En tête-à-tête avec… Julio DONISA (AS Pagny-sur-Moselle) : « Pourquoi pas moi ? »

23/09/2016 à 2:00

À 22 ans, Julio Donisa a déjà bien voyagé. De la Martinique à l’Italie en passant par Brétigny-sur-Orge ou Rouen, le Pagnotin revient sur son parcours atypique et confie toujours croire en son avenir dans le monde professionnel.

Julio Donisa, en ouvrant le score samedi à Illzach Modenheim (1-2), vous avez débloqué votre compteur but en championnat tout en permettant à votre équipe de connaître son premier succès de la saison…
« Ca fait plaisir mais c’est avant tout le travail de toute l’équipe. Notre saison est enfin lancée grâce à ce succès et on espère désormais qu’elle ne va pas s’arrêter rapidement. Marquer c’est toujours bon pour la confiance mais j’aurais tout de suite signé si on gagnait sans que je marque. Cela reste tout de même une double satisfaction. »

Après quatre journées, l’AS Pagny-sur-Moselle pointe au dixième rang avec quatre points au compteur. Comment expliquez-vous le début de saison difficile dans ce championnat homogène ?
« On s’y attendait. On savait que le début de saison allait être difficile mais on ne pensait pas autant. On a enregistré beaucoup de recrues durant l’été et il fallait que les nouveaux trouvent leurs repères, pour que le bloc devienne à nouveau compact, ce qui a fait notre force l’an dernier. On a très bien bossé et cela commence à porter ses fruits. La chance a également joué un rôle, je pense notamment à la rencontre face à Strasbourg, où les Alsaciens ont eu une occasion et la mette au fond. »

« On a besoin de tout le monde. »

Durant l’été, l’AS Pagny-sur-Moselle a enregistré la venue de huit recrues (ndlr : Lider, Martin, Mounass, Patin, Schwartz, Simpara, Tahir, Terzic). Pour autant, le club est-il mieux armé que l’an dernier ?
« On s’est très bien renforcé avec la venue de recrues de qualité. Tous ces renforts ne sont pas venus pour faire le nombre, chacun apporte un vrai plus au groupe. Pour le moment, Benoît Patin n’est pas encore disponible mais il nous apportera également quand il sera là. Le coach a recruté dans ce sens. Il y a beaucoup de monde, même en B, qui peut prétendre à jouer en équipe fanion, et on a besoin de tout le monde. La concurrence tire le groupe vers le haut. Ceux qui ne jouent pas l’acceptent, et c’est aussi cela qui fait la force de Pagny. »

Venons-en à votre parcours. Vous avez notamment évolué au FC Rouen…
« J’ai débuté en Martinique puis j’ai été formé en région parisienne, à Brétigny-sur-Orge, l’un des meilleurs clubs formateurs autour de Paris. J’ai passé trois années là-bas et c’est sans doute mes plus belles années. Ensuite je suis parti en U19 à Rouen. Là-bas, sur le terrain ça se passait super bien mais en dehors je n’étais pas mis dans de bonnes conditions. J’ai tout de même mis près de 30 buts avec les U19 DH, puis je suis parti en Italie. »

« Si j’étais vraiment fort… »

Malheureusement ce séjour hors de France ne s’est pas passé comme prévu…
« Les recruteurs de Parme étaient venus m’observer à Rouen, je devais y signer mais le club italien devait payer des indemnités de formation à Brétigny. À cette époque, Parme avait de grosses dettes et a donc demandé aux dirigeants parisiens de réduire la somme, ceux qu’ils ont refusé. Du coup, j’ai signé en quatrième division à Battipagliese avant d’évoluer à Fondi. Pour autant, est-ce que j’en veux à mon club formateur ? Il est difficile de dire ça puisque j’ai beaucoup appris là-bas. Je préfère plutôt me remettre en question. Si j’étais vraiment fort, Parme aurait sans doute payé le prix pour moi. »

Par la suite, comment avez-vous atterri en Lorraine et à Pagny ?
« Je travaille avec une agence d’agent de football et il y a deux ans, l’AS Pagny a organisé un match amical entre les joueurs de cette agence, où se trouve des footballeurs au parcours atypique et en quête de relance, et les Pagnotins. J’ai rapidement plu au coach puisqu’il m’a fait intégrer l’équipe de Pagny dès la seconde période. Avec Toumami Sissoko, on a eu l’occasion de rejoindre le club et on n’a pas hésité. C’est un bon petit coin entre Metz, Nancy, Strasbourg et le Luxembourg. Je suis content d’être là. Ce club est une vraie famille, vous l’entendez partout et c’est parce que c’est vrai. J’ai eu des propositions durant l’été, pourtant je suis encore là. Ici, nous sommes mis dans de bonnes conditions, et j’ai envie de faire de belles choses avec ce club. »

« Je pense toujours à ça. »

Quels sont vos objectifs individuels pour votre deuxième saison sous les couleurs jaunes et noires ?
« J’espère marquer le plus possible pour aider mon équipe. Si je remplis cet objectif, cela profitera à l’équipe. Tout ce qu’on peut me souhaiter, c’est d’être décisif, faire un bon championnat et un beau parcours en coupe de France. Cette année, le championnat s’annonce excitant. J’ai déjà hâte d’être à la prochaine journée. »

Pour terminer, à 22 ans, avez-vous fait une croix sur le monde professionnel ?
« J’ai toujours pensé à passer pro et je pense toujours à ça. Si cela doit arriver, ça arrivera mais si ça n’arrive pas, je n’aurai aucun regret. Aujourd’hui, dans le football, il y a de plus en plus de parcours atypiques, puisque certains signent dans un club professionnel vers 26-27 ans. La devise de l’AS Pagny c’est "Pourquoi pas nous ?" alors pourquoi pas moi ? J’espère encore aller voir plus haut. Mais je ne quitterai pas Pagny pour un autre club de CFA2. »

Propos recueillis par Sébastien Gobbi

Julio Donisa digest
Né le : 15/01/94
Poste : attaquant ou milieu offensif
Parcours joueur : CS Brétigny-sur-Orge, FC Rouen, Battipagliese (Ita), Fondi (Ita), AS Pagny-sur-Moselle (depuis 2015)