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Malgré la Covid, Alexandre Horveno (ex-SNAF) continue de vivre son rêve américain

19/11/2020 à 12:19

Exilé aux Etats-Unis depuis plusieurs années, Alexandre Horveno partage sa vie entre le football universitaire et ses études. Passé par Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, il décrit l'atmosphère actuelle de l'autre côté du continent, dans un contexte sanitaire et politique compliqué, mais concrétise également ses projets !

Alexandre, pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai déjà beaucoup voyagé à 25 ans ! En 2010 – 2011, j’ai effectué une saison Stade Nazairien (SNAF) en U17 Nationaux avant de passer quatre saisons jusqu’en 2015 au centre de formation du Stade Brestois en U19 et en CFA2. En 2015, je voulais revenir plus proche de ma famille et j’ai porté à nouveau les couleurs du SNAF pendant une saison en DH, j’en garde de bons souvenirs ! On a fait un beau parcours en Coupe de France et nous avions un bon groupe. Ce fut une belle saison dans l’ensemble ! Avant de rejoindre le continent américain, je suis également passé par la Gironde et le Stade Bordelais en 2016-2017 ! J’ai ensuite posé mes valises dans l’Ohio en août 2017 jusqu’à janvier 2019, pour évoluer sous les couleurs de l’Ohio Valley University en NCAA Division II. J’y suis revenu en mai 2019 dans le Tennessee pour une durée de trois mois où j’ai évolué au Tri Cities en USL 2 (plus haut niveau semi pro aux USA avant de rejoindre la Floride depuis mi-août 2019 où je joue pour Lynn University en NCAA Divison II !

Comment décrire votre adaptation ?

Au départ, ça a été assez difficile avec la barrière de la langue mais j’étais entouré de français donc ça s’est plutôt bien passé. Une fois fois cette étape franchie, ça a été beaucoup plus simple au niveau de mon quotidien, d’autant plus que sur le terrain, ça s’est de suite bien passé ! J’ai rejoint une bonne équipe et lors de ma première année, nous avons remporté la saison régulière et le tournoi de notre conférence. On a ensuite participé au tournoi national où on s’est fait éliminé en 8emes de finale après prolongations. Ma seconde saison s’est également bien déroulée avec une troisième marche sur le podium de la saison régulière et une finale de conférence perdue. L’équipe s’est malgré tout qualifiée pour le tournoi national où l’on remporte la phase régionale avant de se faire éliminer en quart de finale, aux portes du « Final Four » ! L’année dernière, on fait le doublé en championnat avant de participer au carré final et d’être éliminés en demi-finale…

« Une fois qu’un des joueurs est positif, tout le monde doit se faire tester ! »

Et depuis ?

Nous avons repris les cours fin août mais la reprise officielle des entraînements s’est déroulée seulement fin septembre. Nous avions trois groupes de 9/10 joueurs pour les deux premières semaines avec seulement deux entraînements par semaine. Ensuite, nous avons commencé à nous mélanger avec des jeux réduits (possession, 5 contre 5) lors de trois séances hebdomadaires. Pour la seconde partie, nous devrions commencé les entraînements mi-janvier et avoir un championnat de conférence avec des play-offs. Ce tournoi devrait se dérouler de début février à fin mars mais rien d’officiel pour le moment… pour ma part, je rentre en France pour une durée de deux mois avant de repartir vers les Etats-Unis.

Un contexte sanitaire qui complique forcément la pratique sportive ?

Oui, la saison a été annulée donc je vais jouer ma dernière saison l’année prochaine et je vais pouvoir obtenir mon MBA. On a pas spécialement de tests pour le COVID mais une fois qu’un des joueurs est positif, tout le monde doit se faire tester ! Pour le reste, rien n’a vraiment changé ici, les gens vivent leurs vies. Les bars, restaurants sont ouverts. Ici en Floride, beaucoup de monde se déplace à la plage et tout. J’étais à Miami hier et il n’y a vraiment rien qui a a changé !

« C’est plus dur de signer que pour un américain »

Pouvez-vous comparer le football universitaire avec celui qu’on voit en Europe et notamment en amateur ?

C’est totalement différent car déjà c’est un niveau universitaire Ensuite ils ont leurs propres règles. Les joueurs ne peuvent pas jouer plus de quatre saisons, il y a aussi des règles en fonction des années d’étude. Il y aussi des règles pour les transferts où les joueurs doivent d’abord obtenir l’autorisation de transférer avant de pouvoir parler avec d’autres universités et coaches.

Y a t’il des passerelles pour devenir footballeur professionnel aux Etats-Unis ?

Il y a toujours la possibilité de signer pro. Y a la draft, ça c’est plus pour les joueurs en première division ou les plus jeunes. Sinon, il y a la possibilité de jouer en seconde division, USL Championship. Les salaires ne sont pas très élevés mais il y a même possibilité d’évoluer en troisième division. En tant que joueur international, ils ont des quotas. C’est plus dur de signer que pour un américain. Ces règles la n’aident pas non plus à devenir professionnel aux Etats-Unis.

Le football universitaire, très développé, n’est donc pas géré par le gouvernement ?

Étant étudiant en même temps, je bénéficie d’une bourse sportive qui prend en charge mes frais. Je vais obtenir un diplôme en Commerce International en mai 2021. La ferveur universitaire, c’est différent d’en France. Il y a pas mal d’ambiance et les gens supportent autant les universités que les équipes professionnelles du pays. J’aimerais bien y rester mais ce n’est pas forcément évident en tant que joueur international, même si certains se font drafter et il y a pas mal de français qui viennent tenter leur chance ici. Ça dépendra des opportunités qui s’offrent à moi l’année prochaine ! Pour ce qui est de sa gestion, je ne pense pas que ça soit le gouvernement qui gère ça. C’est plutôt la NCAA (la fédération universitaire) et ils essaient de s’adapter. Ils ont annulé la plupart des championnats nationaux mais certaines conférences jouent.

Vivre normalement mais avec des compétitions universitaires annulées… c’est un paradoxe, non ?

C’est très difficile de comparer la France et les Etats Unis. En France, le gouvernement et la politique veulent la santé des citoyens donc ils essayent de mettre en place des choses (confinement, couvre-feux) quitte à fermer les bars, hôtels, restaurants. Aux Etats-Unis, ils prennent plus le côté business et économique et le mettent en avant alors qu’en France, ils vont tenter de sécuriser la population au maximum. Concernant le sport, c’est effectivement un paradoxe car ils nous privent de cette activité certes tout en ayant plus de temps libre… on peut sortir, faire autre chose et potentiellement plus de risques d’avoir le COVID. 

Les élections présidentielles, ça change quelque chose pour vous ?

Pour le moment, rien car il n’est pas en poste. Après, il va sûrement changer certaines choses mais ça ne va pas être une révolution. Beaucoup de gens voulaient quelque chose de nouveau. En plus, l’image que Trump dégageait à l’étranger n’était pas bonne et donc ne donnait pas une bonne image des USA. Ca ne change rien non plusà ma situation pour le moment. J’ai toujours mon Visa étudiant et « grâce » à la COVID, je vais pouvoir obtenir mon MBA en tant que joueur donc ça limite été une bonne chose pour moi que l’on ne joue pas cette saison.

Pour ce qui sonne comme une concrétisation de vos projets, vous venez de rejoindre l’agence Uniathletes en tant que « Sport Consultant ». Qu’aimeriez vous transmettre ?

C’est une opportunité professionnelle qui colle à mon projet ! L’idée, c’est d’aider des jeunes joueurs français à rejoindre les USA en les accompagnant dans les démarches et tout le processus qui va avec !