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Romain Orel raconte son Dortmund-Monaco

18/04/2017 à 7:11

Parmi les supporters accueillis généreusement par les Allemands le soir du report de la rencontre Dortmund-Monaco, dix Meurthe-et-Mosellans dont l’actuel entraîneur du Stade Flévillois Rodolphe Couqueberg ou encore le Jarvillois Romain Orel. Ce dernier raconte le périple. (Photo : DR).

Mardi 11 avril 2017. Il est approximativement 20h. Les premières alertes font vibrer les smartphones. Les groupes de presse commencent à évoquer un éventuel report de la rencontre aller de Ligue des Champions opposant le Borussia Dortmund à l’AS Monaco. Trois explosifs viennent de détonner aux abords du bus allemand, blessant le défenseur central Marc Bartra, opéré avec succès du bras dans les heures suivantes. Joueurs, dirigeants, le monde du foot tout entier s’émeut avec forcément à l’esprit, malgré le message diffusé par la police locale enjoignant à ne pas céder aux raccourcis, le spectre d’un attentat.
Au même moment, dans les travées toujours aussi garnies du Signal Iduna Park, dix Meurthe-et-Mosellans attendent, circonspects, le verdict de l’UEFA. Parmi eux, Maxime Bezon, Steve Marchenoir, Pierrick Neguirat, Sébastien Resta, Renaud Wolff (ES Heillecourt), Rodolphe Couqueberg (Stade Flévillois), Julien Canard (ex-FC Pulnoy) ou encore Romain Orel (Jarville JF). « Avec les réseaux sociaux, tout est allé très vite, raconte ce dernier. Nous avons attendu la décision du speaker. Quand on a appris que la rencontre n’aurait pas lieu, on était forcément un peu déçus mais on a parfaitement compris. »

« Ils nous avaient préparé le petit-déjeuner »

Rassurée d’apprendre qu’aucune victime n’est à déplorer, la bande songe désormais à sa soirée. « Nous ne savions pas si nous allions rentrer ou rester un jour de plus à Dortmund. C’est à ce moment qu’un couple nous propose spontanément de nous héberger. » La quarantaine, deux enfants, s’exprimant en anglais, les locaux résident dans un appartement et se proposent d’offrir le logis à quatre Lorrains. « Nous avons finalement été tous les dix. » Acteurs, comme beaucoup de compatriotes, d’un remarquable élan de solidarité, les hôtes sont aux petits soins pour leurs invités. « En nous levant, ils nous avaient préparé le petit déjeuner avec les croissants, la charcuterie, poursuit le Jarvillois. La journée, ils nous ont encore offert un coup à boire. Ils n’ont rien voulu en échange. » Touchés par tant de générosité, les copains rentrent en France d’où ils vont se concerter quant aux colis de remerciement à faire parvenir à leurs nouveaux amis.
Pour ceux qui ont l’habitude d’organiser chaque année un déplacement dans un grand stade européen, le cru 2017 gardera forcément une saveur particulière. « L’ambiance le soir du match était incroyable. C’était comme s’il ne s’était rien passé la veille. Il n’y avait aucune animosité. » Et de conclure. « Ce ne sont pas des choses que nous voulons voir dans le football ni même nulle part d’ailleurs. Mais ce que nous avons vécu avec les Allemands restera gravé comme un très beau souvenir. »  

Romain Sinnes