Coupe de France7e tour

N. Scourzic (Séné FC) : « C’est essentiellement de la psychologie »

11/11/2017 à 17:55

Pour la première fois de son histoire, Séné va jouer un septième tour de Coupe de France. Demain, les joueurs de Nicolas Scourzic affronteront le FC Quimperlé (R2) à Le Derf. La rencontre s'annonce équilibrée et chaude, l'entraîneur sinagot en convient et il a livré ses impressions de veille de match. Selon lui, la différence se fera dans les têtes. Coup d'envoi à 14 heures.

Vous pensez que les niveaux se nivellent quand on joue ce genre de match. Ce septième tour, c’est une première pour Séné. En recevant Quimperlé, vous avez donc une chance extraordinaire d’aller encore plus loin. J’imagine que c’est ce que vous ambitionnez ?

On pourrait très bien se satisfaire d’être arrivé à ce tour. On a une chance extraordinaire, tout comme Quimperlé. Comme je le dis à mes joueurs, il ne faut surtout pas s’arrêter là, à Cléder. Si on venait à passer, ça serait sans doute le dernier tour où on peut jouer a domicile. Si c’est le cas, ça sera encore des émotions différentes, à l’extérieur, dans un stade plus grand.

Si c’est du 50/50, qu’est-ce qui fera la différence demain ?

C’est essentiellement de la psychologie. On a fait cinq séances cette semaine. Depuis mardi, je n’arrête pas de dire à mes joueurs qu’ils ont tout dans leur tête : les combinaisons, les schémas de coups de pied arrêtés défensifs et offensifs… Mais on a encore beaucoup de lacunes psychologiques et dans la gestion du stress. Il faut réussir à faire abstraction de l’environnement et se concentrer sur le terrain. A la limite, j’aurais préféré qu’ils jouent avec des boules quies demain. C’est l’équipe la plus concentrée qui passera. On n’a que deux joueurs qui sont allés aussi loin, Edern Guyader avait disputé un seizième contre Auxerre avec le VOC, et Audrey Essola était allé en huitième avec Saint-Renan contre Nantes. Le reste de mon effectif découvre ces ambiances qui sont très dures à gérer.

« Je sais que les femmes des joueurs me détestent »

Comment vous y prenez-vous pour gérer ces émotions ?

C’est beaucoup de discussions, beaucoup de temps passé avant et après les séances d’entraînement. Je sais que les femmes me détestent parce que je leur fais passer un temps fou au stade. Je leur conseille de tout faire sauf regarder du foot à la télé et parler du match de demain à des supporters.

Vous êtes un enfant du coin et vous travaillez à Séné. Vous avez pris l’équipe en main en juin après cinq ans à la GSI. J’imagine que vous êtes fier de vos résultats…

Dans ces cas, j’essaie toujours de ne pas penser à moi. Je gère deux écoles élémentaires ici. Entre les parents et les enfants, on parle beaucoup de foot. Je suis ravi d’avoir réussi ce pari et d’avoir redonné vie à ce club. Quand je suis arrivé, ils étaient trois joueurs à vouloir rester. Je suis fier pour mes copains et pour le président. Moi, c’est rendez-vous à la salle de musculation tous les matins, pour une séance de 6 heures à 7 heures 15. Histoire de m’aérer la tête et de bien préparer la journée.

Le maire a donné rendez-vous au stade

Sur le plan du jeu, à quel match vous attendez-vous ?

Je pense qu’on n’est pas supérieur à Quimperlé et ils ne sont pas supérieurs à nous. Ils ont un style de jeu similaire au notre, avec un 4-3-3 qui passe en 4-1-4-1 en phase défensive. Ils ont des joueurs expérimentés comme Jean-Pierre Le Callet avec qui j’ai joué. Ça s’articule autour de beaucoup de jeunes formés au club. Quimperlé a une identité très forte. C’est du 50/50. Dans tous les cas, je serai très déçu pour l’équipe éliminée demain, que ce soit nous ou Quimperlé.

Il y avait déjà une grosse ambiance au tour précédent et le club a largement communiqué sur cet évènement. Pouvez-vous nous en dire plus sur l’effervescence ?

Je suis dans le stade et il y a une trentaine de personnes à le décorer. Les commerces sont décorés aussi. Ça parle forcément. A 11 heures, le maire a donné rendez-vous au stade lors des commémorations du 11 novembre. Les politiques sont de la partie. Ils y sont vraiment parce que le maire était présent au deuxième tour, contre Landaul. C’est juste dommage pour le patron du PMU, le Séné Marin… Jean-Pierre Loheac risque de voir son bar déserté à partir de 12 heures 30. Dans les tribunes, si c’était possible que nos supporters accueillent bien Quimperlé et nous encouragent jusqu’au bout en laissant leurs supporters encourager leur équipe. Nous, on tiendra le match nul et notre kop marquera le but vainqueur avant la fin.

La préparation de la tribune de Le Derf au tour précédent :