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Vincent MASSON (AC Blainville-Damelevières) : « Blainville est une partie de moi. »

16/03/2017 à 7:01

Retour au bercail pour un enfant de l’AC Blainville-Damelevières. Vincent Masson n’aura, depuis qu’il a tapé ses premiers ballons, que cinq années loin de ses terres. Il y retrouve ses proches mais aussi un défi séduisant avec son club de cœur. Entretien.

 Vincent Masson, vous avez fait le choix de revenir à l’AC Blainville-Damelevières cet hiver. Un choix qui a pu surprendre.
« Je savais que ma volonté ne ferait pas que des heureux. Les membres du club de Villers ont été surpris, c’est vrai, mais davantage par le moment. Cela faisait bien deux ans que je repoussais l’échéance. Il était prévu que je retourne à Blainville. Je recevais des coups de fil chaque année m’incitant à revenir et j’en avais averti Villers. Disons que si mon départ n’avait pas été acté au cours de l’hiver, cela se serait certainement fait à l’intersaison. »

Vous avez hésité avant d’arrêter votre décision.
« Au moment de me lancer, je craignais de leur faire un « coup bas ». J’étais aussi gêné par rapport au coach que j’estime beaucoup et qui a toujours été derrière moi. Après quatre ans, je ne regrette rien à Villers, un club formidable et qui, à certains égards, me rappelle Blainville. J’y ai lié des amitiés, j’ai rencontré de très bonnes personnes, qu’il s’agisse des joueurs comme des dirigeants ou des bénévoles. »

« Aussi une décision pour mon père »

Des considérations extra-sportives, comme votre amitié avec Florian Rodrigues ou la proximité avec vos proches vous ont également convaincu.
« Outre l’aspect sportif, c’est également une motivation personnelle. Blainville est en quelque sorte une partie de moi. J’y ai suivi ma formation pendant quinze ans, j’y ai probablement vécu ma plus belle expérience avec cette finale de la coupe de Lorraine perdue contre Jarville. Ma famille et mes amis y résident. On s’est toujours dit avec Flo (Rodrigues), un ami d’enfance, qu’on évoluerait à nouveau ensemble sous le même maillot. Ce ne sera a priori pas pour cette année mais pour la saison prochaine. C’est par ailleurs une décision que j’ai mûri en pensant à mon père, qui y a longtemps été dirigeant et qui me suit autant que possible. C’était devenu difficile de se voir et il est aussi heureux que moi de me voir revenir dans mon club de cœur. »

Vous avez connu une petite désillusion du côté de Lunéville avant de signer pour Villers.
« L’aventure lunévilloise fut très brève. Je sortais d’une nouvelle saison avec Blainville quand Lunéville, qui venait de grimper en CFA 2, nous a contacté Flo et moi, pour compléter son effectif. En tout et pour tout, j’ai peut-être été impliqué une quinzaine de jours. Lorsque j’ai demandé au club de me laisser partir, et c’était aussi pour des raisons personnelles, il n’a pas accédé à ma requête. Je suis resté quasiment un an sans jouer avant d’arriver à Villers. Je m’entraînais là-bas depuis quelques temps déjà. » 

Doit-on comprendre, si l’on s’en réfère à vox choix de carrière, que le football passe désormais au second plan ? Plus jeune, lors de votre passage à Raon, vous trouviez-vous dans un autre état d’esprit ?
« Je ne mets pas le foot de côté mais il prend un peu moins de place. A l’âge de 20 ans, j’ai rejoint la CFA de Raon l’Etape. Pendant une demi-saison, je n’ai effectué que des bouts de rencontres. Parfois dix minutes, parfois trente secondes. J’étais jeune et j’avais envie de ballon. A cette époque, j’habitais Blainville sans avoir le permis et je co-voiturais avec Romain Chouleur jusqu’à cinq fois par semaine. J’étais également très pris par mes études et mon travail car je suivais un BTS en alternance. J’ai été dépassé par le rythme. Mon père m’a toujours inculqué que les études prenaient le pas sur le sport. J’ai alors intégré l’équipe réserve avec laquelle nous avons accédé à la DHR. »

Villers et Blainville n’entretiennent enfin pas la même dynamique dans leur championnat respectif. Cela a-t-il pesé dans la balance ?
« En tant que footballeur, je suis un compétiteur. A Villers, nous n’envisagions pas de jouer le haut de tableau mais plutôt le milieu. Le challenge d’une montée avec Blainville m’a clairement séduit. C’est d’ailleurs le capitaine Anthony Michel qui me l’a exposé au téléphone pendant la trêve. Je vais m’y consacrer à fond, me mettre au service du collectif et de Claude Gondrexon pour mener à bien ce projet. »

Propos recueillis Roman Sinnes

Vincent Masson digest
Âge : 26 ans.
Poste : Milieu offensif/Attaquant.
Profession : Commercial.
Parcours de joueur : AC Blainville-Damelevières – US Raon l’Etape – AC Blainville-Damelevières – FC Lunéville – COS Villers-lès-Nancy – AC Blainville-Damelevières.