Interview

Hervé Revelli : « Pour nous, les anciens de l’ASSE, c’est difficile et pénible de voir ça »

07/04/2021 à 9:39

Dans le long entretien qu'il nous a accordé ce dimanche, le légendaire attaquant stéphanois est revenu sur la situation actuelle à l'AS Saint-Etienne et a évoqué ses souvenirs dans le club aux dix titres de champions de France. Morceaux choisis.

Quels entraîneurs vous ont le plus marqué ?

J’ai eu trois très grands entraîneurs dans ma carrière : Jean Snella, Albert Batteux et Robert Herbin. Au début, Snella m’a dit “joue comme tu sais, joue simple”. Il m’avait dit une chose qui m’avait surpris : “Tu verras par la suite, le plus dur c’est d’être simple”. Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Mais à l’arrivée, quand je remisais, pour tout le monde c’était simple mais pour moi c’était difficile. C’est ce qu’il voulait me dire. Avant de recevoir le ballon, je savais à qui j’allais le donner. Ca c’était difficile à faire. C’était simple mais il fallait des heures d’entraînement pour le faire. Quand je ne pouvais pas le faire seul, je le faisais pour les autres.

Aujourd’hui, comment vivez-vous la période difficile que traverse l’AS Saint-Etienne ?

Bien sûr qu’elle est difficile. Il y a eu des ratés, il y a eu des recrutements peut-être mal faits… Je lis les journaux, je les vois jouer. Des fois, ils font des très bons matchs, puis après dans un match facile ils passent à côté. Pour nous, les anciens de l’ASSE, c’est difficile et pénible de voir ça. J’ai porté le maillot 17 ans. Je pourrais critiquer, j’en aurais le droit mais je ne le fais pas. Ils sont à la peine à l’heure actuelle, ils sont mal classés. Je pense qu’il ne faut pas tirer sur l’ambulance tout simplement.

Êtes-vous inquiets pour les Verts cette saison (16ème de Ligue 1 à huit journées de la fin) ?

Honnêtement, je pense qu’on va s’en tirer. Il faut arrêter de faire des erreurs. Dans tous les clubs, on dit souvent que c’est les amis. Moi, je parle de compétences premièrement. Dans le club de Saint-Etienne, c’est la compétence qu’il manque peut-être, à certains niveaux en tout cas. Au niveau de l’entraîneur, Claude Puel est à la hauteur, il n’y a pas de problème. Dans tous les clubs que j’ai fait, l’AS Saint-Etienne, l’OGC Nice, on était bien entourés. Comme dans tous les grands clubs. Je regarde Paris, Lyon, je n’ai pas honte. Ce sont des clubs avec des gens compétents avec un niveau élevé des compétences pour certains postes. L’amitié, les connaissances, ils ne connaissent pas.

Ce n’est pas possible de se retrouver dans les trois derniers. On sera peut-être pas loin de ces places là mais on n’y sera pas

Pour en revenir à l’ASSE, je ne suis pas inquiet. Je connais les joueurs, je connais les objectifs car je regarde pratiquement tous les matchs. Ce n’est pas possible de se retrouver dans les trois derniers. On sera peut-être pas loin de ces places là mais on n’y sera pas. Je sens que le président a envie de sauver cette équipe là, il va tout faire pour. On compte sur lui. C’est un amoureux de Saint-Etienne. Le mot que j’ai dit à Roland Romeyer (président de l’ASSE), c’est qu’il faut qu’ils s’accrochent.

Votre record de buts avec l’ASSE tient encore (212). Est-ce une fierté d’être toujours associé à cette statistique ?

Je crois que j’en ai pour un moment (sourires) même si ce n’est pas rigolo. Il a fallu le record de précocité de Mbappé pour qu’on parle de moi (100 buts inscrits en Ligue 1 à 22 ans, 3 mois, 1 jour contre 23 ans et 5 mois pour Hervé Revelli). Je n’ai plus qu’à attendre le 200eme pour refaire parler de moi. Ce n’est pas une fierté mais je suis content parce que tout le monde m’en parle encore.

Si vous deviez retenir un seul but de votre carrière, lequel garderiez-vous ?

Les beaux, les moins beaux… Un but c’est toujours fantastique ! Il y en a qui les retiennent facilement car ils n’en marquent pas beaucoup. Il y en a un qui me revient assez souvent. C’est ici, à Geoffroy-Guichard, dans le derby contre Lyon (1 novembre 1974, ndlr) où j’ai joué avec le bras plâtré à la résine. Dix jours avant contre Nice, on m’avait cassé le bras mais je voulais absolument disputer celui-ci contre Lyon. C’est moi qui marque l’unique but de la partie tête plongeante à quarante centimètres du sol. C’est un but qui était important et je m’en rappelle pour ça.

L’interview complète d’Hervé Revelli

☟ CONTINUEZ VOTRE LECTURE ☟