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Julien Tourtelot, l’âge de la maturité et des grandes performances

23/10/2020 à 18:27

A 23 ans, Julien Tourtelot vit un début de saison idyllique. Avec 15 buts inscrits lors des sept matches qu'il a disputés avec Arras depuis le début du mois de septembre, il confirme le déclic ressenti voilà quelques mois. Attaquant efficace, il est, avant tout, un jeune homme sûr de ses forces. Portrait.

Il a 23 ans, porte le numéro 9 et, depuis près de deux mois, donne le tournis aux défenses adverses. Lui, c’est Julien Tourtelot, l’attaquant de l’équipe R1 d’Arras. Auteur de 15 buts depuis le début de la saison (4 en championnat, 11 en coupe), il a signé, ce dimanche 18 octobre face à Hergnies au cinquième tour de Coupe de France, une sacré performance : celle d’inscrire six buts. Un sextuplé, face à une formation de D4 certes, mais qui porte néanmoins son total à 11 réalisations dans cette compétition… en quatre rencontres. « C’est une fierté d’inscrire six buts, ça je ne peux pas le nier. Mais il faut quand même remettre les choses dans leur contexte. Nous jouions face à un club classé six divisions en-dessous », tempère le jeune homme.

Il n’empêche que c’est lui qui était à chaque fois bien placé et que c’est encore lui qui réalisait le geste juste devant le gardien adverse. « C’est vrai que j’étais dans un bon jour, assume-t-il, n’oubliant pas de remercier ses coéquipiers. Si je mets autant de buts ce dimanche-là, c’est parce qu’il y a dix joueurs autour de moi qui m’aident à me sublimer. Depuis toujours, je suis un joueur qui sort du lot quand il y a un collectif uni. » Son frère jumeau et coéquipier confirme : « Il a un vrai sens du but et de réelles qualités de finisseur. Que ce soit l’année dernière à Arras, il y a deux ans à Béthune ou même avant, j’ai toujours remarqué ces caractéristiques dans son jeu. C’est juste qu’il ne les exploitait pas. »

Le faux-vrai 9

Car cette saison, Julien Tourtelot assure un nouveau rôle. Autrefois joueur de couloir, il est, depuis le début de l’exercice 2020/2021, plus souvent repositionné dans l’axe par son entraîneur David Bridoux. Parfois sur l’aile, souvent en pointe, il permute beaucoup avec ses deux compères d’attaque. « Cette nouvelle fonction s’explique par le fait que cette année, nous n’avons pas recruté de vrai numéro 9, comme nous en avions les années précédentes », éclaire Clément, le frère jumeau. Alors, pour combler ce manque, l’attaquant a dû « adapter son style de jeu ».

Positionné au poste de latéral gauche, Clément Tourtelot est l’un des premiers spectateurs de ce réajustement : « De base, Julien est plutôt un ailier. Il peut jouer à droite, étant donné qu’il est droitier, mais il a une préférence pour évoluer sur la gauche. Et on constate cette saison qu’il est aussi adroit dans l’axe. » Toutes ces qualités, c’est chez les Sang et Or que le jeune homme de 23 ans les a développées. Après avoir démarré le football à Ablain-Saint-Nazaire, il est repéré par le RC Lens à l’âge de 7 ans. De 8 ans jusqu’à sa majorité, Tourtelot fait ses gammes à La Gaillette, avec son frère. Les mois qui suivent annoncent une belle carrière avec, en point d’orgue, une intégration au sein du groupe des U19 Nationaux.

Double trouble.

Mais l’aventure lensoise s’arrête très rapidement. « Les dirigeants de l’époque m’ont fait comprendre, quelques mois avant mes 19 ans, qu’ils ne comptaient plus sur moi », relate-t-il. Non retenu au Racing, il garde néanmoins un bon souvenir de son passage en Artois. Et constate, aujourd’hui, les conséquences positives de celui-ci. « Quand je suis arrivé à Lens, je ne savais, entre guillemets, pas jouer. C’est là-bas que j’ai tout appris. J’y ai développé mes aptitudes physiques et techniques, mais c’est surtout sur le plan tactique que j’ai progressé. Quand on passe par un centre de formation, on ressent une réelle différence. Pas forcément sur le coup, mais quelques années plus tard », note-t-il.

Attaquant libéré

Aujourd’hui, à 23 ans, Julien Tourtelot se sent plus mature. Un déclic semble avoir eu lieu. Du fait de son passage par le centre de formation artésien, mais également en raison du parcours qu’il a connu dans les années qui ont suivi. Après Lens, le jeune homme a pris la direction de Vimy, alors en R2. Entre ses études, son alternance, l’emploi qu’il occupait et les différents clubs qu’il a représentés, Tourtelot a beaucoup voyagé. Le voilà aujourd’hui posé à Arras.

« Désormais je suis beaucoup moins sur la route, à courir à droite, à gauche. Cela me libère l’esprit et joue sur mes performances », assure l’attaquant, titulaire d’un master et qui travaille aujourd’hui dans le domaine des nouvelles technologies agricoles. Son frère confirme ses dires : « Tout ce qu’il a aujourd’hui, en dehors du foot, c’est de l’acquis. On sent qu’il évolue avec beaucoup moins de pression. Il n’a plus rien d’autre à penser que le football, et peut jouer libéré. » Sa victime d’un jour, l’US Hergnies, peut en témoigner.

Harry Hozé