Interview

Stéphane Rossi : « Pouvoir faire à terme du SO Cholet un club professionnel »

16/10/2020 à 18:32

Touché par son premier cas de Covid, le SO Cholet connaît un premier coup d'arrêt dans son début de saison réussi. Le coach choletais Stéphane Rossi (à droite sur la photo aux côtés du président Benjamin Erisoglu) revient sur ce début de saison, évoque cette coupure, les objectifs et ses années au SC Bastia qu'il retrouvera cette saison en National.

Comment allez-vous, vous et vos joueurs ?

Ça va, on a été contraint de rester à l’isolement, d’arrêter les entraînements. C’est un peu dur car on perd le rythme des entraînements et surtout de la compétition car on devait jouer mardi et on n’a pas joué. On a fait demi-tour alors qu’on avait fait la moitié du chemin en bus (ndlr : il y a 600 kms pour aller à Lyon). Ça fait partie aujourd’hui des aléas dus à la situation sanitaire.

On imagine de la frustration de ne pas pouvoir jouer…

Forcément lorsqu’on sort d’une victoire et que derrière on peut enchaîner tout de suite, c’est à dire trois jours après. On avait préparé ce match là comme d’habitude donc oui il y a un peu de frustration c’est certain. Quand on enclenche des dynamiques et qu’on trouve un rythme de travail, le casser comme ça, c’est difficile de repartir. J’espère que ça sera très court pour nous et que ça n’impactera pas la suite.

Qu’allez-vous mettre en place pour garder la forme durant cet arrêt ?

Les joueurs ont reçu des programmes individuels. On a repris les entraînements avec ballon hier après-midi par petits groupes en respectant toutes les mesures préconisées par la Fédération. On va faire ça jusqu’à lundi, jour des nouveaux tests pour savoir si on peut reprendre ou pas.

Votre match de Coupe de France a été reporté mais quelles sont vos ambitions dans cette compétition nationale ?

La Coupe de France on ne peut pas se permettre de définir des objectifs car on est tributaire d’un tirage au sort. Dans notre Ligue, il y a pas mal d’équipes de National, N2, N3. C’est difficile de se projeter mais comme on est des compétiteurs, on jouera tous les matchs pour les gagner et si on peut aller plus loin, on ne va pas s’en priver.

Que pensez-vous justement de votre adversaire Challans (N3) ?

J’ai eu l’occasion de les voir jouer samedi dernier. C’est une équipe structurée avec quelques bonnes individualités, une équipe très difficile à jouer. Ca va être un match difficile comme tous les matchs de Coupe de France et il y a aussi des surprises, en espérant ne pas en faire partie sur ce tour.

La saison a été bien lancée (4V, 3N, 2 D). Quel bilan faites-vous de ce début de saison ?

Ça valide un état d’esprit et l’assiduité dans le travail. J’ai un groupe très réceptif, qui vit bien. Ce n’était pas gagné car on a changé 90 % de l’effectif. Les garçons qui sont venus ont été ciblés bien en amont. Ils ont été ciblés par rapport à leurs qualités de footballeur mais aussi leur état d’esprit et aujourd’hui ça paye. Sur les neuf premiers match, on a fait un début encourageant mais rien n’est gagné dans ce championnat, tout peut aller très vite. A nous de rester vigilant, de continuer sur cette dynamique là en terme de travail et d’enchaîner les bons résultats pour être performant tout le temps mais surtout être régulier, c’est le plus important.

Quels sont pour vous les favoris de championnat National ?

C’est un championnat qui est très difficile. On ne peut pas dégager de grosses cylindrés, hormis de par leur budget, leur fonctionnement, qui sont au-dessus de nous. On a un statut amateur. Il faudra attendre un peu pour voir qui va se battre pour l’accession et qui va jouer le maintien. Aujourd’hui, on ne peut pas faire un bilan très précis car toutes les équipes ne se sont pas rencontrées. Sur les résultats, on voit que des équipes créent des surprises parfois, il y a des équipes qui ne confirment pas tout le bien qu’on pouvait penser d’elles. C’est très prématuré de pouvoir dégager un favori.

L’effectif a pas mal bougé à l’intersaison, êtes-vous satisfait de votre recrutement ?

Quand vous recrutez une quinzaine de joueurs, si vous en avez dix ou onze qui sont performants, vous avez réussi votre recrutement, c’est notre cas aujourd’hui. Oui, je suis satisfait. On doit encore s’améliorer sur pas mal de points mais on est dans ce qu’on recherchait, c’est à dire, une équipe solide avec un état d’esprit, des valeurs et ça pour nous c’est déjà une première victoire.

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Pouvez-vous nous dire quelques mots sur (Yapo) Kader N’Chobi (5 buts et 4 étoiles), recruté cet été en provenance du FC Rouen ? Qu’apporte-t-il au groupe ?

