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Comment s’organisent les clubs de la métropole lilloise avec le couvre-feu ?

16/10/2020 à 13:00

Prises de court par l'annonce du Président de la République, les institutions de la Métropole européenne de Lille ont dû redoubler d'inventivité.

Depuis mercredi soir et l’annonce de l’instauration d’un couvre-feu de 21 heures à 6 heures, plusieurs mots résonnent au sein des clubs de la métropole lilloise : réaménagement, réorganisation, adaptation. Pour les entraîneurs, managers généraux et autres dirigeants de cette centaine d’associations, il a fallu faire preuve de créativité. Beaucoup d’entre elles organisaient des entraînements jusqu’à 21 heures, voire 21h30. Mais avec la mise en place du couvre-feu, il a fallu décaler ces séances de 30 minutes, voire une heure plus tôt.

Certains, comme à Tourcoing, ont pensé à d’autres solutions : demander à la ville de disposer de terrains supplémentaires, ou encore réduire la durée des entraînements. A Lambersart, on envisage même d’ajouter une séance sur le créneau du midi. Les plus drastiques pensent, tout bonnement, à en supprimer une. C’est le cas de Frédéric Advice, responsable du pôle seniors du club de Marcq-en-Baroeul, qui assure préférer « annuler des séances plutôt que de faire une croix sur une saison entière ».

Tous, en tout cas, confirment qu’ils vont s’adapter à cette nouvelle situation. Car si certains matches professionnels pourront se jouer à huis-clos, les clubs amateurs ne bénéficient pas des mêmes avantages. La ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a déclaré ce vendredi qu’il n’y aura pas de dérogation au couvre-feu accordée aux sportifs amateurs. Un coup de massue supplémentaire sur la tête des clubs amateurs, qui vivent déjà un enfer depuis plus de six mois et qui nous ont confié, pour beaucoup, leurs inquiétudes.

Les entraîneurs de clubs de la métropole lilloise réagissent

Frédéric Advice, entraîneur et de l’équipe N3 et responsable du pôle seniors de l’Olympique Marcquois

« On n’a pas forcément reçu de consigne de la part des instances. Mais on va faire preuve de bon sens. Nous allons décaler les entraînements, libérer des joueurs plus tôt pour qu’ils puissent rentrer chez eux à 21 heures, passer de trois à deux séances par semaine pour certaines catégories. Cela s’annonce compliqué puisque nous sommes un club de plus de 850 licenciés, donc c’est toute une réorganisation qui s’annonce. Mais en même temps, on n’a pas vraiment le choix. Nos politiques ont parlé, à nous de nous plier aux règles. Et à tout problème, il y a une solution. J’espère surtout que l’on va pouvoir finir la saison. Car je préfère annuler des séances plutôt que de faire une croix sur une saison entière… »

Mehdi Izeghouine, entraîneur de l’équipe N3 de Wasquehal

« On a déjà aménagé certaines choses, par rapport aux entraînements ou aux matches. A titre d’exemple, les séances que nous démarrions jusqu’à présent à 19h30 ont été avancées à 19h00. Elles se termineront à 20h15 et cela permettra aux joueurs de rentrer chez eux dans les temps, avant 21 heures. Ceux qui habitent près du stade pourront rester quelques minutes supplémentaires pour faire du travail devant le but s’ils le souhaitent. Mais on s’est en tout cas organisé de telle sorte qu’un maximum de nos joueurs ne soit pas exposé à des amendes. C’est déjà suffisamment compliqué depuis six mois, donc le mot d’ordre à Wasquehal est l’adaptation. Le plus important, c’est de jouer. Donc on fera ce qu’il faut pour. En ce qui concerne le match de Coupe de France que nous devons disputer ce week-end face à Tourcoing, il a été décalé à dimanche 15 heures (il était fixé à samedi 19 heures, ndlr). »

Carlos Da Cruz, entraîneur de l’équipe R1 et entraîneur général de l’US Tourcoing

« Ce qui est certain c’est que ça va chambouler pas mal de choses. On va essayer de s’organiser, dans un premier temps, pour les vacances à venir. On va avancer tous les créneaux de 30 minutes, pour que nos dernières séances se terminent à 20h30, rangement de matériel compris, et que tout le monde soit dans sa voiture à 20h30 au plus tard. En revanche, c’est pour la rentrée que cela s’annonce plus compliqué. Les plus jeunes auront école et finiront à 16h30. Donc on a réfléchi à plusieurs hypothèses : demander à la ville de disposer de plus de terrains, même si cela semble assez peu probable ; avancer les horaires des séances, ce qui ne sera pas toujours possible ; et réduire la durée des entraînements. Tout cela est encore à la phase de la réflexion. On va essayer de satisfaire tout le monde, mais malheureusement certaines équipes vont être prioritaires et d’autres vont subir les conséquences de ces réajustements. »

Thierry Vilain, entraîneur de l’équipe R2 de l’Iris Club Lambersart

« On va faire comme tout le monde, c’est-à-dire s’adapter. Les entraînements seront automatiquement avancés et se finiront à 20h00 au plus tard étant donné qu’à 20h30 le stade doit être fermé. Certains joueurs seront confrontés à des problèmes, mais on va faire au mieux. On réfléchit aussi à ajouter des entraînements en journée, notamment sur le créneau de midi, pour qu’un maximum de joueurs puissent s’entraîner et qu’ils n’aient pas à courir seul le soir par exemple. Mais pour cela il faut tenir compte des disponibilités de chacun. Une idée que j’ai aussi, c’est d’ajouter une séance supplémentaire le samedi. Sauf que ça aussi ça semble compliqué, puisque plusieurs équipes jouent ce jour-là. En ce qui concerne les matches, je pense que l’on va jouer très souvent le dimanche. Et pour tout le reste, on va se décider ce week-end. Mais c’est clair que ces nouvelles mesures n’arrangent personne. »

 

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