InterviewNational

Oussama Abdeldjelil (SO Cholet) : « Être en tête du classement des étoiles, c’est valorisant »

27/12/2018 à 14:14

Oussama Abdeldjelil a marqué les esprits lors de la première partie de championnat de National. Une phase aller que l'attaquant du SO Cholet termine en tête du classement des étoiles. Interview.

Oussama, vous avez fini la première phase avec 6 étoiles, en tant que leader du classement des étoiles de National. Quel est votre sentiment ? 

C’est une satisfaction par rapport à tous les matchs que j’ai pu jouer, c’est valorisant. Mais je ne regarde pas trop ça, je donne le meilleur de moi-même, et je fais tout pour aider l’équipe comme je peux. Ce n’est pas moi qui juge, ce sont les entraîneurs adverses, donc c’est que je suis bien vu et c’est tant mieux. 

De septembre à octobre, vous avez accumulé cinq étoiles d’affilée. C’était une belle période… 

Oui, c’était une bonne période pour moi. J’enchaînais les buts et les matchs, mais ça ne veut pas dire que là maintenant, je suis moins bien. Au contraire. 

Il y a eu, ensuite, une phase plus difficile ? 

Non pas spécialement de période difficile. A un moment, tout fonctionnait pour nous, que ce soit les résultats pour l’équipe, ou même les buts pour moi individuellement. C’était tout beau, tout rose, forcément c’est plus facile pour tout le monde. Après, les résultats sont devenus plus compliqués, donc forcément c’était dur pour le groupe. 

Terminer premier du classement des étoiles à la fin de saison, c’est un objectif personnel ? 

Franchement, que ce soit en début de saison, ou maintenant, je n’y fais pas trop attention. La preuve, je ne savais même pas qu’il y avait des étoiles, c’est vous qui me l’avez appris (rires). Mais ça reste toujours plaisant. Si à la fin de saison, j’arrive à être en tête de ce classement, ça voudra dire que j’ai été performant. On ne va pas cracher dans la soupe. 

Revenons en arrière… Comment est venu cette passion du foot ? 

Elle est là depuis tout petit. Comme tous mes amis, je jouais au quartier à Villefranche sur Saône, je venais d’arriver d’Algérie. Par la suite, je me suis inscrit au Racing Club de Beligny, c’est là-bas que j’ai eu ma première licence. Mon entraîneur de l’époque, Toufik Zaogui a beaucoup compté pour moi, il a fait énormément pour tous les joueurs du quartier. Et aujourd’hui, j’ai encore de très bonnes relations avec lui. 

Y’a t-il des années qui vous ont servi à être là où vous êtes aujourd’hui ? 

Des années m’ont bien évidemment faites grandir. Je suis parti super jeune, il a fallu se responsabiliser. J’étais seul à 500 km de chez là où était mes parents. Automatiquement ça fait grandir et on gagne en maturité. Si je devais parler d’une année ? Celle à Tarbes avec Ludovic Pollet, où franchement on était ps d’accord sur tout, parce que j’étais une « tête de con ». Je lui serais toujours redevable, j’ai beaucoup appris à ses côtés, que ce soit au poste de numéro 10, ou d’attaquant. C’était une année déclic à 19ans, à la mi-saison j’étais déjà à 16 buts en 9 matchs.

Pouvez-vous nous parler de votre passage à Dijon ? 

La saison a commencé, et je me suis vite retrouvé avec les professionnels. J’en garde un super bon souvenir, que ce soit avec le groupe pro, ou en réserve. Je n’ai aucun regret, et je remercie d’ailleurs David Linares, avec qui, j’ai beaucoup appris. D’ailleurs à la reprise, j’avais une paire de baskets, pas trop adaptée pour de la course. Ca ne lui avait pas plu du tout, je n’ai pas pu manger, qu’il m’avait déjà emmener avec lui pour acheter des chaussures adéquates. Je les ai encore aujourd’hui (rires). C’est vraiment un club familial, et il n’y a rien à dire sur la mentalité des gens qui permettent le bon fonctionnement de Dijon.

Comment vous sentez-vous à Cholet, où vous êtes devenu un maillon essentiel ? 

Tout d’abord, je dirais que j’ai juste un rôle à jouer, je fais partie d’un collectif qui espère et qui veut des résultats. Je donne le meilleur de moi-même pour contribuer à tout ça. J’ai la tête sur les épaules, je fais ce que j’ai à faire, en inscrivant des buts. Je me sens super bien ici, on est un groupe qui vit très bien ensemble. 

On vous décrit comme quelqu’un avec un tempérament fort…

Peut-être, mais je ne me vois pas comme ça, mais plus comme un compétiteur, et un éternel insatisfait. En dehors du foot, on va me décrire comme chambreur, pas prise de tête, et qui rigole beaucoup. Mais quand je rentre sur un terrain, c’est différent. Je ne suis pas méchant, mais j’ai horreur de la défaite.

Vous êtes français mais aussi algérien…

L’Algérie, j’y suis né, j’y ai grandi une partie de mon enfance. C’est un pays auquel je suis vraiment attaché. Mes parents sont là-bas, ici j’ai grandi avec mes grand-parents. C’est une relation très spéciale que j’entretiens avec ce pays. J’ai pu goutter à l’équipe nationale en jeunes, c’est inexplicable, il n’y a pas de mots pour décrire cette sensation. Si un jour, je devrais choisir pour jouer avec l’équipe nationale A, ma réponse serait l’Algérie. C’est vraiment quelque chose, et ça serait un rêve. 

A ce rythme là, est-ce que vous pensez à la Ligue 2 ou Ligue 1 ? 

Ce n’est pas question d’y penser ou de ne pas y penser. Aujourd’hui je suis à Cholet, et je suis à 100% avec ce club. Pour n’importe quel footballeur, ça reste dans un coin de la tête d’évoluer à un échelon supérieur. Encore plus dans un club de Ligue 1 ou de Ligue 2, mais je n’en fais pas une obsession, on verra en temps voulu. Je ne me prends pas la tête, je prends ce qu’il y a à prendre, et si ça doit venir, alors ça viendra. Quoiqu’il arrive, il faudra travailler dur pour arriver à ses objectifs.

Crédit : DR