Kader fait partie de garçons qui ont envie de prouver au niveau supérieur. Il arrive de National 2, il a des qualités d’explosivité, de vitesse. Il marque des buts aujourd’hui dans un rôle qui n’était pas forcément le sien la saison dernière mais dont on avait ciblé les qualités. Dans notre philosophie de jeu, notre projet de jeu, c’était quelqu’un qui devait nous apporter de la percussion, de la vitesse et il remplit à merveille son rôle. En plus il est réaliste, il marque des buts même si je pense qu’il peut encore s’améliorer sur ce point là car il a encore beaucoup de situations pendant les matchs et il peut faire encore plus et encore mieux.

Kader N'Chobi SO Cholet
Yapo Kader N’Chobi a déjà inscrit 5 buts et reçu 4 étoiles Actufoot cette saison, ici les doigts vers le ciel lors de son doublé contre le Stade Briochin (Photo : SO Cholet)

Revenons quelque peu dans le passé, pourquoi avez-vous décidé de quitter la Corse (où vous avez eu toutes vos expériences d’entraîneur) ?

C’est les opportunités qui se présentent et à des moments où on est plus ouvert que d’autres. Là c’était le cas. J’ai fait toute ma carrière d’entraîneur en Corse et notamment à Bastia. En ayant entraîné le CA Bastia puis le Sporting dans une reconstruction qui était très difficile. C’était le bon moment pour moi pour quitter l’Île et exercer mes fonctions ailleurs. L’occasion s’est présentée et je l’ai saisie. Maintenant il faut continuer de travailler pour avoir des résultats et progresser à nouveau.

Comment avez-vous vécu votre éviction du SC Bastia en octobre dernier ?

Depuis que j’entraîne, c’est la première fois que ça m’arrive. C’était un peu particulier, je ne le vous cache pas, après, ça n’a pas duré longtemps. J’ai trouvé tout de suite un projet très intéressant. Je suis allé dans un club qui est très humain avec des gens qui m’ont facilité la tâche en m’accueillant de très belle manière. Avec un peu de recul, je dirais que c’est le football qui est fait comme ça aujourd’hui avec des entraîneurs qui quittent leur fonction ou à qui on demande de partir. Je ne vais pas en rajouter car le Sporting reste une institution dans le monde du football français et peut-être même européen car c’est un club qui a atteint une finale de Coupe d’Europe. J’ai tourné la page et désormais je me consacre entièrement au SO Cholet.

Appréhendez-vous de défier le SC Bastia (le 4 décembre) ?

A Bastia, je suis chez moi. Si on a peur de retourner chez soi, c’est grave (sourires). J’ai aucune crainte, au contraire, j’ai hâte d’y être parce que c’est toujours des matchs très intéressants à jouer, avec un public très chaud, avec un engouement pour ce club qui est particulier mais qui lui permet aujourd’hui de retrouver un peu la lumière.

Qu’est ce qui vous a séduit dans le projet choletais ?

C’est un projet ambitieux avec un peu tout ce que j’ai toujours fait dans le football, c’est à dire une construction d’effectif. Je suis arrivé au mois de janvier pour faire un audit de ce qu’il y avait. Le club était en difficulté après deux changements d’entraîneurs, moi j’étais le troisième. On m’a confié cette mission. Au delà du projet, il y a aussi l’aspect humain avec des gens qui m’ont très bien accueilli, qui m’ont ouvert les portes, qui m’ont, en quelque sorte, donné les clés du domaine sportif. Aujourd’hui, on travaille en très bonne harmonie avec le secteur administratif, avec le directeur financier, avec le directeur sportif. On fonctionne vraiment ensemble en ayant beaucoup d’échanges. Toutes les décisions qu’on prend sont collégiales. J’avais senti ça dès mon premier entretien, c’est pour ça que je n’ai pas hésité à accepter le défi qui m’est proposé.

Quelles sont les ambitions sportives à court terme ? Stabiliser l’effectif ?

C’était voulu cette année de fonctionner comme ça. C’est de faire la meilleure saison possible sans se fixer d’objectif précis. Si, il y en a un, c’est de faire un championnat tranquille pour pouvoir bâtir et construire l’avenir sereinement. Dans ce championnat, on a souvent des surprises, pourquoi pas faire partie des surprises. Je dirais que la montée est un objectif qui viendra au fur et à mesure. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, il faut consolider l’existant, il faut continuer à travailler avec beaucoup de sérénité, c’est ce qu’il se passe actuellement. Il faut rester serein pour avoir déjà cette saison des résultats et après améliorer l’effectif pour pouvoir avoir des ambitions si cette année bien entendu on se maintenait pour pouvoir faire à terme de Cholet un club professionnel (sans date butoir).

Les objectifs, il faut les définir en fonction des saisons que l’on fait. Aujourd’hui, il y a un objectif prioritaire qui est de prendre un maximum de points pour arriver à la barre du maintien le plus tôt possible et pourquoi pas après changer d’objectif. On est dans la reconstruction, le travail, les résultats sont plus ou moins là avec 4 victoires. On a battu des équipes qui ont affichées des ambitions en début de saison. On se trouve en haut du tableau, après on y prend goût. A nous de faire ce qu’il faut pour pouvoir y rester.

Propos recueillis par Geoffrey Leplang.

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