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Xavier Dudoit: « Je devais arrêter ma carrière »

21/02/2017 à 0:13

L'entraineur de Romorantin, Xavier Dudoit nous raconte son long parcours en exclusivité pour Actufoot41

L’entraineur de Romorantin de la CFA, Xavier Dudoit (42 ans) a répondu à nos questions afin de nous raconter longuement son glorieux parcours de joueurs en exclusivité pour Actufoot41

 

Vous faites vos premiers pas avec le club de l’AS Mauzé?

Je n’ai pas commencé à Mauzé mais à Thouars. J’ai fait sport étude à Niort tout en continuant à jouer avec Thouars avant de rallier le centre de formation de Rennes.

Comment avez-vous été repéré par Rennes ? Quelles étaient vos qualités ?

C’est un parcours classique comme cela se fait aujourd’hui à travers des sélections départementales, régionales et nationales. Rennes, c’est une autre dimension avec 2 entrainements par jour et c’est très structuré. A cet instant, j’avais l’avantage de mesurer 1m65 à 10 ans. Je n’ai jamais été doté d’une grande technique mais j’avais beaucoup de volonté et de détermination. Par la suite, j’ai eu cette chance de faire les sélections avec l’équipe de France en U15 alors que je n’étais pas professionnel.

Vous passez combien de temps à Rennes ? Vous êtes laissé libre par la suite. Comment avez-vous vécu ce revers ?

3 belles années et en parallèle je m’exerce avec les U 17 et U 18 de l’équipe de France. Malheureusement, je ne suis pas conservé pour signer un contrat pro. C’était dur… Tu sais lorsqu’on te dit que ta taille est rédhibitoire pour passer pro, tu as du mal à l’entendre.  Néanmoins, il ne faut pas être fataliste car cette expérience m’a amplement enrichi et m’a rendu plus fort

Vous avez été soutenu ?

Oui, heureusement que mes parents étaient là. Ils me suivaient sans cesse et c’est une véritable chance d’avoir tes géniteurs qui te soutiennent dans les bons et les mauvais moments. De plus, j’ai rencontré ma femme à cet instant, je devais avoir 15 ans. Elle m’a permis de me stabiliser et même le directeur du centre de formation me l’avait fait rappeler (rire).

Vous rejoignez la Vitréenne 4 ans au niveau en D3 à National 2.

J’étais en milieu amateur et humainement ça m’a fait du bien car je n’étais pas loin de mes proches. J’avais à peine 18 ans et j’évoluais avec des joueurs plus âgés.

Vous faites une saison pleine à Thouars et vous signez dans la foulée à Lorient en ligue 2.

C’était pour jouer plus haut avec 3 saisons mémorables et au moment où je n’y croyais plus du tout, j’ai été approché par Lorient.

 

source www.reimsvdt.com

Par la cellule de recrutement ?

Non, j’ai directement été contacté par l’entraineur Christian Gourcuff. Contrairement à certains, la taille était un critère qui ne le souciait guère. Je monte en ligue 1 sous ses ordres et il s’en va à Rennes. C’est Angel Marcos qui le remplaça pour 6 mois seulement avant qu’Yvon Pouliquen pose ses valises.

Lors de votre première saison, vous participez à 35 matchs pour 5 buts marqués…

Honnêtement, je ne m’attendais pas à faire autant de matchs. Je jouais au poste de milieu de terrain avec des coéquipiers talentueux comme Jean-Claude Darcheville, Ulrich Le Pen, Seydou Keita etc… Jamais je n’aurais imaginé ça une seule fois. Que du bonheur !

En Ligue 1, vous ne jouez pas trop.

Oui, j’ai fait des apparitions faméliques tout en étant souvent dans le groupe. Il faut noter qu’il y a un contraste de niveau entre la ligue 1 et la ligue 2. En outre, le changement d’entraineur ne m’a pas facilité la tâche. Je suis persuadé si Gourcuff était resté, j’aurais fait plus de matchs.

Angel Marcos et Yvon Pouliquen avaient des critères spécifiques ?

Il fallait mesurer minimum 1m80…Pouliquen me faisait jouer au poste de latéral droit et c’est compliqué de changer de poste à ce niveau.

 

Source www.reimsvdt.com 

Il y avait une polémique sur la formation à Auxerre qui privilégiait  les joueurs physiques à la place des joueurs techniques. Que pensez-vous cette façon de sélectionner?

On surfe sur les modes. Pendant un temps, on était sur le modèle allemand qui se focalisait sur les grands et costauds. Aujourd’hui, le modèle du Barça est l’exemple même du changement avec des petits joueurs aux qualités techniques indéniables.

Vous disputez 2 finales en 2002.

