professionnel. Ma compagne étant Réunionnaise et de Sainte-Rose, nous savions que l’un d’entre nous devait vivre éloigné de sa famille à l’issue de son Master. Bien que tous les voyants étaient au vert pour que je continue l’aventure à Blois, l’opportunité de pouvoir continuer à transmettre mes valeurs dans le football était vraiment intéressante pour mon apprentissage.

La décision a dû être difficile à prendre ?

Evidemment ! Ca signifiait tout d’abord m’éloigner de ma famille mais aussi de mes amis. C’est une page de 10 années au Blois Foot 41 qui se tourne … Mais dans ma vie tout ce qui m’est arrivé est une succession d’opportunité et celle-ci en était une nouvelle que je ne voulais pas regretter par la suite. Je suis un homme de défi comme partir  à 11.000 km…

Tu n’as connu que le Blois Foot 41?

Non pas du tout, je viens d’un club familial, l’ASJ La Chaussée-St-Victor avec lequel j’ai commencé à entraîner à l’âge de 17 ans. Puis à 23 ans, l’opportunité m’a été donné par Christophe Lopes alors conseiller technique au District 41 de passer mon BEES mais pour un problème administratif, je l’ai passé au BF41 pour y rester finalement 9 ans avec les U9, U13, U16, U17 et Séniors.

Tu as donc tissé des liens là-bas…

J’ai tissé des liens fort pratiquement avec toutes les personnes avec qui j’ai travaillé. La Chaussée-St-Victor, c’est la ville de mon enfance. Je fais allusion notamment à mes coachs mais aussi les gens qui m’ont vu grandir comme Thierry Bourdin, Patrick Boulet, Polo, Jeannot… Je ne peux tous les citer. Tandis qu’à Blois, il y a mes collègues avant de devenir mes amis voir même ma seconde famille. Je pense à l’ensemble des éducateurs qui ont défilé ces 10 dernières années, les dirigeants dont Michel Prenant qui de là haut me dirait « Tu as bien raison d’aller au soleil » il me manque tellement, puis le président Jacob qui a toujours été là pour moi et surtout pour le club.

Quel type d’entraîneur es-tu ?

Mes collègues et mes amis les plus proches me caractérisent comme un éducateur qui s’adapte très bien aux différents publics, avec une faculté à lire les situations de matchs et à réagir très rapidement pour que ses choix pèsent sur l’issue de la rencontre. Je suis un leader et surtout un homme rassembleur.

Penses-tu avoir un fort caractère ?

J’ai énormément mûri mais comme toutes les « grandes gueules », je ne pratique pas la langue de bois et évidemment, ça ne plait pas à tout le monde. Mais au delà de ça, tous les gens qui me côtoient, pourront vous dire que je suis quelqu’un de franc, honnête, intègre et humble.

Tu as parfois mal agi ?

Jamais! En tous les cas, pas volontairement car j’essaie de m’appliquer cette règle qui consiste à ne pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas subir soi-même.

Tu n’as pas de mal à reconnaître tes erreurs ?

Alors c’est certainement ma plus grande fierté. Il fût un temps ça me faisait mal de les reconnaître à tel point où j’avais l’impression de ne pas être à la hauteur. Avec l’âge, je me suis aperçu que l’on se trompe jamais, on apprend.

Tu as gravi des échelons jusqu’à devenir entraîneur des U17 Nationaux. C’était une expérience unique pour toi ?

Déjà je ne connais qu’un seul mot : Le travail. Ensuite, il faut de la chance, provoquer la réussite et surtout savoir où l’on veut aller pour choisir le bon chemin qui mènera au bout. Les rencontres que l’ont y fait en cours de route changent tout. Je ne remercierai jamais assez les gens que j’ai croisés et qui ont fait ce que je suis.

Tu y croyais fortement au maintien…

Le maintien je l’analyserai en 2 points : Le club qui nous a mis dans les meilleures conditions (infrastructures, transport en bus …) et les joueurs, le staff et moi-même : Avec Antoine Evras, Nicolas Ouellette, il y avait une parfaite entente, une vision similaire des choses. Pour nous, le groupe devait toujours être privilégié face à l’individu. J’ai également eu la bonne idée de me rapprocher de Sébastien Lemssen qui avait eu cette catégorie des années auparavant afin de me nourrir de son expérience et ne pas répéter les mêmes erreurs. Nous avons privilégié les Blésois car le sentiment d’appartenance a été notre force majeure pour battre par deux fois le Stade Rennais par exemple.

Si tu fais un bilan de toutes ces années…

Je n’en retire que du positif, bien évidemment on ne peut pas s’entendre avec tout le monde, mais je ne regrette rien et n’en déplaise à certains qui me connaissent mal, je ne changerai plus !

Comment tu occupes ton temps libre?

On va dire que l’île s’occupe de mon temps libre (rire).  C’est magnifique et on la découvre chaque jours un peu plus à pied, en VTT, en quad…

Un mot pour terminer

Je souhaite que tous mes proches restent en bonne santé et bonne continuation à toi