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Bruno Brongniart (LFHF) : « L’idée, c’est de reprendre le 10 ou le 17 janvier »

30/10/2020 à 12:40

Au lendemain de l'annonce de la suspension des compétitions décrétée par la FFF, le président de la Ligue des Hauts-de-France s'est exprimé sur l'avenir du football amateur dans la région. Bien que celui-ci soit flou, il tente de dessiner les contours des prochaines semaines. Interview.

Monsieur Brongniart, comment avez-vous accueilli les annonces de la FFF de suspendre les compétitions jusqu’au 1er décembre ?

On était préparés à un durcissement des précautions sanitaires. Donc on travaillait sur deux hypothèses : celle d’un reconfinement total les week-end sur les zones très rouges, avec un couvre-feu avancé ; et celle d’un confinement toute la semaine et le week-end. C’est la deuxième qui a été retenu et on se plie naturellement aux décisions qui ont été prises par les instances du football et par les pouvoirs publics.

Aviez-vous été informé de celle-ci avant la publication du communiqué ?

On a pour habitude de se concerter. Ce qui fait que l’on dispose, effectivement, de quelques informations. A côté de cela, nous avons des personnes qui nous renseignent et qui nous donnent les principales orientations. Donc on était loin d’être catastrophés en découvrant la nouvelle, officialisée. On le pressentait déjà depuis des jours. Et au vu de la brutalité de l’augmentation de l’épidémie, on s’attendait de toute façon à des mesures fortes de la part du Gouvernement.

« On a pris des mesures fortes : on a annulé toutes les coupes régionales »

Confirmez-vous que les entraînements sont également suspendus ?

Ah ben de toute façon les gens sont confinés. Donc la question ne se pose pas. Et au niveau amateur, non, il n’y aura pas de dérogation pour aller s’entraîner.

Selon vous, à partir de quelle date le football en compétitions pourra-t-il reprendre ?

C’est une question qui va rester un bon moment en suspend. Sachant qu’on est parti pour au moins quatre semaines et qu’une rallonge est possible en fonction de l’évolution de la crise, ce n’est pas évident de savoir. Cela peut-être huit semaines. Donc c’est très difficile de se projet. On ne peut pas vraiment fixer de date butoir. Nous allons encore en discuter en conseil de Ligue, la semaine du 9 novembre. Mais l’idée, c’est de reprendre début janvier, le 10 ou le 17. Le temps de remettre les acteurs du foot en forme, de procéder à une réathlétisation… Pour cela il faudra compter au moins 15 jours. Donc dans l’état actuel des choses, ce serait mi-décembre au mieux. Or, cela coïncide avec la période des fêtes de fin d’année. Donc on se dit : autant les laisser souffler un peu, profiter, et reprendre une ou deux semaines plus tard.

La situation s’annonce d’autant plus compliquée dans les Hauts-de-France que les mois de janvier et février sont souvent synonymes de reports de matches en raison des conditions météorologiques…

Pour faire face à cela, on a pris des mesures fortes : on a annulé toutes les coupes régionales. Dès la reprise, nous aurons six mois et 26 week-ends de libres. Sachant que l’on pourra jouer jusqu’à fin juin, et qu’il nous reste 18 week-ends de compétitions à fixer, j’espère que l’on va pouvoir trouver un nombre suffisant de dates.

« On va devoir se préoccuper de la question financière »

Pensez-vous qu’une fin de saison pourra être envisagée ?

A la date d’aujourd’hui, complètement pas. Evidemment, je ne sais pas comment vont évoluer les choses d’un point de vue sanitaire. Je ne peux pas me permettre d’assurer qu’on va reprendre à 100% en janvier. Ce qu’on dit aujourd’hui est soumis aux décisions du Gouvernement et à l’éventualité que l’épidémie s’installe durablement ou non pendant l’hiver. Malheureusement, on ne ne contrôle ni la maladie, ni les décisions du Gouvernement.

Allez-vous proposer aux clubs une contribution financière ?

C’est justement l’une des problématiques qui se pose. On a déjà sorti beaucoup d’argent (2,3 millions d’euros) via le fond de solidarité. Or, depuis un certains temps, l’argent ne rentre pas ou plus beaucoup. On va devoir faire quelque chose car certains clubs sont déjà à bout de souffle. Ils n’encaissent pas les recettes prévues et leur fond de commerce ne suffit pas. Dans les tout petits clubs de quartier ou de campagne, il n’y a pas de buvette. Et on sait l’importance que représente celle-ci. Forcément, on va devoir se préoccuper de cette question. Nous aussi on est dans le rouge. On ne pourra pas sortir l’argent que l’on n’a pas. Cela reste à travailler. Mais ce que je vois, c’est que 20% des clubs de la Ligue se trouvent en grande difficulté. Il va falloir gérer une certaine équité entre eux.

Crédit photo : Courrier picard

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