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Vincent Laurini, un Guénangeois professionnel en Italie

15/09/2017 à 16:27

Après avoir bourlingué dans les divisions inférieures italiennes, le Guénangeois Vincent Laurini est aujourd’hui à la Fiorentina, en Serie A. De Metz à Florence en passant par Carpi, retour sur un itinéraire semé d’embûches.

Une vie de footballeur professionnel peut donc dépendre d’une petite annonce publiée dans le journal pour devenir… mannequin. C’est rare, mais ça arrive. C’est de cette manière que Vincent Laurini a fait décoller une carrière bien partie pour le mener nulle part.

Rembobinons le fil : on est en 2008. Après s’être déjà fait renvoyer du centre de formation de Metz quatre ans plus tôt, l’arrière droit, originaire de Guénange, prend la porte de celui de Sedan. « Pas le physique pour être pro », lui explique-t-on à chaque fois. À 19 ans, dans l’impasse, il part en Italie faire un essai en Serie C2 (National 2) à Gubbio, où une partie de sa famille paternelle réside. Là encore, rien de concluant.

Proche de tout plaquer, il est remis en selle par son père, Serge, qui lui donne une idée. À 30 bornes de Gubbio, il y a Fossombrone et son club d’Eccellenza regionale (Régional 2). Un club qui appartient à Dirk Bikkenberg, célèbre et fortuné styliste belge. Quelques années en amont, Vincent a fait des photos pour lui. Dans une première vie, furtive, il a été mannequin. « Mon père avait répondu à une annonce en envoyant des photos de moi. Au final, j’ai fait quelques shootings », rigole-t-il. Il appelle donc Bikkenberg, qui accepte de l’engager.
La grande ascension

En terme de saut dans l’inconnu, difficile de faire mieux. Ou pire, c’est selon. « J’étais sans équipe, je ne savais pas quoi faire, je l’ai appelé. J’ai beaucoup hésité avant de partir. Sincèrement, j’avais envie d’arrêter le foot, j’étais dégoûté. Si Bikkenberg avait eu un club ailleurs qu’en Italie, je n’aurais même pas bougé. »

Là-bas, les débuts sont difficiles. Son salaire lui permet seulement de vivoter. Mais il s’accroche. C’est le début de la grande ascension. Une première accession en Serie D avec Fossombrone, deux autres avec Carpi (2010-2012) et un départ à Empoli, en Serie B. En quatre ans, Vincent Laurini a grimpé d’autant de niveaux. Sans bégayer. « J’ai eu la chance de me retrouver dans des équipes ambitieuses. Chaque début de saison, ce n’était pas simple. Il me fallait quelques matches pour m’adapter. Mais jamais très longtemps », se remémore-t-il dans un accent chantant, mi lorrain-mi italien, qui traduit son rapport à son pays d’adoption : « Aujourd’hui, je me sens plus italien. J’ai acheté une maison ici, ma fiancée est italienne. Je pense m’établir ici après ma carrière. »

À Empoli, le Lorrain a continué sa progression. Et dès sa deuxième saison, en 2014, il grimpe une nouvelle marche, celle de la Serie A. Impensable six ans plus tôt. « Dès mon deuxième match, je joue contre le Milan AC. Moi qui suis milaniste depuis toujours, j’ai vraiment pris conscience du truc. C’était impensable. Je voyais les maillots du Milan à côté de moi mais je n’y croyais pas. » Viennent ensuite les rencontres contre la Roma, Naples ou la Juve de Pogba, « le plus impressionnant de tous. On dirait un adulte qui joue avec des enfants ». Un rêve éveillé.

À la fin du mois d’août, après trois saisons dans l’élite italienne, Vincent Laurini, 28 ans, a signé à la Fiorentina. Si le niveau est le même qu’à Empoli, « la marche à gravir est beaucoup plus haute que les précédentes. La Fio, c’est un top club. J’espère m’adapter rapidement. » Il a déjà prouvé par le passé qu’il savait y faire.