Interview

Mathieu Grondin (ex-FCCM, USSA, Rezé) retrouve un challenge à la Réunion

21/01/2021 à 14:43

Mathieu Grondin, passé par la Chapelle des Maris et l'USSA Vertou notamment, retrouve un challenge à la Réunion !

Mathieu, pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai commencé à Tours FC en débutant en poussins où mon grand frère jouait avec notre ami Matthieu Dossevi. Ensuite, j’ai été m’installer à la Réunion sur l’île natale de mes parents avec ma famille en 1998. J’ai alors porté les couleurs l’US Desbassyns, l’AS Chaudron où on raflait tout sur notre passage en catégorie jeunes. J’y suis resté jusqu’à mes 15 ans et j’ai fait de belles rencontres dont certains sont encore mes amis aujourd’hui. De retour à Nantes, j’ai signé au FC Rezé où j’ai passé trois ans en U18 avec une équipe phénoménale. On avait pu monter à l’échelon national mais malheureusement, des problèmes financiers au club ont mis un frein à cette progression. J’ai par ailleurs intégré l’équipe séniors en DH où on avait également une belle équipe. Je garde un très bons souvenirs de ses années là où je me suis fait de très bons amis. L’ambiance était géniale.

Votre aventure en seniors est donc lancée ?

En 2009-2010, je sors d’une bonne saison avec l’équipe première et ou j’ai l’opportunité de signer à la Roche VF sous la houlette de Jocelyn Gourvennec qui me contacte juste avant en me disant qu’il me suivait depuis 1 an. J’apprends dans la foulée qu’il part à Guingamp en National… Le lendemain, j’ai rencontré les dirigeants de l’USSA Vertou qui m’ont proposé d’évoluer en CFA2. Un projet qui allait dans le sens de ma progression. A ce moment, lors d’un tournoi au five avec un ami, j’ai été repéré par les frères Cantona pour participer à rassemblement de l’Equipe de France lors du championnat d’Europe qui se déroulait en Ukraine fin mai en 2013 avec notamment Mickaël Pagis en capitaine. Un très bon souvenir qui nuance avec les blessures que j’ai pu subir par la suite.

Une progression ralentie par deux graves blessures, deux fois la même ?

J’ai vécu ma première grosse blessure (rupture des ligaments croisés) lors de la première journée de championnat en 2015 en déplacement à St Pryvé St Hilaire (victoire 1-0). Verdict ? fin de saison. Une blessure très dur à encaisser, je ne l’ai pas très bien vécu parce que je me voyais faire une super saison. J’ai fais 9 mois de rééducation mais j’ai eu le malheur de me reblesser de la même manière en 2017 où la c’était encore plus dur car Vertou se qualifie au 7ème tour à la Réunion mais ma saison était une nouvelle fois terminée.

Vous rebondissez à la Chapelle des Marais…

Pendant une saison, j’ai porté les couleurs de la Chapelle des Marais, qui venait de monter, où je retrouve des anciens amis rezéens avec qui on a tenté l’aventure en Brière. Lors de l’obtention de mon baccalauréat, je fais mon retour à Vertou mais c’est là que se présente la possibilité pour moi de tenter l’aventure en Angleterre à Bolton, où je passe 8 huit mois à l’académie internationale de Bolton Wanderers. A Vertou j’en garde de très bons souvenirs, j’ai rencontré de super personnes franchement et j’ai passé de bons moments à l’USSA. Je pense y avoir beaucoup progressé.

Que vous a amené cette expérience au Royaume-Uni ?

Très enrichissant ! J’ai rencontré des personnes des 4 coins du monde : australienne, japonaise, américaine, africaine… c’était une expérience magnifique, l’une des plus belles que j’ai pu vivre jusqu’à présent. L’environnement professionnel, les infrastructures qui poussent à se surpasser, le mélange qu’il y avait… J’avais une légère barrière de la langue à mon arrivée mais au bout de deux, trois mois et avec les cours intensifs que je suivais, j’étais beaucoup plus à l’aise. De plus, je devais me débrouiller tout seul dans un pays que je ne connaissais pas, il me fallait redoubler d’efforts dans tout les sens du terme pour pouvoir vivre pleinement mon expérience.

Vous avez surement assisté à des rencontres professionnelles. Comment comparez-vous l’ambiance ?

On avait des pass pour voir tous les matchs à domicile de Bolton quand ils été en Premier League contre Arsenal, Manchester City, West Ham, Everton… À l’extérieur des stades, la température monte deux heures avant les matchs ou les pub sont blindés, ça chante dans les rues, ça débat du match. C’est vraiment agréable et une autre ambiance de ce qu’on peut voir en France.

Depuis votre départ d’Angleterre, vous êtes rentré à la Réunion, où vous avez trouvé un nouveau projet sportif récemment ?

Depuis mon arrivée en 2018 tout se passe bien je suis papa dune magnifique petite fille de 7 mois, je profite de la vie ici aux cotés de mes parents aussi. J’ai la chance de pouvoir continuer à jouer à un bon niveau malgré mes blessures. J’ai rejoint l’AS Bretagne dans la poule unique de R1. En R2 et R3, il y a plus de groupes. C’est un championnat physique moins technique et tactique qu’en niveau national en métropole. Mais ça reste de très bon niveau avec des joueurs qui jouent la CAN avec Madagascar par exemple ou qui ont évolué en CFA avant de tenter l’expérience sur l’île. On assiste alors à de bonnes confrontations mais la Réunion a toujours été réputé pour avoir de très bons joueurs. Dans l’autre sens, certains arrivent à franchir le Cap d’aller jouer en Europe, d’autres qui se construisent une carrière amateur ici…

L’île de la Réunion est touché à quel degré par la pandémie de Covid-19 ? les compétitions sont-elles suspendues ?

Actuellement, nous n’avons pas de couvre-feu, la vie est plutôt normale même si nous devons porter les masques dans les lieux publics. Nous sommes à 30-50 cas par jour avec peu de décès ce qui expliquerait peut-être qu’il n’y ait pas de restrictions drastiques. Sportivement, la saison a été arrêtée trois fois en 2019-2020. Chez nous, le championnat voit son terme en décembre et nous sommes censés reprendre le 1er février avec mon club de l’AS Bretagne en R1, qui veut grandir, familial où je connais certains joueurs qui ont joué avec moi plus jeunes. C’est un bon groupe et j’espère pouvoir y réaliser une très bonne saison. Cette année, on parle d’une nouvelle réforme : faire un championnat à 16 équipes et diviser en deux poules de huit à la fin des matches allers : la moitié qui joue le titre et les huit autres qui luttent pour ne pas descendre… en tout cas, au vu de mon parcours et de la situation épidémique dans le monde, j’ai surtout la chance de pouvoir continuer à jouer malgré mes deux grosses blessures !