Interview

Pierre Naudet (Angers NDC) : « Qu’est-ce qu’on vaut en R1, les joueurs, le staff et moi ? »

29/04/2019 à 16:36

C'est un homme souriant et forcément heureux qui a pris le temps de nous répondre ce lundi après-midi. Quelques heures après une fête "à laquelle on s'était préparé", Pierre Naudet, l'entraîneur d'Angers NDC, s'est exprimé sur cette montée en R1, acquise hier, après une victoire contre la réserve du Stade Mayennais (1 - 4).

Vous validez votre montée en R1 au terme d’une nouvelle victoire contre la réserve du Stade Mayennais (1 – 4). Qu’avez-vous pensé de ce match ?

Ce n’était pas un match très intéressant, mais c’est souvent comme ça dans une rencontre où il faut finir le job. On est mené dès la 2e minute, on s’est fait surprendre, on est mal rentré. Puis, comme souvent, on a une capacité de réaction, puisqu’on égalise cinq minutes après. On marque le deuxième juste avant la mi-temps. On a donc trouvé la faille à deux moments importants, on n’a pas eu le temps de douter et on marque juste avant la mi-temps. On a donc un avantage logique, mais on réalise un match imparfait, face à un adversaire qui nous a posé des soucis, et qui a des joueurs avec de la qualité technique. Nous, dans un coin de tête, on s’est dit que ce n’était pas un match comme un autre, c’est en tout cas ce qu’ont dit les joueurs après le match, qu’ils avaient le trouillomètre fort. On a dominé, malgré tout, avec des occasions. En deuxième mi-temps, on a vraiment fait la différence, puisque plus le match avançait, plus on s’est créé des occasions. Le score est assez logique à l’arrivée.

Comment expliquez-vous ce trouillomètre ?

Je ne l’ai pas perçu comme ça, mais c’est en discutant après coup. L’an dernier, on est monté à la dernière journée, alors qu’on avait sept points d’avance fin mars. On n’avait pas gagné l’un de nos cinq derniers matches, d’autant qu’on jouait la Coupe de l’Anjou et celle des Pays de la Loire. Ca nous avait pompé pas mal d’énergie. On aurait pu penser que nos démons allaient ressurgir. Certains ont ressenti cette peur, mais ça n’a pas duré longtemps. D’ailleurs, moi, j’ai eu le sentiment contraire. Que ce soit dans un coin de leur tête, c’est possible, mais, que ce soit dans le score des matches et les occasions qu’on se créé, je n’ai jamais eu peur une seule seconde.

Même quand ils mènent 1-0 au bout de deux minutes ?

Aux Glonnières, à l’aller, c’était pareil, ils avaient marqué rapidement, mais j’avais tellement le sentiment qu’on maitrise les choses, que c’est une équipe qui peut s’appuyer sur ça. Après, ce n’était pas simple sur le terrain, mais c’est normal, car on joue un match de foot, mais je n’ai pas ressenti de peur. Si j’avais vraiment ressenti ça, ces démons qu’on a eus en fin de saison dernière, on ne gagnait pas 4-1. On a corrigé ça. On n’est pas dans la situation d’une équipe qui finit mal.

Quel a été votre discours avant ce match ?

Je n’ai pas voulu trop surjouer l’enjeu. Je n’avais pas besoin de dire à mes joueurs que si on gagnait, c’était fait, ils l’entendaient dans la vie de tous les jours. Je leur ai dit de simplement faire ce qu’on sait faire, qu’on avait toutes les qualités pour y arriver, que ce serait certain qu’on aurait des difficultés, car tout ne se passe pas que de la façon dont on le veut, mais, que si on l’accepte, il nous arriverait de bonnes choses. Je leur explique souvent qu’ils vont beaucoup se tromper, rater, parce qu’on ne réussit jamais 100 % de ce qu’on fait, mais, quand on rate, il faut bien le vivre. Hier, on a été bon et c’est un des points forts de la saison.

Qu’est-ce qui vous a surpris dans cette saison de la part de vos joueurs ?

Je rebondirais sur ce que je viens de dire. Récemment, on menait 5-0 contre Le Mans Glonnieres, et 100 % des joueurs défendaient, alors qu’on pourrait penser faire moins d’efforts, mais tout le monde se donnait à bloc jusqu’au bout. D’ailleurs, mes joueurs finissent fatigués, ça me plait. Il y a, bien plus que l’année dernière, alors qu’on avait fait une super saison, cette capacité à faire les efforts ensemble. Or, tous les détails sont super importants. Il faut vivre pleinement les temps faibles, ne pas se frustrer, car, coach comme joueur, on ne sait jamais comment ces temps faibles vont arriver, même si ce n’est pas plaisant d’être en déséquilibre. Je dis d’ailleurs à mes joueurs que c’est dans ces moments que nous devons nous sentir les plus prêts à faire mal. C’est d’ailleurs mon slogan : « il faut qu’on apprenne à souffrir ensemble », et on l’a fait bien plus que ce que je pensais.

Avec cette montée assurée, vous allez pouvoir faire tourner pour la fin de saison…

Oui et non, car l’équipe B joue la montée, nos U19 sont engagés en coupe et visent l’accession en championnat. Beaucoup de joueurs jouent donc plein de choses dans les autres équipes. Or je ne vais pas sacrifier la course à la montée de la B et la belle saison des U19. Ca implique une problématique, je ne vais pas pouvoir faire souffler ni tourner. On va jouer différemment, peut-être un peu moins sur la dimension énergivore, mais plus en pensant au plaisir, pour que ce soit moins lourd mentalement.

Vous allez pouvoir vous tourner vers le recrutement. Avez-vous fixé les postes où vous avez des besoins ?

Je pense que la première chose est que j’ai envie de voir cet effectif un cran au dessus. Je ne me vois pas dire ce que j’ai dit depuis le début de l’interview, et qu’on ferait la saison prochaine sans eux. Qu’on mette une concurrence sur certains profils de poste, oui, mais on fera une évaluation en cours de saison, et une fois que ce sera fait, on verra. L’objectif sera d’en laisser deux derrière. Ensuite, je me demande ce que ce staff, l’équipe, ou moi, on vaut en R1 ? Je suis incapable d’y répondre. Il y a un côté passionnant d’aller vers cette inconnue-là.

Il y a la date limite du 15 juillet (pour les mutations hors période, NDLR).

On va boucler le recrutement assez tôt. Je vais démarrer mes entretiens individuels dans les jours qui viennent. Les choses vont se faire rapidement, on ne devrait pas être en retard (sourires).

Crédit photo : Angers NDC