Régional 3Groupe A

Benjamin Dworak (ES Joeuf): « Les joueurs n’ont jamais adhéré »

11/04/2018 à 7:49

Lorsqu'il est arrivé à la tête de l'ES Joeuf en 2015, l'objectif était clair pour Benjamin Dworak : la montée au second échelon régional. Trois ans plus tard, sa formation évolue toujours en Régional 3. Usé, l'entraîneur semble avoir fait le tour de la question avec les Joviciens. Il a décidé de quitter le club en fin de saison et il explique pourquoi (Photo : Fréd Lecoq, Le Républicain Lorrain).

Benjamin Dworak, vous avez décidé d’arrêter l’aventure en fin de saison avec l’ES Joeuf. Pourquoi ?
« Je m’étais engager trois années avec pour objectif de monter en Régional 2. Malheureusement, nous n’y sommes pas arrivés. Nous avons trop peu de moyens pour prétendre à quelque chose et les joueurs n’ont jamais adhéré au projet. »

Finalement, la défaite à Verdun samedi soir est celle de trop ?
« La défaite de trop pour prétendre à la montée oui. Mais pour non, car même si nous avions réussi un exploit en accédant à la R2, j’aurais arrêté. »

Comment votre groupe a-t-il pris votre choix ?
« Il n’y a plus vraiment de groupe… Trop de joueurs ont lâché et beaucoup d’autres préfèrent jouer en équipe réserve où l’adversité est moins forte. Pour le reste, il faudra leur demander je ne sais pas…

« L’argent est plus verte ailleurs »

Aujourd’hui, Joeuf pointe au cinquième rang et semble décrocher dans la course à la montée. Est-ce une déception ?
« C’est une très grosse déception. Si les joueurs engagés en début de saison avaient été sérieux et présent jusqu’au bout, nous aurions fini dans les deux premiers. Joeuf est un club qui mérite d’être plus haut. Je tiens d’ailleurs à remercier le club et le président pour son soutien durant ces trois années. »

Depuis plusieurs saisons, plusieurs éléments quittent le club durant la trêve estival. Comment expliquez-vous cet exode massif ?
« L’argent est plus verte ailleurs… pardon l’herbe est plus verte ailleurs. Aujourd’hui, des joueurs de 20 ans ne sont pas patients. Si ils ne réussissent pas tout de suite, ils abandonnent. Pourtant, si on fait le point sur tous les joueurs qui avaient soit disant adhéré au projet, nous aurions une sacrée équipe. Et sans argent ! »

On vous usé par ces trois années à la tête de l’équipe première jovicienne non ?
« Je suis usé pour reprendre les reines d’une équipe comme celle-ci oui. Sinon, j’ai toujours la motivation de partager mes idées et de les mettre en place. J’adore le football et j’adore me prendre la tête en permanence pour savoir comment faire pour amener mon équipe où je veux. »

« Trouver un projet intéressant »

Qu’est-ce que vous retiendrez de votre première expérience sur un banc de touche d’une équipe sénior ?
« Ce n’est pas ma première expérience sur un banc de touche, loin de là. J’ai déjà fait dix ans chez les jeunes (U15, U17, U19). Mais pour ma première à la tête d’une équipe sénior, j’ai compris qu’à ce niveau, mes idées et mon implication ne passaient pas. Il faut être en mode loisir et ne pas se prendre la tête mais ce n’est pas ma conception des choses. »

L’été prochain, on peut vous retrouvez sur un autre banc où un break s’impose ?
« J’ai très envie de trouver un projet intéressant, ambitieux et que l’on me donne les moyens nécessaires pour cela. Si l’opportunité s’offre à moi, cela sera à 200% que je me lancerais. Mais je ne prendrais pas une équipe pour prendre une équipe. Je veux du sérieux et si je ne trouve rien, j’enfilerais à nouveau les gants deux-trois ans histoire de rester dans la compétition. »

Propos recueillis par Sébastien Gobbi