Coupe de France8e tour

N. Scourzic (Séné FC) : « Je suis le premier supporter de Lorient, en championnat »

01/12/2017 à 10:31

Encore en lice au huitième tour de Coupe de France, Séné (R3) a tiré le gros lot en héritant du FC Lorient (Ligue 2). Courageux, les joueurs de Nicolas Scourzic y sont arrivés au forceps en passant trois tours aux prolongations. Il y a un moment où ce n'est plus du hasard. Naturel et compétiteur, l'entraîneur s'est livré dans une interview de veille de match. Préparation, choix des joueurs, affluence, échanges avec le coach adverse, stratégie... N. Scourzic dévoile aussi qu'il est en train de plancher sur une arrivée mémorable à La Rabine. Le coup d'envoi est programmé à 18 heures.

Ça y est, on y est… Cela fait deux semaines que le tirage a été effectué et on est à la veille du match contre le FC Lorient. Comment vont les troupes ?

Très bien. Les joueurs avaient demandé à se retrouver autour d’une réunion vendredi. Finalement, ça s’est fait hier et ça s’est terminé au bowling. Ça leur permettait de se retrouver entre eux, loin du terrain et sans la voix de Scourzic, je trouve ça très bien. Il y avait la quasi-totalité du groupe. En ce qui concerne le staff, tout va très bien. Avec mon adjoint, Christian Daniello, on s’est décidé sur les seize joueurs à convoquer toute la semaine. C’est une petite galère d’envoyer les textos aux convoqués et aux non-convoqués. Ça fait partie du jeu, ça ne fait pas plaisir mais il faut le faire. En tant qu’entraîneur, j’ai plus la tête à La Vraie Croix (Séné l’accueillera pour la 9e journée de championnat). La coupe, c’est éphémère. Les dirigeants ont fait un travail exceptionnel autour de Philippe Kerlidou (le président du club). Avec le staff, on essaie de donner un maximum d’éléments aux joueurs pour qu’ils soient prêts. On veut stopper notre spirale négative face à Lorient !

Vous restez effectivement sur deux défaites en championnat depuis le 7e tour. Pensez-vous que ces contre-performances sont inhérentes à votre parcours en coupe ?

Pas forcément parce qu’on a eu des victoires un peu heureuses qui méritaient peut-être d’être des défaites. La roue tournait bien et elle tourne moins bien sur ces matchs. Je sais que, psychologiquement, les joueurs ont forcément la tête à la coupe. Ils essaient d’éviter les blessures et les cartons. Il y a donc moins d’engagement et c’est ce qui prime en R3, on le sait. On est compétiteur, on déteste perdre.

« Le sorcier du Morbihan » vient apporter sa patte

Vous qui êtes très minutieux dans la préparation des matchs. Cette rencontre est spéciale, comment la préparez-vous ?

On essaie de préparer un bloc défensif déjà, un bloc pas trop proche de nos buts mais trois lignes très resserrées dans notre 4-3-3. Si on allonge à la récupération du ballon, ça fera boomerang et le ballon reviendra dans les trois secondes. On va s’orienter vers la possession dans la largeur, c’est ce qu’on va travailler ce soir. On a deux lignes directrices : avoir un bloc compact pas forcément devant notre but, et la possession à la récupération.

Avez-vous des craintes concernant l’approche mentale de vos joueurs ?

Oui, on va y travailler demain. Je fais venir un ostéopathe pour préparer les joueurs sur les plans athlétique et mental. C’est Dominique Huybrechts, « Le sorcier du Morbihan » qui s’en occupera. Celui que tous les coachs appellent pour prendre en charge des joueurs de 6 h 30 à minuit. C’est important d’avoir un kiné. En plus du travail sur le corps, on sait que les joueurs se livrent beaucoup plus à un kiné qu’à un coach. Il sera avec nous dès demain matin. Comme Douarnenez au tour précédent, le risque, c’est de ne pas jouer pendant vingt minutes, de ne pas s’intéresser à ce qui se passe sur le terrain pendant que les lorientais jouent.

Serez-vous au complet ?

Oui. On avait le choix parmi vingt-deux joueurs et on en a choisi seize. Tous les joueurs sont sur le pont.

Dix minutes au téléphone avec Landreau pour parler de l’avant-match

Avez-vous pu échanger des mots avec Landreau ?

Hier, mon président était à Kerlir pour discuter administratif avec la direction du FC Lorient. J’ai eu le numéro de Mickaël Landreau il y a quinze jours. Je n’ai pas osé l’appeler parce qu’il restait sur deux défaites en championnat. Il était étonné que je ne l’ai pas contacté et il en a parlé à mon président. Finalement, il m’a appelé hier après-midi et on a passé dix bonnes minutes à échanger sur notre préparation de ce match. A l’image du FCL, Landreau, c’est la classe. Dans sa façon d’échanger et de discuter, ça reste un monsieur. Mais on ne va pas leur dérouler le tapis rouge. Je lui ai dit que j’étais attendu après le match donc qu’on souhaitait les battre avant les prolongations. On va essayer de leur mener la vie dure, c’est le petit qui veut malmener le gros. Comme je le dis à mes joueurs, une équipe intelligente, c’est celle qui est dans le chapeau et qui est qualifiée. On ne parle que de victoire aux joueurs.

A titre personnel, quelle valeur a ce match dans votre parcours ?

Je suis sinagot pure souche. Le gros kif, ça serait de réussir à arriver dans le port de Vannes en sinagot et de rejoindre La Rabine à pied pendant que les lorientais arrivent dans leur bus dix étoiles. On est en train d’essayer de préparer ça, on attend les autorisations. Le staff et les joueurs arriveraient à 16 heures au port de Vannes, après un départ à 15 heures 30 du Port Anna, à Séné. Ça serait une certaine fierté de rejoindre nos supporters sur le quai et de parcourir à pied les cent mètres qui mènent au stade. Émotionnellement, ce serait fort. Ça aurait de la gueule.

Pensez-vous que les 9 000 places de La Rabine seront vendues ?

On était à 5 000 places vendues ce matin. On espère faire guichets fermés même si on sait que ca va être compliqué. Mais je préfère avoir 6 000 vrais supporters plutôt que 9 000 spectateurs.

Souhaitez-vous ajouter un mot ?

Je tiens à féliciter et à mettre en avant le travail des dirigeants et des supporters. J’ai eu la part belle et facile en gérant le sportif. Vivement la bière d’après-match avec mon président ! En ce qui me concerne, je suis le premier supporter de Lorient, en championnat.

Propos recueillis par David Guitton