Interview

Yann Le Meur : « Mes blessures m’ont fait grandir mentalement »

24/03/2020 à 14:08

Dès son plus jeune âge, Yann Le Meur était promis à une belle carrière. Pisté par le Bayern Munich et le Borussia Dortmund alors qu'il n'avait que 16 ans, pré-sélectionné pour l'Euro U17, le Cambrésien aurait pu connaître une trajectoire complètement différente de celle qui est la sienne aujourd'hui. C'était sans compter sur des blessures et des opérations à répétition. "De simples étapes de la vie" selon le jeune gardien de 20 ans, évoluant au Valenciennes FC. Entretien.

Comment se passe cette période de confinement pour vous ?

On a un programme sportif à suivre quotidiennement, à base de renforcement musculaire et de course. Il est le même les joueurs de champ et pour les gardiens, comme moi. En dehors de ces exercices, c’est vrai qu’on s’ennuie pas mal. Il n’y a vite rien à faire.

Qu’en est-il de votre intégration au Valenciennes FC ?

Je me suis vite adapté puisque j’ai retrouvé Noah Diliberto, avec la réserve dans un premier temps. Sa présence et son soutien m’ont permis de vite m’intégrer au groupe. Quant au terrain, j’ai pu enchaîner les matches, chose que je ne faisais pas à Lille.

Quels liens entretenez-vous avec Diliberto ?

Noah est un ami d’enfance, on est tous les jours ensemble. On mange ensemble le midi, souvent l’après-midi on la passe ensemble aussi. Et puis nos parents sont proches. On a commencé ensemble à Cambrai, on est monté de catégorie chacun de notre côté et puis on s’est retrouvé à Valenciennes. Aujourd’hui, lui s’entraîne avec les pros et moi avec la réserve. Je l’ai retrouvé il y a un mois et demi, lorsque je suis monté avec les pros  parce que Nicolas Kocik était malade. Ce moment était très enrichissant. Il permet de se rendre compte des qualités des gardiens, ce qu’il faut travailler et ce qu’il manque pour intégrer le groupe pro. De mon côté, je pense que je dois travailler sur les sorties. C’est ce qui en est ressorti de ma discussion avec (l’entraîneur des gardiens, ndlr) Jérémie Janot.

Que pensez-vous de lui ?

Jérémie Janot était mon idole. C’est un joueur que je regardais beaucop sur les vidéos. Au début c’était un peu excitant de travailler avec lui. Je l’ai eu trois fois en début d’année, au cours de séances spécifiques gardien. Et c’est toujours enrichissant de travailler avec son idole.

« Je sais que je suis en train de revenir de loin »

Avant de signer à Valenciennes, vous avez évolué à Cambrai, à Lille et connu une pré-sélection avec l’équipe de France U17 pour l’Euro. Que retenez-vous de ces expériences ?

Cambrai, c’est là où j’ai fait mes classes. J’y ai travaillé avec mon père étant donné qu’il était entraîneur. Le premier changement est intervenu quand je suis allé à Liévin, en U14. Là-bas, je m’entraînais tous les jours, chose que je ne faisais pas avant. Par la suite, j’ai intégré le centre de formation du LOSC. La première année tout s’est bien passé. Mais la deuxième, celle de ma sélection avec les U17, je me suis fait opérer du genou gauche, en janvier. Après ça, je suis monté avec les U19, et lors du premier match je me blesse contre Lens après un pénalty. La saison d’après, nouvelle blessure : épaule gauche et saison blanche. L’année d’après je reprends, je joue deux-trois matches en U19, et en amical contre Lesquin je me fais le genou droit. Nouvelle opération et rééducation. Reprise en N2 la saison suivante, et début juillet, je subis une opération de l’épaule droite.

Avec le recul, quelle influence ont eu ces blessures sur votre état d’esprit ?

Mes blessures m’ont fait grandir mentalement. Un moment je voulais même arrêter ! Mais ma famille était derrière moi et m’a poussé à continuer. Le foot c’est ma passion et j’ai envie d’en faire mon métier. Je sais que je suis en train de revenir de loin et j’ai envie de continuer. Et si je me blesse à nouveau, je serais plus fort dans la tête. Pour être opéré autant de fois en si peu de temps, il faut être costaud mentalement.

Quelle aurait été votre carrière, selon vous, sans ces blessures ?

Déjà, je devais signer pro après mon passage en équipe de France… mais ces blessures ont avorté cette signature. Pour moi, ce n’est pas un échec, c’est une étape de la vie. Un gardien normalement, ça perce vers 22-23 ans, soit plus tard qu’un joueur de champ. Aujourd’hui, je ne me prends pas la tête. Je prends du plaisir à rejouer, et là est le principal.

Aujourd’hui, comment voyez-vous la suite de votre carrière ?

Mon premier objectif est de signer pro. Pour la suite, on verra, je n’ai pas encore de projet. Mais je sais que si je n’arrive pas dans le football j’aimerais devenir entraîneur des gardiens. Je suis en train de passer les diplômes pour. Je suis issu d’une famille de gardiens : mon grand-père et mon père l’étaient.

Crédit photo : Doriane Michalak

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