Coupe de France8e tour

Aventure corse pour l’US Saint-Omer au SC Bastia

07/12/2018 à 9:14

Lorsque les groupes sont sortis, c'était le pire tirage possible. Celui que tout le monde redoutait. Surtout les clubs amateurs, tant pour le déplacement à organiser que pour le nom de l'adversaire. Finalement, c'est l'US Saint-Omer (R1) qui a hérité d'un match en Corse, sur la pelouse du SC Bastia (N3). Récit d'un voyage pas comme les autres.

Lundi 19 novembre, quand le tirage au sort du 8e tour de Coupe de France a été annoncé, il y a d’abord eu « l’effet de surprise », puis « la frustration de pouvoir se déplacer à Bastia ». Pour Pascal Fériau, le président de l’US Saint-Omer (R1 Hauts de France), et Yvan Billaud, il y a rapidement eu, aussi, deux semaines de travail intense pour assurer le déplacement sur le terrain du Sporting Club Bastiais. « La logistique est compliquée. Il fallait vérifier que tous les joueurs aient leur carte d’identité, s’organiser par rapport à leur travail, faire les devis de transport et d’hébergement, regarder d’où partir et voir si on restait dormir une nuit ou deux. Au total, on a 13 500 euros de frais, pour une délégation de 24 personnes, dont 16 joueurs et trois coaches », plante le dirigeant.

Pour ce voyage en Corse, la formation de Côte d’Opale a bénéficié d’une aide fédérale de 7000 euros. Mais il a fallu trouver l’autre moitié du financement. « Je suis allé voir la mairie, les partenaires privés, car les 22 500 euros de la qualification au 8e tour ne servent pas à ça. On n’a pas envisagé le forfait, mais je verrai au niveau fédéral pour être aidé davantage. Ce n’est pas normal qu’un club amateur doive supporter ça », plaide Pascal Fériau. « Quand il y a des déplacements en Outre-Mer, tout est payé par la FFF. »

Mais si ce match n’arrange pas sur le plan organisationnel, il va permettre de vivre « une belle aventure », pour le président. « C’est quelque chose d’exceptionnel de jouer là-bas. Il y avait plus de 10 000 personnes pour leur 7e tour contre Le Mans. Il y en aura 5-6000 dimanche, c’est pas mal. En plus, on va jouer dans un stade mythique qu’est Furiani. C’est une bonne expérience, c’est très formateur », admet Olivier Laridon. Si l’entraîneur n’a pas changé « ses méthodes de travail », ni « rajouté de séances », il a dû revoir ses plans pour la constitution du groupe. « Le faire a été la plus grosse difficulté. Six garçons ne partiront pas. En raison du déplacement en avion, j’ai une journée d’avance. Normalement, le jeudi, je commence à savoir qui compose le groupe. Là, j’ai dû me pencher dessus mardi et le dévoiler mercredi », explique le coach. « Il a fallu que je voie ceux qui n’ont pas été pris, notamment les gardiens et un joueur qui était tout proche de venir. Mais j’ai privilégié les garçons qui sont dans l’aventure depuis le départ. »

Un déplacement qui marquera probablement ceux qui vont représenter l’US Saint-Omer sur l’île de Beauté, pour affronter une « équipe qui est plus proche du National ou de la Ligue 2 et qui a gardé son fonctionnement professionnel », observe Olivier Laridon. « Ce sera compliqué, mais on n’y va pas pour s’avouer vaincu. On y va pour se qualifier. » Il pourra compter sur les expérimentés Mathieu Hoguet, Said Ait-Bahi, Frédéric Gaillard, « qui ont connu le niveau de dessus. » Il peut aussi s’appuyer sur un président qui n’a (presque) pas compté pour aider ses troupes. « C’était compliqué de partir dimanche matin et revenir lundi. Il fallait mettre tous les atouts », estime Laridon. « Côté finance, on s’est dit, on part à 4 heures du matin et on rentre le soir », dit Pascal Fériau. « Mais ça reste du foot amateur, ils auraient été fatigués. Le challenge est compliqué, car Bastia reste une super équipe. On a une chance sur 100 de gagner, alors autant mettre les joueurs dans de bonnes conditions. » Ils partiront donc samedi de Paris et reviendront lundi. En jeu, une incroyable qualification pour les 32es de finale de Coupe de France : « Il va falloir jouer avec beaucoup d’envie, être très bons tactiquement. Ce qu’on arrive à réaliser dans notre championnat de R1, face à une équipe comme Bastia, c’est plus compliqué à mettre en place. C’est un tout autre projet. » L’aventure a commencé le lundi 19 novembre, le jour du tirage. Dimanche, il s’agira de la terminer au mieux devant 18 supporters de l’USSO qui, eux aussi, font le déplacement en Corse.

Les images de la joie au 7e tour. Crédit : USSO