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Les Côteaux et le rêve du niveau régional

13/02/2018 à 17:43

Pensionnaire de Deuxième Division de District pendant trois ans, l'AS Les Côteaux se met aujourd'hui à rêver de Régional 3. Désormais 2ème en Première Division de District, l'équipe entrainée par David Gautier, en course pour la montée, a dû se faire violence pour faire évoluer les mentalités. Et changer ses mauvaises habitudes. Explications.

Samedi 7 octobre 2017. Cinquième tour de Coupe de France. L’AS Les Côteaux reçoit l’US Raon l’Etape (National 2). Six divisions d’écart, pour autant de buts encaissés. Score final, 6-0. « C’est un autre monde. Ils sont venus avec la grosse équipe parce qu’on avait sorti des R2. On a défendu du début à la fin. Si on n’avait pas été prêt physiquement, on en aurait pris 15 ! » explique le coach mosellan, David Gautier. L’essentiel est ailleurs et va au-delà du score. Jamais le club n’avait dépassé le deuxième tour de la compétition. Une performance historique, donc, pour les hommes de David Gautier, qui leur coûte tout de même des points en championnat. « Les joueurs étaient à fond dedans. Les journalistes aux entraînements, les photographes, les articles dans la presse, les maillots à gagner… Ils n’avaient jamais connu ça, donc forcément, ils avaient la tête ailleurs. Quand on jouait en championnat, ils avaient déjà la tête au week-end suivant, en Coupe de France. » se souvient l’entraîneur. Bilan : une série de 3 points en 4 matchs, ponctuée par une défaite chez la lanterne rouge Plantières, une semaine après l’élimination face à Raon L’Etape. Un tournant dans la saison des rouge et noir. « Cette défaite a été bénéfique pour mes joueurs. On était 8ème au classement. C’est à ce moment qu’ils ont réalisé qu’il fallait se ressaisir. On a repris du poil de la bête, j’ai retrouvé mon groupe au fil des matchs, avec 4 victoires en 5 matchs contre le haut du tableau. » raconte l’ancien coach du Ban Saint-Martin.

« Il fallait les faire changer mentalement »

Aujourd’hui, le club basé sur les coteaux de Moselle a l’espoir d’évoluer en Régional 3 la saison prochaine (la Régional 4 va être supprimée). Mais l’équipe fanion n’a pas toujours eu cette ambition. Et a longtemps eu de mauvaises habitudes. « Quand je suis arrivé il y a dix-huit mois, on s’est donné 3-4 ans pour monter en ligue avec le président, Denis Fontarosa. On est dans les temps. Le club était en 2ème Division depuis trois ans. Les joueurs étaient là pour le loisir, jouer entre potes. Il a fallu changer les habitudes, les comportements. » explique David Gautier. D’abord, un changement dans la façon de s’entraîner, beaucoup plus sérieuse qu’auparavant. Au programme « une préparation physique en été et en hiver ». Une nouveauté pour ces joueurs, pour qui « l’entraînement se résumait à trois tours de terrain et un match ».  Pour faire progresser l’équipe, un « gros travail psychologique » est nécessaire. « Il fallait les faire changer mentalement, leur faire prendre conscience de leur potentiel, de quoi ils étaient capable. Il a fallu leur faire accepter certaines choses », poursuit l’entraîneur mosellan.

Dès son arrivée, le nouvel entraîneur de l’équipe première fait un constat amer sur la solidité défensive de l’équipe : elle encaisse trop de buts. Une fébrilité défensive masquée par une attaque particulièrement prolifique. « La saison passée, ils avaient 60 buts marqués, mais 40 encaissés. Ils gagnaient souvent 6-2, 5-3. Pour eux, à la perte du ballon, seuls les défenseurs devaient défendre. J’ai dû leur faire comprendre que nos premiers défenseurs, ce sont nos attaquants », raconte David Gautier. Il était indispensable d’instaurer une certaine haine du but encaissé. Garder notre cage inviolée devait devenir une priorité absolue, ils devaient comprendre qu’en montant de niveau, on ne mettrait pas toujours cinq ou six buts à l’adversaire ». Le travail paie et les résultats parlent d’eux-mêmes. Cette année, en Première Division, l’équipe est meilleure défense de son groupe, avec seulement 9 buts encaissés en 9 rencontres.

Des matchs de préparation et des moyens à la hauteur de leur ambition

En l’espace de quelques mois, l’équipe progresse physiquement, tactiquement et défensivement. Les joueurs sont désormais capable de maintenir une certaine intensité dans une rencontre et d’imposer à leur adversaire un combat physique important. « On a joué des équipes de Première Division en amical au mois de janvier. A la mi-temps, on était déjà largement devant au score, physiquement aussi. Ça montre nos progrès », précise David Gautier. Le coach se permet de viser plus haut, et organise des matchs amicaux contre des équipes de Régional 2. Les joueurs ont pris goût à la confrontation face à une plus forte opposition. « Il y a un an, je n’aurais pas pu me permettre de prendre ce genre de match. Aujourd’hui, les joueurs préfèrent jouer des matchs plus difficile. La saison dernière, ça aurait probablement été l’inverse », ajoute David Gautier. Après un an et demi à la tête de l’équipe première, l’entraîneur salue les efforts payants de ses hommes et ne regrette pas d’avoir tenté le challenge Les Côteaux. « Quand je disais où j’avais signé, on me répondait « C’est paumé ça, non ? ». Beaucoup s’imaginent un club de campagne avec un champ de patates en guise de terrain. Même le journaliste du Républicain Lorrain était surpris par nos installations », raconte le coach, heureux d’avoir fait le bon choix.

Les moyens mis à disposition par la mairie feraient pâlir plus d’une équipe de ligue : « un des plus beaux terrains verts du département, un terrain synthétique livré il y a trois ou quatre ans, un club house flambant neuf où l’on se réunit parfois à 80 personnes ! », précise l’entraîneur des rouge et noir, conquis. En bref, les installations sont un véritable plus pour convaincre des joueurs de signer. Tout comme cette « salle de musculation mise à disposition par la mairie les soirs », autre atout pour ce club de district dans sa quête de développement. Le coach a aussi voulu que « le club et la mairie investissent dans du matériel » pour pouvoir proposer des séances plus poussées à ses joueurs : « des ballons, des chasubles, des cocottes, tout ce qu’il faut pour faire des exercices digne de ce nom ». Avec des installations semblables aux grosses écuries de la région et un groupe solide, tous les ingrédients sont réunis pour que le club s’autorise à rêver plus grand. Une 2ème place en championnat à conserver, voire une 1ère place à aller chercher. Un premier 16ème de finale de Coupe de Lorraine de son histoire à disputer. Autrement dit, une fin de saison palpitante, pour l’AS Les Côteaux.

Crédit Photo : AS Coteaux – Facebook

Florian Tonizzo