Interview

Jonathan Sire : « Avec la préparation mentale, on est dans l’accompagnement humain »

29/06/2017 à 15:00

Titulaire d'un master en préparation psychologique et coaching, Jonathan Sire (25 ans) exerce dans la région nantaise auprès de sportifs et notamment de footballeurs. Il se confie sur sa profession et parle d'un domaine de plus en plus présent dans le sport.

Pourquoi vous êtes-vous dirigé vers la préparation mentale ?

« J’ai toujours été attiré par le milieu du sport. J’ai commencé par le foot. Au fur et à mesure de mon parcours scolaire, j’ai découvert d’autres sports (athlétisme, handball, triathlon, karting en loisir). Je voulais un métier dans lequel j’allais me sentir utile, avoir un lien humain et dans lequel j’allais m’épanouir. Avec la préparation mentale, on est dans l’accompagnement humain. D’une séance à l’autre, même avec le même individu, ce n’est jamais pareil car il va vivre des nouvelles émotions, être amené à faire de nouveaux choix dans sa carrière. »

Comment se matérialisent les demandes ?

« Les thématiques arrivent au fur et à mesure des échanges. Certains sportifs ont déjà identifié un besoin. Par exemple, un joueur est blessé. On va travailler sur l’acceptation de la blessure. Trouver des ressources et des éléments qu’il ne peut pas travailler quand il est en pleine activité. Faire un travail pour qu’il revienne plus fort, aussi plus vite sans faire n’importe quoi. Ça veut dire que plus vite il va accepter la blessure, plus vite il va pouvoir travailler. Plus vite il va être dans une démarche constructive, l’apport de la kinésithérapie, des soins vont lui être favorables. Un gain de temps est possible. C’est difficile à évaluer car c’est propre à chacun. Ça dépend de l’hygiène de vie, du rythme de sommeil, des soins… D’autres besoins ? Comment vivre le fait d’être remplaçant, gérer une période où les performances sont moins bonnes, gérer l’enjeu, le doute qui peut s’installer, et puis ça peut-être aussi un temps d’échange pour que le sportif puisse s’exprimer tout simplement… Je ne suis pas décisionnaire, je suis là pour accompagner. »

Ce sont des sportifs en difficulté qui font appel à vous ?

« Pas seulement. C’est une erreur de penser cela. Ce n’est pas parce que tout se passe bien qu’il n’y a rien à travailler. Il y a cette notion d’anticipation, de construction. Le sportif de haut niveau cherche la régularité. Le travail n’est pas le même. Je vais peut-être moins voir le sportif mais il faut rester acteur. »

Jouez-vous un rôle de psychologue ?

« Non, tout ce qui va être névrose, addiction, trauma ça concerne le psychologue. Tout ce qui peut être relationnel (relation entraîneur entraîné, prise de tête avec un coéquipier), on peut y mettre des mots dessus et trouver des solutions. Mais mon rôle n’est pas de m’occuper des problèmes personnels mais si le sportif se confie je suis là pour l’aiguiller et l’orienter vers le professionnel qui sera le plus compétent. Je suis sur l’optimisation de la performance et le développement du bien-être. Si ce n’est pas lié au sport, à la notion de performance et d’entraînement, ce n’est pas mon domaine de compétence. »

La préparation mentale, c’est un domaine à la mode…

« La non protection du titre de préparateur mental n’amène pas de clarté. Je fais partie de l’association A4PC (Association des professionnels de la préparation psychologique à la performance et du coaching). On a cette vocation de vouloir grandir et avoir un même discours sur ce qu’est le métier car on retrouve des personnes qui font tout et n’importe quoi. Des personnes formées par deux modules, des formations privées en quelques jours… Quand on n’est pas professionnel, on peut faire de gros dégâts sur la vie d’un athlète. C’est important d’être formé, bienveillant et d’avoir un cadre identifié. »

Propos recueillis par Charles-Henri Chailloleau

Le site de Jonathan Sire

Crédit photo : Objectiph' photo