Coupe de FranceInterview

Willem Pierre-Charles (GSI Pontivy) : « Le PSG, c’est là où j’ai débuté »

03/01/2019 à 14:05

A 25 ans, l'attaquant est l'un des hommes forts du dispositif de Yannick Blanchard. Dimanche, devant les caméras de télévision, Willem Pierre-Charles, sera l'un des atouts de la GSI Pontivy (N3) pour tenter de créer un immense exploit face au PSG. L'ancien Titi évoque ce match si particulier.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris le tirage de Coupe de France ?

On était tous réunis avec l’équipe dans un bar pour suivre le tirage. En tant que Parisien, j’espérais tirer le PSG, quand j’ai vu qu’ils étaient dans notre groupe, mais je n’y croyais pas vraiment. Quand j’ai entendu qu’on les affrontait, j’ai sauté de joie, j’étais vraiment content.

Qu’est-ce que représente une telle rencontre ?

A l’heure actuelle, c’est le plus gros match de ma carrière. C’est la concrétisation de toutes ces années de travail, pour profiter d’un match contre une équipe de très haut niveau. C’est une récompense personnelle et collective, par rapport à notre début de saison où on a bien travaillé.

C’est une revanche ?

Non, je ne vois pas ça comme une revanche, plutôt comme un clin d’oeil d’affronter l’équipe où j’ai démarré quand j’étais petit.

Que gardez-vous du PSG ?

Je garde de très bons souvenirs. Avec mon frère jumeau, c’est là où on a fait des tournois loin, qui étaient réputés. C’est l’époque des Pauleta, Ronaldinho. On rentrait avec eux sur le terrain, j’ai été ramasseur de balle. J’y ai joué de poussins à moins de 13 ans.

C’était un moment fort ?

C’était une fierté. Tout gosse parisien qui joue au foot s’imagine porter les couleurs du PSG. Ce n’était pas en pros, mais en jeunes, cependant c’est une fierté. A cet âge-là, quand on était au collège ou à l’école, on était obligé de montrer des photos pour que les autres nous croient (rires).

Willem Pierre-Charles, sous le maillot du PSG, en blanc, à côté du gardien.

Est-ce le match d’une saison ?

Ce serait mentir de dire le contraire. C’est très particulier. On affronte la meilleure équipe de France, et l’une des meilleures du monde. On est motivé fois 3000. On veut profiter au maximum de l’événement. On ne pense pas au championnat.

Arrivez-vous à vous concentrer sur la préparation du match ?

Ca peut être difficile, car on est sollicité par les médias. Il y a aussi toutes les personnes dans la rue, on voit les posters affichés. Je suis rentré quelques jours pendant les fêtes, à Paris. Ma famille, mes amis me parlent de ça. Des fois, c’est dur de pas y penser, mais il faut essayer, sinon c’est le meilleur moyen de passer à côté. Quand on m’en parle, je réponds, mais quand je suis tout seul chez moi, j’essaye de ne pas y penser.

Que vous dit Yannick Blanchard, votre entraîneur ?

Le coach essaie de nous prévenir. Il nous donne des conseils pour gérer les émotions, le stress par rapport à l’évènement. Jouer devant autant de spectateurs, ça va être particulier, ça rajoute du stress.

Vous allez jouer au Moustoir…

J’ai déjà joué là-bas, car on y évoluait quand j’étais avec la réserve de Lorient. C’est un terrain que je connais, même si la pelouse a changé (sourires).

Il y a tout pour en faire un match spécial…

Pour moi, c’est tout un clin d’oeil. Je rencontre le club où j’ai démarré, dans un stade dans lequel j’ai joué. Tout est réuni. Il y a ma famille qui vient de Paris pour nous voir. C’est particulier pour moi. J’essaie de dédramatiser l’événement. Il faut essayer de le jouer comme un match habituel, même si c’est différent.

Quel est le pourcentage de chances de vous qualifier ?

(sourires) Je pense qu’on a 1% de chance de passer. C’est déjà pas mal. On va tout faire pour essayer de l’avoir pour nous. On a envie d’y croire, on verra ce qu’il va se passer. Quand on rentre sur le terrain, on a envie de gagner. Il faut être réaliste, mais on aura une chance, il faudra la saisir. En plus, je crois qu’il n’y a pas les Sud-Américains. Il y aura pas mal de jeunes. On aura une opportunité, s’il n’y a pas l’équipe type. On veut jouer le coup à fond pour ne pas avoir de regret à la fin.

Ne regrettez-vous pas l’absence des Sud-Américains ?

En tant que footballeur, on a envie de se mesurer aux plus grands pour voir ce qu’on peut faire contre ces joueurs-là. J’aurais espéré les affronter. Mais s’il n’y a pas tout le monde, tant pis pour eux et tant mieux pour nous. A nous de créer l’exploit.

Qu’est-ce qui vous offre une chance d’y croire ?

Je pense, avant tout, que c’est la magie de la coupe de France. Paris gagne tout. Il faut pouvoir les gêner un max de temps. Plus le match va avancer, inconsciemment, ça va les faire douter. Il suffit d’un coup de pied arrêté, une faute, une erreur individuelle d’un joueur. Il peut se passer plein de choses pour marquer un but. Il faut saisir toutes les opportunités. On devra être réaliste offensivement et défensivement, et ne pas faire de faute bête dans la surface. Il suffit que ce soit un jour sans pour eux, et qu’ils n’arrivent pas à marquer. C’est ce qu’on se dit. 99 fois, ils vont nous battre, ce sera peut être, le 100e match, dimanche, celui qu’on gagne. On croise les doigts.

Crédit : DR / Benjamin Bénéat