Livre

Thierry Guillou : « Réussir à atteindre la beauté veut dire avoir de l’efficacité »

10/01/2018 à 13:24

Entraîneur des U19 DH du FC Lorient, Thierry Guillou a été bercé par le jeu, ce football vivant, rythmé et de qualité. En ce début d'année, il en a fait un livre, "Football et formation : une certaine idée du jeu", où il reprend les propos des coaches professionnels qui sont eux aussi tournés vers un football construit. Ainsi, au travers des 140 pages, il donne la parole à Arsène Wenger, Josep Guardiola, Christian Gourcuff, qui a écrit la préface, ou Arrigo Sacchi.

Quelle est l’idée de votre livre « Football et formation : une certaine idée du jeu » ?

Le but est d’exposer une vision du football. Il s’adresse aux éducateurs, aux joueurs et aux passionnés du football. C’est un projet qui a émergé en 2010. Je l’ai terminé en septembre. C’est un livre qui recense beaucoup de citations et de réflexions d’entraîneurs reconnus. J’ai archivé pendant de nombreuses années des citations d’entraîneurs dans lesquelles je me retrouvais. Il y a une caractéristique commune dans la réflexion qui émergeait. C’est un peu philosophique comme livre.

Qui est concerné par ce projet de jeu ?

Ca part de la détection du jeune joueur, jusqu’à leur révélation et la création d’une identité de jeu à l’échelle d’une équipe. Ca part du singulier au collectif. Du coup, par ricochet, on retrouve une identité de club. Au très haut niveau, il y a peu d’exemples de clubs qui ont concrétisé une idée de politique de formation qui se retrouve dans l’équipe première avec succès.

Que voulez-vous dire ?

Je parle de la formation et le jeu comme principes fondamentaux d’une politique de club. Ce courant de pensée a rarement trouvé un champ d’application au haut niveau. C’est Barcelone ou, en France, à une époque, le FC Nantes, et l’Ajax également. Ce sont quelques exemples assez rares d’un jeu construit plutôt tourné vers l’offensive, dans la recherche du déséquilibre collectif. Comme je l’écris, « le football est une oeuvre collective avant d’être un art individuel ».

En tant qu’éducateur des U19 DH du FC Lorient, ce sont des principes que vous essayez d’appliquer ?

C’est quelque chose qui m’habite, que j’essaye de transmettre aux joueurs dont j’ai la responsabilité. C’est un processus qui s’est décliné sur plusieurs années. J’ai eu la chance de suivre avec attention le FC Lorient quand le club montait en 1998, avec Christian Gourcuff en entraîneur. Le foot développé était flamboyant. En plus, mon premier match dans un stade était Lorient-Nantes de 1994. Derrière, on s’oriente forcément vers cette voie-là (rires).

On a l’impression que de plus en plus d’équipes tentent de jouer.

Ca va plutôt vers le bons sens, en effet. Il y a eu des périodes plus sombres dans la qualité du jeu. Le FC Barcelone a fait beaucoup sur la période 2008/2012. Il a remis beaucoup de choses à plat et a insufflé un grand élan positif. On est encore sur cette dynamique.

Ses joueurs ont bien aidé.

Bien sûr, ce sont tous les joueurs qui ont une sensibilité technique, une clairvoyance dans le jeu, que ce soit Messi, Iniesta ou Xavi. Ce sont des joueurs qui voient avant les autres.

Le foot espagnol dans son ensemble est un football de jeu.

C’est un des exemples, car il a été porté par Josep Guardiola. Il influence beaucoup, car c’est un football qui gagne et qui procure des émotions. Quand c’est lié à la beauté, si on est sensible à ça, on éprouve des émotions. Et puis, réussir à atteindre la beauté est une certaine forme d’efficacité.

Crédit : FC Lorient

 

Se procurer le livre « Football et formation : une certaine idée du jeu », aux éditions L’Harnattan, en vente sur le site de l’éditeur