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Il voulait faire le grand saut, Clément Sorel est dans le bain !

02/12/2017 à 14:25

La saison dernière, c'est en D2 et sous les couleurs de Saint-Nolff que Clément Sorel évoluait. Le seul club qu'il ait connu depuis l'âge de six ans, son club de potes. Compétiteur, le jeune joueur de vingt ans a fait le grand saut en signant au Séné FC en juin 2017. L'avant-centre se retrouve propulsé titulaire en Ligue et il fait plus que l'affaire. Fan du FC Nantes, l'athlète affronte le FC Lorient (Ligue 2 ) au 8e tour de Coupe de France aujourd'hui. Une belle histoire pour ce fan du FC Nantes et de Mickaël Landreau, mais aussi l'occasion de se jauger pour celui qui souhaite aller au bout de son potentiel.

Bien éduqué et réservé au premier abord, Clément Sorel sait où il veut aller dans le football. Arrivé en juin pour progresser sous la houlette de Nicolas Scourzic, l’attaquant a fait toutes ses classes chez les Ajoncs d’Or de Saint-Nolff. Un club avec lequel il était habitué à aller loin dans les coupes départementales. Mis en relation par deux joueurs sinagots, Pierre Guyot et Marvin Coquaud, il a sauté sur l’occasion quand le néo-entraîneur de l’équipe fanion l’a contacté pour l’inviter à faire un essai au mois de juin. L’étudiant en deuxième année de BTS MUC se cache pas, il a envie de progresser et il veut aller loin. « J’ai toujours joué à Saint-Nolff. Je ne recherchais pas forcément le niveau avant, c’était plus pour jouer entre potes. Ça faisait deux ans que j’hésitais à franchir un cap dans un autre club. A vingt ans, je voulais essayer d’aller en Ligue pour voir si je pouvais évoluer à ce niveau », explique-t-il sans langue de bois. Déjà contacté par plusieurs clubs dans les catégories de jeunes, Séné n’était pas le seul à taper à sa porte l’été dernier.

Saint-Nolff se situe à treize kilomètres de Séné, dans les terres. Une commune dont le club est habitué aux joutes en District. L’équipe A est montée en D1 la saison dernière, elle accueille la réserve de l’AS Ménimur dimanche. La veille, leur ancien numéro neuf affrontera le FC Lorient de Mickaël Landreau au huitième tour de la Coupe de France. En bon attaquant, Clément Sorel aurait pu flairer le coup… mais qui pouvait prévoir pareille trajectoire pour sa nouvelle équipe ? L’intersaison a été mouvementée à Séné. Relégués en R3 après une saison moribonde en DSR, les Seniors ont changé d’entraîneur et ont enregistré une vingtaine d’arrivées pour une quinzaine de départs. Clément Sorel revient en arrière : « Quand on a commencé à voir les joueurs qui voulaient rester, ça se sentait qu’il y allait avoir une équipe intéressante. De là à jouer les premières places en championnat et surtout à aller aussi loin en Coupe de France… je pense que personne ne l’avait envisagé, moi le premier ».

Un jeune joueur de District au physique affûté

Venu de D2, l’attaquant axial a basculé sur l’aile droite pour pallier l’absence de Kaelig Rousseau, victime d’une luxation à l’épaule en début de saison. Dans le foot moderne où l’on s’est habitué à saliver devant des fausses pattes qui provoquent leur adversaire direct, Sorel est droitier et son coach lui demande de coller au maximum la ligne de touche. Son joueur préféré ? Messi. Sa qualité principale ? La vitesse de course avec et sans ballon. Nicolas Scourzic le décrit comme « un véritable athlète ». Encore jeune et nouveau dans la danse, il est arrivé sur la pointe des pieds. Son entraîneur aimerait qu’il gagne en confiance et qu’il soit moins altruiste. La recrue est très attentive aux conseils qu’on lui prodigue : « C’est une opportunité de jouer sous les ordres d’un coach qui a ce passé. Il s’implique beaucoup et il a un niveau d’exigence élevé, il ne fait pas de différence entre notre R3 et sa CFA de Pontivy ».

Prometteur et demandeur, le joueur a évolué sur et en dehors du terrain. Finies les sorties le samedi soir, sous peine de se retrouver sur le banc de touche ou en réserve le week-end d’après. « Il faut savoir ce que l’on veut » pose Clément Sorel. Assidu, il a participé à tous les entraînements pour l’instant, la meilleure façon de profiter de l’expérience du coach et de ses coéquipiers. L’attaquant a déjà élargi sa palette, notamment dans le jeu sans ballon : « Nicolas Scourzic m’a fait travailler sur la gestion des transitions. L’année dernière, je marchais quand on n’avait pas la possession. Là, j’ai un travail de placement même si le ballon est de l’autre côté du terrain. Je travaille aussi sur la position de mon corps par rapport au défenseur pour prendre rapidement de la vitesse ». Si ses qualités lui avaient suffi à gratter un quatrième tour perdu contre la CFA 2 de la TA Rennes (défaite 5 – 1) la saison dernière, son potentiel est en train de s’affirmer. Titulaire à chaque tour de Coupe de France, Clément Sorel compte trois buts et autant de passes décisives dans la compétition. C’est Samuel Delesne qui se frotte les mains et qui enquille grâce aux services du jeune ailier.

Fan du FC Nantes et compétiteur avant tout

Véritablement propulsé à ce niveau, le nolféen et ses parents sont fans du FC Nantes. Si l’actuel entraîneur du FC Lorient a commencé son histoire avec le club morbihannais cette saison, Clément Sorel a une très bonne image de l’ancien gardien de but des Canaris. Il en est même fan : « Je devais avoir huit ou neuf ans quand Landreau est parti au PSG, mais mes parents m’ont amené à La Beaujoire dès mon plus jeune âge. J’ai revu des images de sa carrière à Nantes et j’aime bien ce mec ». L’ailier de Séné était sur place quand le club de la capitale s’était déplacé pour jouer face à Pontivy, avec Landreau dans les buts, lors d’un amical en 2008. Il assure qu’une photo prise avec l’ancien portier traine dans le grenier familial…

Celui qui admire la combativité de Emiliano Sala va se frotter à Le Goff ou Moreira demain. Lorient, c’est le haut du panier en Ligue 2 et c’est le top pour les footballeurs amateurs du Morbihan. Si Séné n’aura pas l’avantage de jouer à Le Derf parce que le site ne remplit pas le cahier des charges de la Fédération, le staff et l’équipe ont « l’avantage de pouvoir regarder tous les matchs du FCL » se réjouit Clément Sorel. Le néo sinagot avoue qu’il a pensé à Landreau après le tirage, il embraye : « Je me suis dit que j’irai le voir pour échanger quelques mots et pour prendre une photo avec lui après le match. Pas avant, je suis un compétiteur ». L’enfant a grandi, sa passion est restée intacte, le joueur poursuit sa progression… L’occasion de faire un clin d’œil à ses anciens coéquipiers qui seront sans doute dans les tribunes et de pouvoir exhiber un cliché avec l’ancien gardien international français ?

David Guitton