National 326e journée

Loïc Guillon a mis un point final à l’ultime chapitre de sa carrière

22/05/2018 à 19:08

L'ex-pro a mis un terme à sa carrière, samedi soir. Un parcours fait de hauts et de bas, de joies et d'inquiétudes, débuté à l'US Peyrat-de-Bellac, illuminé par onze années au FC Nantes et conclu sous les couleurs de l'USSA Vertou en National 3. Avec fierté.

Soixante-dixième minute, samedi, au stade des Echalonnières à Vertou, en National 3. Alban Atonatty, le coach vertavien, procède à son troisième et dernier remplacement. Sortie du numéro 4… Loïc Guillon. Sous les applaudissements, le capitaine quitte la pelouse. Sous les yeux de sa famille aussi. A 36 ans, l’heure est venue pour lui de « tourner la page ». Ou plutôt de « fermer un livre ». Clap de fin. Ultime rendez-vous d’une carrière débutée à l’US Peyrat-de-Bellac, dans la Haute-Vienne, où il a été repéré par le FC Nantes.

« Je me souviens de mon premier jour à la Jonelière. C’était le 2 août 1998. J’avais 16 ans. C’est comme si c’était hier. Je quittais ma campagne. J’étais habitué à rentrer tous les midis et tous les soirs chez mes parents. Là, j’allais les revoir tous les mois ou tous les mois et demi. Il y a eu des larmes. Il fallait s’acclimater au rythme, à ma nouvelle vie », se remémore le natif de Limoges. Le jeune défenseur découvre le centre de formation d’un club mythique. « Le FC Nantes m’avait contacté et je n’avais pas hésité une seule seconde. C’est Guy Hillion qui m’avait recruté. Le premier joueur que j’ai croisé en arrivant ? Hassan Ahamada (qu’il retrouvera en 2011 à Carquefou) », précise celui qui tissera une amitié avec Sébastien Pauvert et Grégory Pujol.

Le 2 août 2003, Loïc Guillon est lancé en Ligue 1 par Loïc Amisse. A Sochaux. « J’avais pu faire une vingtaine de matches en tant que titulaire. Je n’ai joué qu’une saison avec lui mais j’ai énormément appris avec Mario Yepes à mes côtés. C’était une première année hyper riche avec une finale de coupe de la Ligue au Stade de France perdue contre Sochaux et une demi-finale de coupe de France perdue à la Beaujoire contre le PSG. C’était top pour moi. » Le gaucher est de la partie le soir du fameux 28 mai 2005 lorsque Nantes bat Metz et se maintient en L1. « Un moment magique. » Nommé capitaine après le départ de Mickaël Landreau en 2006 – « une très grande fierté » – il vit ensuite des saisons noires (relégation en L2 en 2007 et 2009). Il subit également une blessure à la cuisse l’éloignant des terrains. « Pour retrouver une place de titulaire, c’était compliqué. Gilles Favard m’avait fait comprendre qu’on ne me faisait plus confiance », rappelle Loïc Guillon.

« J’ai repris goût au football à Carquefou »

Courtisé par le Vannes OC, alors en Ligue 2, il signe un contrat de trois ans en 2009. « Le club sortait d’une finale de coupe de la Ligue contre Bordeaux. Je voulais revenir dans un collectif pour espérer retoucher à la L1. La première année s’est bien passée. La deuxième a été catastrophique. J’ai eu deux blessures. Je n’ai joué que sept matches. Le club est descendu en National. J’avais de gros doutes. Je ne savais pas si mon corps allait me permettre de continuer à jouer au foot. » L’arrière central participe aux stages UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) « pour refaire une préparation. Malgré 120 matches en Ligue 1, on s’aperçoit qu’on est vite oublié. Je ne demandais pas à être titulaire mais juste à pouvoir faire partie d’un groupe ». Finalement, c’est l’USJA Carquefou qui s’intéresse à lui. « Je suis arrivé en CFA. Ça m’a permis de reprendre plaisir, de retrouver les victoires. J’ai repris goût au football à Carquefou. On est monté en National (2012). Je pouvais avoir un contrat, c’était important. »

Malheureusement, le club retire son équipe fanion du championnat de National à l’issue de la deuxième saison (2014). L’ancien Canari accepte un nouveau challenge. Direction Angers SCO. « J’étais venu pour être troisième voire quatrième défenseur central dans le groupe. J’ai joué quinze matches en titulaire. Le club est monté en Ligue 1 à la fin de la saison. C’était vraiment fort. » Néanmoins, les dirigeants du SCO ne le conservent pas. « C’était une décision prise en raison de mon âge (33 ans) et il y avait beaucoup de contrats. J’ai totalement compris mais j’étais évidemment déçu. » Une nouvelle opportunité s’offre à lui. Il s’engage au Vendée Luçon Football (National)… qui dépose le bilan un an plus tard. La poisse. Encore. « Dans les moments difficiles, deux personnes m’ont beaucoup aidé en plus de ma famille. Le docteur Bryand et Philippe Chantebel (masseur-kinésithérapeute) m’ont toujours soutenu », n’oublie pas le papa d’un petit garçon – licencié à Orvault RC – et d’une petite fille.

Pas décidé (encore) à ranger les crampons, Loïc Guillon rebondit à l’USSA Vertou à l’été 2016 pour un dernier défi. Et mettre un point final à sa carrière deux saisons plus tard, au soir du 19 mai 2018 et d’une victoire face à l’AS Mulsanne Téloché (3-1). « J’avais envie de basculer au niveau amateur. A Vertou, je connaissais Gaël Barreau (ex-Carquefou) et Thomas Delanoë (ex-Carquefou, Luçon). Mes deux années à Vertou n’ont été que du plaisir. Le rythme était moins élevé et j’ai pu en profiter pour faire une formation d’attaché commercial. Le football, il faut que ça s’arrête. Je suis fier de ce que j’ai pu faire. Je n’ai pas de regret. J’aurais pu faire mieux et moins bien aussi. Je repars de zéro. J’ai du plaisir à aller tous les matins au travail. Il est tant de tourner la page et profiter de la famille », confie le jeune retraité des pelouses aux 119 matches en L1 (2 buts) et 69 matches en L2 (1 but).

Charles-Henri Chailloleau

Loïc Guillon
Né le 11 janvier 1982 à Limoges
Poste : défenseur central
Carrière : FC Nantes (1998-2009), Vannes OC (2009-2011), USJA Carquefou (2011-2014), Angers SCO (2014-2015), Vendée Luçon Football (2015-2016), USSA Vertou (2016-2018)

Crédit photo : archives C.-H.C. (Actufoot44) et USSA Vertou