Interview

Jeanne Guillou (Etoile Mouzillonnaise) : « Nous avons une cohésion incroyable ! »

12/08/2020 à 17:10

La numéro 5 de l'Etoile Mouzillonnaise, Jeanne Guillou, à répondu aux questions d'Actufoot. Elle nous parle de son parcours, évoque son club actuel et donne son ressenti sur la médiatisation nouvelle du football féminin !

Bonjour Jeanne, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Jeanne Guillou, j’ai 24 ans (je suis née en 1995). Originaire de Montbert, je vie aujourd’hui à Corcoué-Sur-Logne depuis un an. Je suis animatrice à Montbert auprès des enfants de 3 à 12 ans, dans l’école et durant les vacances scolaire. Côté football, j’ai commencé en 2001. Mon poste sur le terrain est en défense central, je suis numéro 5.  J’ai chaussé les crampons à l’âge de 5 ans et demi à l’ASE MONTBERT (aujourd’hui ASSL) où j’ai joué avec les garçons jusqu’en 2010. J’ai un frère jumeau et j’avais tout simplement envie de faire un sport avec lui comme nous étions très fusionnels.

Avez-vous rencontré des difficultés durant ces premières années ?

Je n’ai pas d’autre passion, je voulais juste jouer au football. Et c’est toujours le cas, à ce jour, je ne me vois pas faire un autre sport. Depuis que j’ai commencé, j’ai pu voir l’évolution des mentalités et les jugements sur « les filles qui font du foot ». Très jeune, j’entendais quasiment tous les weekend :  » Oh il y a une fille dans l’équipe ça va être facile ! « . Je n’avais, comme réponse, qu’à leur prouver le contraire. Aujourd’hui le foot n’est plus  » un sport de mec  » et je suis persuadée que cela va continuer d’évoluer dans le bon sens !

Niveau club, vous prenez ensuite une autre direction ?

Oui, durant ses années, j’étais la seule féminine du club et je jouais avec l’équipe B. Physiquement, la différence avec les garçons s’est vue vers l’âge de 14 ans. J’ai décidé de changer de club et d’aller dans une équipe féminine, au FC Logne et Boulogne. Depuis que j’avais commencé le football je voyais de plus en plus de filles sur les terrains, parfois même nous partagions notre vestiaire avec les filles de l’équipe adverse. Il est vrai que souvent nous n’avions que les vestiaires dédiés aux arbitres. Je me suis même vue me changer dans les voitures ou dans des locaux de rangement, car il n’y avait rien de prévu pour la mixité. Au FC Logne, j’ai commencé avec les cadettes, jusqu’en équipe senior. Nous avions une super équipe. De la dernière division de district 44 nous avions réussi à accéder au niveau régional !

Vous faîtes ensuite le choix de quitter le 44… ?

En 2013, tout à fait. J’ai voulu rejoindre un club qui, pour moi était sportivement plus sérieux et avec un niveau plus élevé : Saint-Georges de Montaigu (Vendée). Malheureusement, je me suis gravement blessée à la cheville, ainsi la saison n’a durée que quelques mois. J’ai finalement rejoint le club de l’Etoile Mouzillonnaise en 2015, à l’âge de 19 ans. Le club compte énormément de licenciées, de tout âge. Lorsque j’ai commencé, il n’y avait qu’une seule équipe de senior, nous étions à ce moment la en DSD, aujourd’hui appelé D1, le plus haut niveau du district. Actuellement, les effectifs sont bien plus élevés et nous sommes désormais deux équipes seniors. L’une en Régional 2 (où je joue actuellement), et l’autre en 3e division du district 44. En parallèle, durant ces années, j’ai eu l’opportunité de faire des détection au niveau du département à Saint Sébastien sur Loire. Le but étant d’intégrer l’équipe départementale pour faire quelques rencontres ou des tournois. Par la suite, je suis entrée en école de Sport-Etudes à la Colinière (Nantes). Je pensais que j’allais adoré, finalement je trouvais que c’était trop de pression. J’ai donc décidé de quitter la section et retourner dans un collège classique.

Qu’est ce qui vous anime particulièrement dans le football ?

Ce que j’attends du football est tout d’abord de prendre du plaisir sur le terrain et en dehors ! Avec des coéquipières qui sont devenus des amies. Nous avons une cohésion incroyable à Mouzillon, c’est ce qui faudrait dans chaque club. La solidarité et l’entraide sont toujours présentes, nous ne cessons de nous améliorer au fil des années. Dès que mon emploi du temps me le permet, je m’entraîne deux fois par semaine. Deux entraînements hebdomadaires auxquels s’ajoutent les matchs du weekend, aujourd’hui encore j’attends ces jours avec impatience… Autant dire que le confinement a été mon pire ennemi face à cela ! Le football est un sport d’équipe et je ne me vois pas être seule pour fêter une victoire, ou seule lors d’une défaite. Il y a un soutien permanent entre nous, on gagne ensemble et on perd ensemble. Le football c’est de la technique mais aussi énormément de tactiques, qu’il faut savoir adapter. Ce qui me motive c’est de voir les autres se battre et tout donner pour l’équipe. Les supporters sont de plus en plus nombreux autour des terrains et nous encouragent, nous suivent durant l’année. C’est vraiment une excellente ambiance.

 

Comment percevez-vous la médiatisation du football féminin ?

En ce qui concerne la médiatisation, je pense qu’il pourrait y avoir davantage de retransmissions. Depuis la Coupe du Monde, il y a eu un engouement pour ce sport. Celui-ci est, pour moi, différent du football masculin (pas les mêmes capacités physiques, pas les mêmes mentalités sur les terrains). Mais on voit beaucoup plus les joueuses de l’équipe de France à la télé, par exemple sur Téléfoot ou même devenir commentatrices. Elles aident à la médiatisation et la popularisation du football féminin, c’est bien. Même si j’avoue que je préfère aller au stade pour regarder un match, plutôt que de le voir à la télé (sourires).
Crédit photo : Jeanne Guillou