Oui, la coupe de la Ligue face à Bordeaux et on perd 3-0 avec un doublé notamment de Pauleta mais on remporte la coupe de France contre Bastia 1-0. En dépit de cette consécration, j’ai été très déçu de ne pas l’avoir disputé alors que j’étais titulaire à toutes les rencontres et lors de la finale, je ne suis pas pris. Je ne l’ai pas digéré (long silence). Nous étions en tribune avec 5 ou 6 joueurs qui avaient joué le tour précédent.

Nous vous voyons sur une photo face à Ronaldinho au PSG. Comment avez-vous jugé son rendement lors de ce match ?

Exact ! C’était en demi-finale au Parc des Princes et j’étais titulaire. C’était sa première année, il était phénoménal mais il a explosé en 2e année.

Vous faites un beau match avec une équipe bis.

C’est lors de cette rencontre, l’expression de l’équipe des coiffeurs est née car nous étions que des remplaçants à avoir battu le PSG (1-0).

 

Source www.reimsvdt.com

 

Alors que vous êtes en ligue 2, vous jouez au match aller contre un club turc Denizlispor en coupe d’UEFA. Elle était comment l’ambiance ?

C’était extraordinaire ! Une vraie ambiance et avant de rentrer dans le stade, on se fait malheureusement caillasser le bus. Je rentre en cours de match mais on perd 3-1.

Quels joueurs t’ont le plus impressionné à Lorient ?

J’étais surtout marqué par 3 joueurs : Pascal Feindouno, Seydou Keita, prêté par l’OM et Jean-Claude Darcheville avec ses cuisses énormes (rire)

Vous partez 6 mois à Reims.

Je voulais me faire prêter mais c’était un mauvais choix dans un contexte tendu et très particulier avec des altercations toutes les semaines entre joueurs. On était avant-dernier de Ligue 2.  Ce n’était pas bonne expérience au niveau sportif et humain.

Vous êtes ensuite au chômage. C’est compliqué…

Oui durant 6 mois mais heureusement, j’ai ma femme à mes côtés. A ce moment, ton épouse est un soutien indéfectible. J’ai beaucoup de respect à son égard car sans elle, je n’aurais pas pu passer cette période difficile. J’ai même failli arrêter ma carrière…

 

Source www.reimsvdt.com

Puis Romorantin arriva…

Le club est bien classé en National et il joue la montée en ligue 2 mais c’est Dijon qui est passé devant lors de la saison 2003/2004. Je dis à ma femme que l’on restera seulement 4 mois. 13 ans plus tard, je suis encore là (il éclate de rire). Je n’ai pas mis du temps à m’acclimater.

Vous avez vu nombreux entraineurs passer au club…

Quand j’ai débarqué c’était Vincent Dufour puis Joël Beaujouan, Ludovic Lidon, Jean-Marc Pilorget et enfin Jean Acédo en CFA pendant 2 ans.

Vous continuez pendant un certain temps…

J’annonce à mes dirigeants que j’arrête du haut de mes 35 ans. J’avais passé mon DEF pour préparer mon avenir et Lorient souhaitait que je prenne les rênes des U 17 Nationaux. En parallèle, Jean Acédo n’est pas reconduit et les dirigeants du SOR me proposent de prendre le relais c’est-à-dire le groupe CFA. Je connaissais tous les joueurs  Philippe Durpes, Michael Villatte, Romuald Ardeois, Fred Baudouin… Je n’ai pas mis du temps à me décider et j’ai signé dans la foulée.

En 2006/2007, vous marquez le penalty qui permet au SOR de mener au score face à votre ancien club Rennes au stade de la Route de Lorient (3-1 ap). Le penalty de la rancune ?

Il y a jamais eu de rancune en tout cas pas à cet instant mais je me rappelle avec Lorient quand on s’est déplacé à Rennes, j’ai souri un moment pour chambrer certains joueurs, sans méchanceté. C’était un petit clin d’œil car on m’avait dit que je ne serais jamais professionnel. Par contre, j’en veux à Yvon Pouliquen pour cette finale de coupe de France car je devais la faire…

Votre relation avec le directeur sportif Julien Converso est étroite.

C’est vrai on ressent les mêmes choses et on a beaucoup de points en commun. Je lui fais entièrement confiance notamment dans le domaine des recrues.

 

Vous êtes satisfait de votre effectif ?

Oui, même si on peut faire mieux.

Vous avez eu un parcours honorifique grâce à votre abnégation et votre travail. Quels sont les conseils que vous prodiguez à votre fils qui évolue à Châteauroux?

On parle souvent tactique mais pour le reste je laisse à l’écoute de ses entraineurs. Je dois aller à la séance et tu es le bienvenu pour la prochaine rencontre (rire).

 

Xavier Dudoit

42 ans

Ancien poste : Milieu de terrain

Parcours joueur : Thouars-Mauzé- Rennes- Vitré-Thouars- Lorient- Reims-Romorantin

Parcours entraineur : Romorantin

Ses hobbies : J’aime chasser et la nature